Résultats de l’enquête du 4e trimestre de 2025 | Vol. 6.4 | 19 janvier 2026
La présente enquête a été menée auprès d’un panel en ligne du 30 octobre au 18 novembre 2025. Des entrevues de suivi ont été réalisées par téléphone du 21 au 27 novembre 2025.
Vue d’ensemble
- Les préoccupations concernant les prix élevés et l’incertitude économique liée au conflit commercial continuent d’avoir des répercussions négatives sur les consommateurs.
- Selon les résultats de l’enquête, le risque de manquer un remboursement de dette a légèrement augmenté et la probabilité de perdre un emploi est plus élevée ce trimestre aux yeux des consommateurs. Dans ce contexte, ils ont fait état de projets de dépenses plus modestes. Ils se disent néanmoins plus susceptibles qu’au trimestre dernier de quitter volontairement leur emploi ou d’en trouver un.
- Les attentes d’inflation à court terme demeurent plus élevées qu’avant la pandémie, tandis que celles à long terme ont diminué et sont passées sous leurs niveaux prépandémiques. Les droits de douane restent les facteurs les plus fréquemment cités, bien qu’ils aient été relevés un peu moins souvent qu’au trimestre précédent.
- Dans l’ensemble, l’indicateur de l’enquête sur les consommateurs au Canada a légèrement baissé et reste modéré au quatrième trimestre. Une petite détérioration du côté de la santé financière et des intentions d’achat des ménages a contribué à cette baisse, tandis que les perceptions des conditions du marché du travail se sont quelque peu améliorées par rapport aux bas niveaux enregistrés antérieurement.
Les préoccupations concernant les prix élevés et l’incertitude économique liée au conflit commercial continuent de peser sur les consommateurs
L’indicateur de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada reste bas ce trimestre (graphique 1)1. Depuis fin 2021, il se maintient largement sous sa moyenne d’avant la pandémie, dans un contexte où le coût de la vie est élevé aux yeux des consommateurs. Au cours des derniers trimestres, l’indicateur et ses composantes sont également demeurés inférieurs aux niveaux observés avant le conflit commercial avec les États‑Unis.
Graphique 1 : L’indicateur de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada reste bas
Les consommateurs demeurent pessimistes à l’égard de leur santé financière au quatrième trimestre (graphique 2, ligne noire). Les répondants ont déclaré être plus à risque de manquer un remboursement de dette (graphique 2, barres orange) et ils sont plus nombreux qu’au trimestre précédent à croire que leur situation financière s’est détériorée (graphique 2, barres bleues). Dans les entrevues de suivi, une personne qui avait déclaré que sa santé financière s’était détériorée a ajouté : « Presque tout le monde vit à crédit... Ça va coûter cher aux ménages. »
Graphique 2 : Les consommateurs perçoivent une détérioration de leur santé financière
Cette préoccupation accrue de ne pas pouvoir rembourser ses dettes semble liée au constat que les consommateurs s’estiment plus susceptibles de perdre leur emploi (graphique 3).
Graphique 3 : Les consommateurs se sentent considérablement à risque de manquer un remboursement de dette ou de perdre leur emploi
Les attentes des consommateurs quant à leur situation financière varient selon leur point de vue quant aux répercussions du conflit commercial. La moitié des répondants pensent que les effets les plus graves des tensions commerciales sur l’économie ou l’inflation ne se sont pas encore matérialisés. Ces mêmes consommateurs sont ceux qui sont les plus pessimistes quant à leur santé financière (graphique 4). Dans les entrevues de suivi, une personne a déclaré : « Le pire avec les droits de douane, c’est l’incertitude... Les grandes entreprises ne font plus de gros investissements pour le moment à cause de ça, et ça nuit à l’emploi. »
Graphique 4 : Les consommateurs qui pensent que les effets les plus graves des tensions commerciales ne se sont pas encore matérialisés sont les plus pessimistes quant à leur santé financière
Les consommateurs trouvent encore que les conditions du marché du travail sont faibles
L’indice du marché du travail de l’enquête a légèrement augmenté, mais reste bien en deçà des niveaux prépandémiques (graphique 5). Au quatrième trimestre de 2025, les répondants ont dit être plus susceptibles de quitter volontairement leur emploi ou d’en trouver un. Cependant, ils ont aussi déclaré être plus à risque de perdre leur emploi.
Graphique 5 : Malgré une légère amélioration de leur perception du marché du travail, les consommateurs craignent davantage de perdre leur emploi
Les consommateurs se sentent toujours plus à risque de perdre leur emploi qu’avant le conflit commercial, surtout les personnes qui travaillent dans des secteurs dépendant fortement des échanges commerciaux entre le Canada et les États‑Unis. Quand on lui a demandé, lors d’une entrevue de suivi, quelles étaient les répercussions des droits de douane sur son revenu et sur les possibilités d’emploi dans son secteur, une personne a répondu : « Je pense que plus les droits de douane vont durer, plus ça va faire mal... Je travaille dans une PME et c’est clair qu’une petite entreprise qui vend aux États‑Unis est victime des droits de douane. »
Les consommateurs au chômage ont mentionné les facteurs suivants comme étant ceux qui influencent le plus leurs perspectives d’embauche :
- leurs compétences ou leur expérience pour les emplois disponibles
- les perspectives économiques en général
Selon les résultats de l’enquête de ce trimestre, les consommateurs qui sont au chômage depuis au moins 12 mois sont plus susceptibles de citer leurs compétences ou leur expérience comme le facteur qui influence le plus leurs perspectives d’embauche que ceux qui ont été moins longtemps au chômage. Pour ceux qui sont au chômage depuis moins de 12 mois, les compétences restent le facteur le plus cité, mais les inquiétudes concernant l’économie et les salaires pèsent elles aussi lourdement dans la balance.
Les consommateurs restent prudents quant à leurs projets de dépenses
Les projets de dépenses des consommateurs demeurent faibles (graphique 6), ce qui cadre avec le manque d’optimisme concernant leur santé financière et leurs vives préoccupations entourant le marché du travail. L’indice des dépenses de consommation de l’enquête a légèrement baissé, bien qu’il reste proche des niveaux observés depuis le début du conflit commercial. Voici l’un des commentaires recueillis : « C’est assurément difficile pour ma famille, et on doit faire plus attention à notre budget. On cherche les rabais et on doit être plus stratégiques – j’achète moins en fonction de mes désirs, et plus en fonction de mes besoins. »
Graphique 6 : Les ménages restent pessimistes quant à leurs projets de dépenses ce trimestre
Les principaux obstacles aux dépenses signalés restent les mêmes qu’aux trimestres précédents (graphique 7) :
- les prix élevés de nombreux biens et services
- l’incertitude économique
- les coûts élevés du logement
Les deux premiers facteurs continuent d’ailleurs d’être plus fréquemment signalés qu’avant le conflit commercial. Toutefois, la part des consommateurs qui voient l’incertitude économique comme un poids sur les dépenses a considérablement diminué. Quant aux changements économiques récents qui influencent les intentions d’achat des ménages, une personne a souligné l’augmentation des prix à l’épicerie : « C’est assez notable… Je sais qu’il y a aussi les droits de douane. »
Graphique 7 : Les dépenses des consommateurs restent plombées par leurs préoccupations entourant les prix élevés, l’incertitude économique et les coûts du logement
Les projets de dépenses des ménages varient selon leurs avoirs en actions. Selon les résultats de l’enquête, les ménages détenant des actions canadiennes directement ou dans des comptes de retraite ont des attentes de dépenses réelles moins pessimistes que celles des ménages qui n’en détiennent pas (graphique 8). Ce résultat concerne tous les niveaux de revenu2. Notant l’incidence des droits de douane sur les prix, une personne qui a des placements en bourse a indiqué : « Les choses coûtent un peu plus cher, mais j’ai un coussin assez important pour que ça ne me touche pas ».
Graphique 8 : Les attentes de dépenses réelles sont faibles chez les consommateurs qui ne détiennent pas d’actions
Les gens continuent de privilégier l’achat de produits canadiens et les vacances au pays en raison du conflit commercial avec les États‑Unis. Mais les différences de prix entre les biens fabriqués au Canada et à l’étranger restent un facteur important : les trois quarts des répondants ont dit ne pas vouloir payer au‑delà de 10 % de plus pour un produit fabriqué au Canada. « On essaye d’acheter des produits canadiens autant que possible, mais ça dépend souvent de la différence de prix », a expliqué l’un d’entre eux.
Les consommateurs continuent de croire que les prix augmenteront plus rapidement qu’avant la pandémie
Les perceptions des consommateurs concernant l’inflation courante, et leurs attentes d’inflation sur un an et deux ans, demeurent plus élevées qu’avant la pandémie (graphique 9). Toutefois, même si les attentes d’inflation à court terme sont inchangées par rapport au trimestre précédent, celles à long terme ont diminué pour passer sous la moyenne d’avant la pandémie.
Les consommateurs s’attendent aussi à ce que l’inflation reste au taux actuel perçu au cours des deux prochaines années. Cela contraste avec la période précédant la pandémie, où leurs attentes sur un an et deux ans tendaient à dépasser leurs perceptions de l’inflation courante.
Graphique 9 : Les attentes d’inflation à court terme des consommateurs demeurent plus élevées qu’avant la pandémie
Les droits de douane et les tensions commerciales demeurent les facteurs les plus fréquemment cités comme ayant une incidence sur l’inflation, bien qu’ils aient été nommés moins souvent qu’au trimestre précédent (graphique 10). De plus, selon les résultats de l’enquête, les trois quarts des consommateurs qui croient que les droits de douane agissent sur l’inflation s’attendent à ce que ces effets persistent pendant plus d’un an, mais moins de cinq ans. On note aussi une légère augmentation du pourcentage des consommateurs qui considèrent que des facteurs nationaux – comme les dépenses publiques intérieures, la politique fiscale et les frais de logement élevés – entravent la capacité de la Banque à maîtriser l’inflation.
Graphique 10 : Les consommateurs sont moins nombreux qu’au trimestre précédent à croire que les droits de douane puissent entraver la capacité de la Banque du Canada à maîtriser l’inflation
Les consommateurs qui savaient que le gouvernement fédéral avait retiré une partie des contre‑mesures tarifaires le 1er septembre 2025 avaient tendance à exprimer des attentes d’inflation plus faibles que ceux qui l’ignoraient (graphique 11). Néanmoins, la plupart des consommateurs qui le savaient ne s’attendaient pas à une baisse des prix. Une personne a commenté : « Je n’ai jamais vu les prix baisser. Sans les droits de douane, les entreprises vont arrêter d’augmenter les prix et les laisseront tels quels. »
Graphique 11 : Les consommateurs au courant du retrait de certaines contre‑mesures tarifaires visant les importations américaines ont des attentes d’inflation plus faibles
Notes
- 1. Pour en savoir plus sur l’indicateur de l’enquête, voir J. Dolinar, P. Sabourin et M. West, « Synthétiser les signaux se dégageant de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada », document d’analyse du personnel 2025‑11 de la Banque du Canada (juillet 2025).[←]
- 2. Ces résultats concernent les ménages ayant un faible revenu (moins de 40 000 $), un revenu moyen (entre 40 000 $ et 99 000 $) et un revenu élevé (100 000 $ ou plus).[←]
L’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada recueille l’opinion des ménages au sujet de l’inflation, du marché du travail et de leur situation financière. Des précisions sur le questionnaire et les réponses obtenues sont présentées dans le site Web de la Banque du Canada. Les résultats de l’enquête constituent un condensé des opinions exprimées par les répondants et ne reflètent pas forcément le point de vue de la Banque du Canada.