Rapport sur la politique monétaire – Janvier 2026 – Point de mire
Les entreprises canadiennes poursuivent leurs efforts pour accroître leurs exportations vers d’autres marchés que les États-Unis. Les tensions commerciales les incitent aussi à devenir moins tributaires des importations en provenance de ce pays.
Les entreprises canadiennes cherchent de nouveaux marchés et fournisseurs en dehors des États-Unis. Même si elle sera coûteuse au départ, cette réorientation contribuera à stimuler la croissance économique à venir.
La diversification des exportations du Canada prendra du temps
La montée du protectionnisme américain fait augmenter les coûts et l’incertitude. Les exportations des secteurs touchés par les droits de douane ont fortement chuté. Même les secteurs exempts de droits de douane ont enregistré une baisse de leurs exportations. Vu l’incertitude entourant l’évolution des politiques commerciales, certaines entreprises canadiennes et certains clients américains hésitent à faire du commerce ensemble. Globalement, les exportations au troisième trimestre de 2025 étaient moins élevées qu’avant l’imposition des droits de douane par les États-Unis (-4 %).
Certaines entreprises canadiennes s’efforcent de diversifier leurs marchés d’exportation, mais ce processus devrait s’opérer graduellement. Leur démarche pour trouver de nouveaux marchés et mettre en place de nouvelles chaînes logistiques pour leurs exportations prendra du temps et sera coûteuse.
Les entreprises modifient leurs chaînes d’approvisionnement
Les droits de douane imposés par les États-Unis ont aussi amené les entreprises canadiennes à compter moins sur les intrants américains et à chercher des solutions de rechange au Canada ou ailleurs.
Les importations en provenance des États-Unis ont considérablement chuté depuis le début de 2025, tandis que celles en provenance d’autres pays ont augmenté. Environ 80 % de la baisse de la part des importations de produits américains concernait des secteurs visés par des contre-mesures imposées par le Canada (graphique 23). Or, maintenant que la plupart de ces contre-mesures ont été levées, on observe un retour partiel des importateurs vers les produits américains.
Un élément clé du commerce entre le Canada et les États-Unis est le mouvement transfrontalier de composants intermédiaires. En moyenne, les composants d’origine américaine représentent environ le cinquième de la valeur totale des exportations du Canada vers les États-Unis. En raison du fléchissement de la demande des clients américains, les fabricants canadiens importent moins de ces composants intermédiaires.
Les entreprises canadiennes adaptent aussi leur approche à l’égard des biens qu’elles importent d’autres pays. En 2024, environ le quart des produits importés d’autres marchés que les États-Unis ont transité par ce pays avant d’entrer au Canada. Cette part a chuté depuis, tandis que celle des biens importés directement au Canada a augmenté (graphique 24). Puisqu’il est sans doute plus coûteux d’importer des produits directement au Canada que de les faire transiter par les États-Unis comme c’était le cas avant l’entrée en vigueur de droits de douane, cette importation directe accentue les pressions sur les prix1.
D’autres facteurs expliqueraient le reste du recul de la place des États-Unis dans les importations canadiennes, par exemple la volonté de favoriser l’achat canadien ainsi que les efforts des entreprises pour diversifier leurs sources d’approvisionnement. Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie des entreprises pour réduire leur exposition à l’incertitude commerciale et renforcer la résilience de leurs chaînes d’approvisionnement. Les nouvelles sources d’approvisionnement tendent à être plus coûteuses que celles qui étaient en place avant l’arrivée des droits de douane américains, ce qui accroît les pressions sur les prix.
Notes
- 1. Comme les frais de transport ne représentent qu’une petite portion du prix final d’un produit, leur incidence sur les prix est limitée.[←]