Économie mondiale

Rapport sur la politique monétaire – Janvier 2026

La croissance mondiale devrait rester solide, soutenue par l’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle et les mesures de relance budgétaire dans plusieurs grandes économies.

La croissance mondiale devrait avoisiner 3 % au cours de la période de projection, ce qui est comparable à l’estimation présentée dans le Rapport d’octobre. Mais plusieurs sources d’incertitude planent sur les perspectives de croissance, par exemple :

  • Les ajustements qui découlent des droits de douane élevés imposés par les États‑Unis et de l’incertitude persistante entourant les politiques commerciales sont en train de transformer les échanges commerciaux à l’échelle mondiale, de freiner la demande et de peser sur les investissements des entreprises.
  • Les investissements liés à l’intelligence artificielle (IA) et les évaluations boursières ont augmenté rapidement. La vigueur de ces investissements et évaluations ainsi que les effets de l’IA sur la productivité et le marché du travail demeurent toutefois incertains pour l’avenir.
  • Les tensions géopolitiques alimentent l’incertitude. Par exemple, on pourrait voir une perturbation des chaînes d’approvisionnement et des marchés financiers, et les marchés mondiaux des produits de base pourraient devenir plus volatils.

États-Unis

La croissance économique américaine devrait rester solide, vu la vigueur persistante de la consommation, des investissements liés à l’IA et des mesures de relance budgétaire. Les droits de douane ont fait monter l’inflation, mais ce devrait être un effet temporaire.

L’activité économique reste vigoureuse, mais a ralenti

La solidité des investissements liés à l’IA et celle de la consommation – soutenues par le dynamisme des marchés boursiers et les baisses de taux directeur – stimulent la croissance (graphique 17). La paralysie partielle du gouvernement a pesé sur l’activité économique au quatrième trimestre de 2025, mais on s’attend à ce que la situation se redresse complètement au premier trimestre de 2026. Aux États‑Unis, la croissance économique devrait se modérer à environ 2,5 % durant le quatrième trimestre de 2025 et le premier trimestre de 2026, par rapport aux quelque 4 % enregistrés aux deuxième et troisième trimestres de 2025.


La dynamique commerciale a été volatile aux États‑Unis. Les importations ont chuté dans la deuxième moitié de 2025, les échanges commerciaux ayant été devancés en prévision des droits de douane plus tôt dans l’année. La transformation de la politique commerciale américaine a réduit la part des importations canadiennes et chinoises aux États-Unis; pendant ce temps, la plupart des autres pays ont vu leur part de marché augmenter (graphique 18).


Le marché du travail américain a ralenti, malgré la forte croissance économique observée récemment. La progression de l’emploi et des salaires a décéléré après le milieu de 2025. Depuis septembre, le taux de chômage est resté relativement stable, soit près de 4,4 %, puisque l’offre et la demande sur le marché du travail ont toutes deux diminué.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait être de 2,6 % en 2026. Elle sera alimentée par les mesures de relance budgétaire, l’assouplissement de la politique monétaire et la vigueur persistante des investissements liés à l’IA. Enfin, on s’attend à des gains de productivité solides qui favoriseront la croissance des revenus réels pendant la période de projection. En 2027, la croissance devrait s’estomper autour de 2,1 % à mesure que ces facteurs perdront de leur ampleur.

L’inflation aux États-Unis devrait diminuer

L’inflation mesurée par l’indice de prix relatif aux dépenses de consommation des ménages aux États‑Unis se situait à 2,8 % en novembre, reflétant en partie l’augmentation des droits de douane. L’inflation devrait avoisiner 2¾ % durant toute la première moitié de 2026 : les droits de douane devraient continuer d’exercer des pressions à la hausse, partiellement compensées par l’incidence de la baisse des prix mondiaux du pétrole. On s’attend à ce que l’inflation diminue graduellement, à mesure que les effets des droits de douane s’estomperont, et à ce qu’elle se rapproche de la cible de 2 % d’ici la fin de 2027. Cette diminution sera favorisée par un marché du travail équilibré et une croissance modérée des coûts de main-d’œuvre au cours de la période de projection.

Zone euro

La zone euro devrait maintenir une croissance économique soutenue de 1,3 % en moyenne sur l’horizon de projection. On prévoit que l’inflation restera près de la cible de 2 % de la Banque centrale européenne.

Dans la deuxième moitié de 2025, la croissance a été alimentée par une forte activité dans le secteur des services, notamment le tourisme et les investissements dans les services numériques (graphique 19). Selon des données récentes, cette dynamique devrait persister.


Par ailleurs, le secteur de la production de biens continue de s’adapter aux droits de douane plus élevés imposés par les États‑Unis ainsi qu’à la concurrence de la Chine. On anticipe néanmoins une progression modérée et durable du PIB pendant la période de projection, à la faveur des dépenses publiques en défense et en infrastructures. Le rythme et l’ampleur de l’expansion budgétaire, de même que l’intensification des tensions géopolitiques, demeurent des sources d’incertitude.

Chine

La croissance économique de la Chine est restée solide en 2025, soutenue par un déplacement des exportations vers d’autres marchés que les États‑Unis. La demande intérieure a fléchi dans la deuxième moitié de 2025 en raison de ce qui suit :

  • la diminution progressive du soutien budgétaire aux ménages
  • la directive du gouvernement visant à freiner les investissements inefficients
  • la nouvelle baisse de l’activité dans le secteur immobilier

On s’attend à ce que la demande intérieure augmente légèrement au cours de la période de projection, vu la diminution de la population active et la faiblesse persistante du secteur immobilier. Et bien que la croissance des exportations soit encore robuste, on anticipe un ralentissement de ce côté.

L’excédent commercial de la Chine en pourcentage du PIB devrait poursuivre sa récente montée (graphique 20). Cette dépendance grandissante à l’égard des exportations rend la croissance vulnérable à une décélération, surtout si la vigueur des exportations chinoises incite d’autres pays à mettre en place des mesures protectionnistes.


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