Hypothèses tarifaires et autres

Rapport sur la politique monétaire – Avril 2026 – Économie canadienne

Le taux moyen des droits de douane imposés par les États‑Unis a diminué récemment, tant à l’échelle mondiale qu’au Canada. Toutefois, l’avenir du commerce en Amérique du Nord demeure une importante source d’incertitude, et la guerre au Moyen‑Orient a fait nettement monter les prix mondiaux du pétrole.

Hypothèses tarifaires

En février 2026, la Cour suprême des États-Unis a invalidé les droits de douane imposés en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act. L’administration américaine les a immédiatement remplacés par des droits uniformes de 10 % visant toutes les importations non couvertes par un accord commercial. Ces changements réduisent la hausse des droits de douane qui touche de nombreux pays depuis le début de 2025. Par conséquent, l’augmentation du taux moyen des droits de douane américains à l’échelle mondiale a été revue à la baisse, passant de 12,5 points de pourcentage dans le Rapport de janvier à 9,3 points de pourcentage (graphique 14).


La projection est basée sur les droits de douane en place ou officiellement convenus au plus tard le 24 avril 2026 (tableau 1)1. Compte tenu des événements récents, le taux moyen des droits de douane américains sur les importations en provenance du Canada a été revu à la baisse, s’établissant à 5,1 %, comparativement à 5,8 % dans le Rapport de janvier. À l’inverse, le taux moyen des droits de douane canadiens sur les importations en provenance des États-Unis a été revu à la hausse, passant de 1,2 à 1,5 %, en raison de la fin d’une partie des remises de droits de douane sur l’acier le 31 janvier 2026. Les droits de douane pris en compte dans la projection comprennent ceux établis dans l’accord entre le Canada et la Chine2.

Tableau 1 : Taux moyens des droits de douane (imposés sur les biens uniquement) dans les perspectives (en pourcentage)
Avant 2025 Juillet 2025 Octobre 2025 Janvier 2026 Avril 2026
Taux des droits de douane américains imposés au Canada 0,1 4,4 5,9 5,8 5,1
Taux des droits de douane canadiens imposés aux États-Unis* 0,0 2,6 1,0 1,2 1,5

* Ces taux tiennent compte de l’incidence des remises de droits de douane canadiennes.

Autres hypothèses

La projection repose également sur plusieurs hypothèses additionnelles.

  • Le prix du baril de Brent s’est tenu autour de 100 $ US ces derniers temps. On fait l’hypothèse qu’il se situera à 90 $ US au deuxième trimestre de 2026, puis qu’il se stabilisera aux environs de 75 $ US d’ici la mi-2027, en phase avec la reprise du passage des exportations de pétrole brut dans le détroit d’Ormuz. Ce profil suit essentiellement la courbe des contrats à terme. On suppose que les prix du West Texas Intermediate et du Western Canadian Select suivront une trajectoire similaire, se stabilisant respectivement à 70 et 60 $ US d’ici la mi-2027. Ces hypothèses pour 2027 sont donc supérieures de 15 $ US à celles du Rapport de janvier. Cette révision reflète une prime de risque plus élevée, une forte demande de reconstitution des stocks mondiaux ainsi qu’une lente reprise de l’approvisionnement en raison de la guerre.
  • La Banque suppose que les investissements et l’emploi dans le secteur pétrolier canadien ne seront pas aussi sensibles aux prix plus élevés du pétrole que par le passé, du fait que le secteur de l’énergie mise davantage sur les versements de dividendes et que l’efficience du capital s’est améliorée3.
  • La Banque prend pour hypothèse que le dollar canadien se situera en moyenne à 73 cents américains durant la période de projection, soit 1 cent US de plus que dans le Rapport de janvier. Jusqu’à présent, le dollar canadien a moins fluctué que lors d’autres flambées des prix du pétrole. Cette réaction est vraisemblablement attribuable aux attentes selon lesquelles la hausse des prix pétroliers sera de courte durée, et qu’elle entraînera des versements plus élevés de dividendes à des actionnaires étrangers dans le secteur de l’énergie, de même qu’une hausse plus faible des investissements directs étrangers. La demande accrue de valeurs refuges en raison de la guerre est également un facteur à l’œuvre.
  • On s’attend à ce que la croissance de la production potentielle au Canada ralentisse pour s’établir à 1,2 % en 2026. Cette attente tient à l’expansion démographique plus lente et à l’impact de la politique commerciale américaine. La croissance de la production potentielle devrait s’accélérer à mesure que les investissements se redresseront et ainsi atteindre 1,3 % en 2027 et 1,5 % en 2028. On s’attend également à ce que l’adoption de l’intelligence artificielle renforce la productivité (Annexe : Production potentielle et taux d’intérêt nominal neutre).
  • La Banque estime que le taux d’intérêt nominal neutre au Canada se situe dans une fourchette de 2,25 à 3,25 %. La projection repose sur l’hypothèse qu’il correspond au point milieu de cette fourchette.
  • On postule que les effets de l’incertitude entourant les politiques commerciales sur le produit intérieur brut s’atténueront lentement en 2026.
  • Pour tous les pays, on fait l’hypothèse que les trois quarts des surcoûts associés aux droits de douane seront répercutés sur les prix à la consommation dans un délai de six trimestres.
  • La projection pour le Canada intègre les données des derniers budgets provinciaux et fédéral déjà déposés en date du 27 avril 2026.
  1. 1. Pour en savoir plus sur le calcul des taux moyens des droits de douane, voir Banque du Canada, « Comment sont calculés les taux moyens des droits de douane », Rapport sur la politique monétaire (octobre 2025).[]
  2. 2. En mars 2026, les droits de douane chinois sur les importations de graines de canola canadiennes sont passés d’un taux combiné d’environ 84 % à environ 15 %. Les droits de douane canadiens sur les importations de véhicules électriques chinois ont quant à eux été réduits de 100 % à 6,1 % pour les 49 000 premiers véhicules. Pour en savoir plus, voir Affaires mondiales Canada, « Le Canada obtient un accès renouvelé au marché chinois afin de stimuler ses exportations et de renforcer la collaboration économique » (communiqué de presse, 4 mars 2026).[]
  3. 3. Pour en savoir plus sur l’amélioration de l’efficience du capital dans le secteur pétrolier et gazier canadien, voir Banque du Canada, « Encadré 1 : Les bas prix du pétrole pèsent sur la confiance dans le secteur pétrolier et gazier », Enquête sur les perspectives des entreprises – Quatrième trimestre de 2025 (janvier 2026).[]

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