Plan d’action pour la réconciliation – Rapport de 2025

La Banque du Canada a publié son Plan d’action pour la réconciliation à l’automne 2024. Ce plan trace le chemin à suivre afin d’approfondir notre compréhension des économies autochtones au Canada et de bâtir une culture organisationnelle équitable et inclusive pour les Autochtones.

Le long de ce chemin vers la réconciliation, nous nous engageons à présenter chaque année une mise à jour qui témoigne de notre écoute, de nos apprentissages et des mesures que nous prenons. En janvier 2026, nous avions déjà entamé plus de 75 % des projets qui s’inscrivent dans les cinq objectifs du plan et avions achevé près de 15 % d’entre eux.

Nous reconnaissons que nos progrès ne se mesurent pas seulement à nos actions, mais aussi à nos démarches de rapprochement auprès de nos partenaires et des communautés ainsi qu’à notre ouverture sur le monde qui nous entoure. Pour progresser véritablement, il faut transformer notre engagement quotidien en changements significatifs.

Approfondir notre compréhension des économies autochtones au Canada

Prendre le temps de s’informer sur les enjeux économiques autochtones

Dans le cadre des séminaires automnaux de la Recherche économique et financière, nous avons invité Robert Gillezeau, professeur adjoint d’analyse et de politiques économiques à l’Université de Toronto, et Donn Feir, titulaire d’une charge professorale en économie à l’Université de Victoria, à présenter leurs travaux de recherche préparés avec d’autres économistes. Les recherches de Robert Gillezeau ont surtout porté sur les traités historiques, les droits de propriété et le développement économique, et celles de Donn Feir, sur la compréhension des inégalités entourant les coûts de propriété chez les peuples autochtones. Les séminaires nous ont permis d’approfondir notre connaissance collective des enjeux économiques et financiers autochtones.

Illustration montrant du foin d’odeur tressé

Le foin d’odeur représente la relation entre la Banque et les communautés autochtones ainsi que les façons dont le savoir autochtone est intégré au travail de la Banque.

Échanger des connaissances avec d’autres banques centrales

Pour alimenter le dialogue entre les banques centrales autour de la réconciliation, la Banque du Canada participe au Réseau de banques centrales pour l’inclusion des Autochtones. Formé en 2021 par la Banque du Canada, Te Pūtea Matua (la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande), la Banque de réserve d’Australie et la Réserve fédérale des États-Unis, ce réseau met régulièrement en contact le personnel des banques centrales pour favoriser le partage d’expériences et l’échange de pratiques exemplaires concernant l’inclusion financière des Autochtones et la réconciliation économique. Nous invitons aussi des partenaires autochtones à des réunions tout au long de l’année. En 2025, nous avons participé au symposium qu’organise tous les deux ans la Banque de réserve d’Australie, où les banques centrales écoutent directement ce que les Autochtones ont à dire sur des enjeux d’importance, comme l’idée d’inclure les perspectives autochtones dans les politiques ou de s’instruire sur les réalités économiques autochtones et leur reflet dans le marché du travail.

Maureen Carroll, Bill Lomax et Stephanie Richardson prennent la pose au symposium des banques centrales

Maureen Carroll (à gauche) et Stephanie Richardson (à droite), représentantes de la Banque du Canada, assistent au symposium des banques centrales en compagnie de Bill Lomax, président et chef de la direction de la Banque des Premières Nations du Canada (au centre).

Transmettre l’expérience du Cercle consultatif autochtone

« Dans ma vie, j’ai surtout constaté que l’argent était une drôle de chose – non pas qu’il fait rire, mais qu’il est étrange. Il n’y a rien comme l’argent pour faire ressortir le pire chez les gens, même si on ne fait qu’en parler. J’ai déjà vu à quel point c’était difficile de créer et de mettre en œuvre un plan d’action pour la réconciliation, donc je me suis demandé si le travail du Cercle consultatif autochtone de la Banque ne serait finalement qu’un artifice. Je m’interrogeais sur l’authenticité de sa démarche pour représenter les peuples autochtones sur les futurs billets de banque et orienter les collections, les programmes et les expositions du Musée de la Banque du Canada. J’ai d’ailleurs hésité avant d’en faire partie... Aujourd’hui, ce que je vois en participant au Cercle, c’est une constance dans le soutien du personnel et dans l’inclusion des aînés en visite. Je vois aussi notre volonté d’écouter, d’échanger, d’accueillir les divergences d’opinions et de tirer les choses au clair; c’est une force incroyable au sein du Cercle. Elle nous aide à trouver des solutions créatives pour faire voir les peuples autochtones sur la monnaie canadienne et dans les activités du Musée de la Banque du Canada, surtout chez les jeunes. Rien sur nous sans nous. »

Marie-Louise Perron

Marie-Louise Perron partage ses réflexions sur son expérience en tant que membre du Cercle consultatif autochtone.
Photo : Richard Dufault 2024

Bâtir une culture organisationnelle équitable et inclusive

Atteindre notre objectif de sensibilisation aux réalités autochtones

Afin d’approfondir notre compréhension historique et culturelle des peuples autochtones, nous avons pris l’engagement d’obliger l’ensemble du personnel à suivre une formation de sensibilisation aux réalités des cultures autochtones. Cette formation a été suivie par 94 % du personnel de la Banque. Les gens nous ont dit qu’elle leur avait ouvert les yeux tout en les outillant pour favoriser le respect et l’inclusion au travail. Nous poursuivons nos collaborations avec des partenaires autochtones pour offrir au personnel des occasions d’apprentissage enrichissantes, dont des exercices de couverture Kairos et des activités de renforcement des compétences culturelles.

Illustration d’une plume, d’un ulu et du symbole de l’infini

La plume, l’ulu et le symbole de l’infini représentent les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

Cultiver l’esprit de communauté au son des tambours autochtones

Au lancement de notre Plan d’action pour la réconciliation, nous avons accueilli des percussionnistes autochtones à la Banque. La puissance de cette expérience a fait impression sur les membres du personnel qui ont entendu les tambours résonner au siège de la Banque et ont su qu’ils représentaient les battements de cœur de la Terre nourricière. L’intérêt pour cet événement a été si grand que, en collaboration avec un groupe de ressources pour les employés de la Banque, nous avons accueilli les percussionnistes de nouveau en juin pour célébrer le solstice d’été et le Mois national de l’histoire autochtone. En nous assoyant en cercle pour écouter des histoires au son des tambours, nous reprenons conscience de notre responsabilité dans la continuité des importantes démarches de vérité et de réconciliation.

Audience members watching the Ottawa River Singers discuss drumming

Les Ottawa River Singers décrivent leur relation avec les tambours et jouent pour le personnel de la Banque.