Rapport sur la politique monétaire – Avril 2026
Avant la guerre au Moyen-Orient, l’économie canadienne évoluait comme prévu. Depuis qu’elle a été déclenchée, les prix du pétrole ont augmenté, ce qui a fait monter l’inflation, et les perspectives sont devenues plus incertaines.
La croissance économique au Canada concorde dans l’ensemble avec les perspectives présentées dans le Rapport de janvier. Les dépenses de consommation et les dépenses publiques soutiennent le produit intérieur brut (PIB), tandis que les droits de douane américains et l’incertitude commerciale qui en découle pèsent sur les exportations et les investissements. L’inflation ralentissait comme prévu avant que le choc des prix du pétrole ne survienne.
La guerre au Moyen‑Orient a déjà des répercussions sur l’économie. Son effet le plus immédiat a été la hausse des prix de l’essence, qui a fait monter l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation à 2,4 % en mars.
Les perspectives reposent largement sur des hypothèses clés, notamment l’hypothèse que les droits de douane demeureront inchangés et que les prix du baril de pétrole diminueront peu à peu, passant de 90 $ US au deuxième trimestre de 2026 à 75 $ US d’ici le milieu de 2027 (Hypothèses tarifaires et autres).
Sommaire de la conjoncture économique
L’économie canadienne s’ajuste aux changements structurels. Les droits de douane américains ont bouleversé le commerce et abaissé la trajectoire de l’activité économique. Certaines entreprises réagissent en cherchant de nouveaux marchés, en fabriquant de nouveaux produits ou en modifiant leurs chaînes d’approvisionnement, mais ces changements ont un coût. L’incertitude entourant la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique pèse sur l’activité économique. L’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises commence à stimuler la productivité.
On estime à environ 1,5 % la croissance du PIB au premier trimestre de 2026. Les dépenses de consommation et les dépenses publiques sont d’importantes sources de vigueur, tandis que les exportations et les investissements des entreprises demeurent faibles, suivant la tendance observée en 2025. Le ralentissement du marché du logement pèse également sur la croissance.
Les perspectives de croissance sont semblables à celles présentées dans le Rapport de janvier. Les données récentes sont généralement conformes aux prévisions antérieures. La hausse des prix mondiaux du pétrole devrait avoir peu d’incidence sur la croissance dans son ensemble, mais influera sur sa composition. En tant qu’exportateur net de pétrole, le Canada verra son revenu national augmenter. Parallèlement, les coûts plus élevés pèseront sur les finances de beaucoup de consommateurs et d’entreprises. Somme toute, le Canada devrait mieux s’en sortir que bon nombre d’autres pays.
La croissance économique devrait s’établir à 1,2 % en 2026. Puis, à mesure que les exportations et les investissements des entreprises se redresseront peu à peu, elle devrait atteindre 1,6 % en 2027 et 1,7 % en 2028, ce qui est légèrement au-dessus de la croissance de la production potentielle. L’offre excédentaire devrait se résorber lentement au cours de la période de projection.
L’inflation se maintient près de 2 % depuis plus d’un an. En février, elle est descendue à 1,8 %, ralentissant dans toutes les grandes catégories, sauf l’énergie. En mars, elle a grimpé à 2,4 % avec la flambée des prix de l’essence entraînée par la hausse des prix mondiaux du pétrole. L’inflation devrait culminer autour de 3 % en avril, puis revenir à la cible de 2 % au début de 2027, en supposant que ces prix diminuent comme prévu. En 2027 et 2028, les capacités excédentaires dans l’économie devraient peser sur les prix et compenser largement la hausse des coûts, de sorte que l’inflation devrait se maintenir près de la cible de 2 %.
Les perspectives dépendent grandement de l’issue des négociations commerciales avec les États‑Unis, de la durée et de la gravité de la guerre au Moyen‑Orient, ainsi que de la réaction de l’économie à l’évolution de la situation. Par exemple, si les États-Unis devaient imposer de nouvelles restrictions commerciales au Canada, la croissance du PIB serait plus faible, tout comme les pressions inflationnistes. Mais si la guerre au Moyen‑Orient se poursuit et que les prix mondiaux de l’énergie continuent d’augmenter ou demeurent élevés plus longtemps, les pressions sur les prix pourraient devenir plus généralisées et plus persistantes.