Résultats de l’enquête du 4e trimestre de 2025 | Vol. 22.4 | 19 janvier 2026

Les entrevues de l’enquête sur les perspectives des entreprises ont été menées en personne, par vidéoconférence et par téléphone entre les 6 et 26 novembre 2025. Le Pouls des leaders d’entreprise est une enquête mensuelle en ligne. Les résultats les plus récents sont ceux des enquêtes menées en octobre, novembre et décembre 2025. La présente publication tient aussi compte des résultats de consultations spéciales réalisées auprès de leaders d’entreprise et de spécialistes du secteur pétrolier et gazier.

Vue d’ensemble

  • La confiance des entreprises est modérée, mais reste supérieure au creux observé au deuxième trimestre de 2025.
  • Les répondants ont indiqué que la croissance des ventes a été faible au cours de la dernière année, en grande partie en raison des conséquences économiques des tensions commerciales, mais ils s’attendent à ce que cette croissance s’améliore légèrement.
  • La croissance des exportations devrait être modeste. Une proportion faible, mais en hausse, des entreprises ont mentionné des ventes accrues sur les marchés non américains en réaction aux tensions commerciales avec les États-Unis.
  • La plupart des entreprises n’ont pas signalé de contraintes de capacité ou de pénuries de main-d’œuvre. Comme la demande devrait rester faible, la majorité d’entre elles prévoient de maintenir ou de réduire leurs effectifs actuels.
  • Les intentions d’investissement se sont légèrement améliorées, mais les entreprises privilégient les dépenses d’entretien régulier, en partie en raison de l’incertitude commerciale persistante. Dans le secteur pétrolier, les investissements devraient diminuer en 2026 en raison de la faiblesse des cours.
  • Les répondants ont fait état de moins de pressions découlant des augmentations de coûts liées aux droits de douane par rapport au trimestre précédent, bien qu’elles restent répandues. La plupart d’entre eux ne prévoient pas de majorations substantielles des prix de vente.
  • Les attentes d’inflation des entreprises demeurent assez stables, entre 2,5 et 3 %.

La confiance des entreprises reste modérée

L’incertitude commerciale et les conséquences économiques générales des droits de douane continuent de peser sur les perspectives de nombreuses entreprises. Les préoccupations les plus pressantes de ces dernières restent l’incertitude entourant les conditions financières, économiques et politiques, le ralentissement de la demande et les pressions sur les coûts. Vu ces préoccupations persistantes, la confiance reste modérée (graphique 1).

Graphique 1 : La confiance est modérée, mais reste supérieure au creux observé en 2025

Parallèlement, la proportion d’entreprises qui se préparent à une récession au Canada au cours des 12 prochains mois ou qui intègrent cette possibilité dans leur budget est passée de 33 % à 22 %. Ce niveau est le plus bas observé en 2025, mais il reste supérieur à celui de 2024.

Les entreprises s’attendent à une croissance modeste de leurs ventes après une année difficile

Les entreprises ont fait état d’une faible croissance de leurs ventes au cours des 12 derniers mois, le tiers d’entre elles mentionnant une baisse de leurs volumes de ventes. Cette proportion est supérieure à la moyenne historique, qui est d’environ un quart.

Cela dit, le solde des opinions relatif aux indicateurs des ventes futures est devenu positif (graphique 2) : les entreprises sont plus nombreuses à constater une amélioration qu’une détérioration. Il reste néanmoins inférieur à sa moyenne historique, ce qui laisse présager une croissance modeste. Les entreprises font encore état d’effets négatifs directs liés aux droits de douane et, plus souvent, d’effets négatifs indirects liés aux tensions commerciales, mais elles ne s’attendent pas à ce que ces effets s’aggravent davantage.

Graphique 2 : Les indicateurs des ventes futures se sont améliorés, mais demeurent sous la moyenne

Le nombre d’entreprises affirmant avoir été fortement touchées par les politiques commerciales américaines est environ le même qu’au trimestre précédent. Par rapport à l’ensemble, ces entreprises (graphique 3, barres bleues) ont mentionné :

  • des ventes plus faibles au cours des 12 derniers mois
  • des perspectives de ventes plus faibles

Elles attribuent souvent la faiblesse des ventes intérieures aux retombées généralisées des droits de douane et à l’incertitude liée au commerce, notamment :

  • la réduction des dépenses (p. ex., assurance, publicité et construction) ou le report d’achats en raison de l’incertitude commerciale persistante
  • la réduction des commandes des entreprises clientes dans les secteurs assujettis aux droits de douane américains (acier, aluminium et automobile)
  • les perspectives pessimistes de certaines entreprises qui dépendent des dépenses des ménages, y compris celles du secteur du logement

Les entreprises qui ne sont pas fortement touchées par les politiques commerciales américaines mentionnent une croissance modeste de leurs ventes passées et des attentes positives quant à leurs ventes futures (graphique 3, barres jaunes). Cela tient selon elles à deux facteurs : la stabilité de la demande de la clientèle – consommateurs et entreprises – moins exposée aux tensions commerciales et leurs propres efforts pour développer leurs activités. Elles imputent la progression de leurs ventes à des facteurs comme l’offre de produits abordables pour les ménages aux moyens limités, de services pour les consommateurs à revenu élevé ou de services et de technologies grand public permettant de limiter leur dépendance à un secteur en particulier.

Graphique 3: Les entreprises fortement touchées par les politiques commerciales américaines ont connu une croissance des ventes passées et ventes futures attendues plus faible que les autres entreprises

La plupart des entreprises exportatrices ont déclaré que les biens qu’elles vendent aux États-Unis sont conformes à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique et qu’ils sont donc exemptés de droits de douane. Malgré cela, elles ont indiqué être confrontées à des obstacles à la croissance des exportations, dont :

  • la faiblesse de la demande américaine
  • l’hésitation des clients américains à faire appel à des fournisseurs canadiens en raison de l’incertitude entourant les politiques commerciales
  • leur propre réticence à entrer sur le marché américain

Dans ce contexte, les attentes de croissance des exportations demeurent modestes.

Malgré la diminution des ventes aux États-Unis due aux tensions commerciales, la plupart des entreprises qui y exportent ne se sont pas tournées vers d’autres marchés. Elles attribuent souvent cela aux obstacles à la diversification, comme la nécessité d’investir dans du matériel spécialisé, de se conformer à des exigences réglementaires et d’assumer les coûts de transport associés à l’accès à des marchés éloignés. Certains exportateurs déjà actifs ailleurs qu’aux États-Unis se concentrent davantage sur ces marchés afin de réduire leur exposition à l’incertitude entourant les politiques commerciales. En témoigne l’augmentation des ventes hors États-Unis signalée par une part croissante, quoiqu’encore limitée, d’entreprises (graphique 4).

Graphique 4 : Une part faible, mais croissante, des entreprises exportatrices ont déclaré des ventes plus élevées sur les marchés non américains

Les intentions d’investissement et d’embauche des entreprises restent freinées par l’incertitude et la faible demande

Vu la faible demande, la plupart des entreprises ont indiqué que leur capacité physique et la taille de leur effectif sont suffisantes. De plus, la proportion d’entre elles affirmant qu’elles auraient de la difficulté à répondre à une hausse inattendue de la demande reste inférieure à la moyenne historique pour le cinquième trimestre consécutif (graphique 5, ligne jaune). Les répondants ont mentionné qu’il est plus facile de trouver du personnel maintenant qu’il y a un an, et la proportion de ceux signalant des pénuries de main-d’œuvre reste sous sa moyenne historique malgré une augmentation (graphique 5, ligne verte).

Graphique 5 : La plupart des entreprises n’ont signalé aucune contrainte de capacité ou pénurie de main-d’œuvre

Les intentions d’investissement se sont améliorées ce trimestre, le solde des opinions s’approchant de sa moyenne à long terme (graphique 6). L’incertitude accrue reste un frein important aux projets d’investissement, mais moins d’entreprises que ces derniers trimestres disent que la faiblesse des perspectives de demande limite les investissements. La plupart d’entre elles continuent d’investir principalement dans l’entretien régulier (graphique 7).

Graphique 6 : Les intentions d’investissement des entreprises se rapprochent de leur moyenne historique

Graphique 7 : Les entreprises continuent de concentrer leurs investissements sur l’entretien régulier plutôt qu’une expansion

La faible demande et l’incertitude persistante liée aux droits de douane pèsent sur les intentions d’accroissement des effectifs des entreprises. Parmi ces dernières, la plupart n’envisagent pas d’augmenter leur main-d’œuvre au cours des 12 prochains mois, et la proportion de répondants qui prévoient des réductions de personnel proprement dites a atteint ce trimestre son niveau le plus élevé depuis 2016 (graphique 8). Ils sont de plus en plus nombreux à s’attendre à devoir faire des mises à pied.

Graphique 8 : Les entreprises sont plus nombreuses qu’au dernier trimestre à prévoir de réduire leurs effectifs

Les entreprises s’attendent à des hausses modestes de leurs coûts et de leurs prix de vente

Les attentes de croissance des salaires pour les 12 prochains mois se sont plus ou moins stabilisées après s’être inscrites à la baisse ces dernières années (graphique 9) à mesure que les ajustements au coût de la vie se sont estompés. Les entreprises fortement touchées par les droits de douane et les tensions commerciales s’attendent à une plus faible croissance des salaires que les autres répondants. Parmi celles-ci, plusieurs ont indiqué que l’affaiblissement de leurs résultats et de leur rentabilité freinait la croissance prévue des salaires.

Graphique 9 : Les attentes de croissance des salaires se stabilisent après avoir affiché une tendance à la baisse pendant trois ans

La part des entreprises s’attendant à une progression importante des prix de leurs intrants et la part de celles anticipant une hausse importante de leurs prix de vente ont diminué depuis le dernier trimestre et avoisinent leurs plus bas niveaux depuis le début de la série en 2016 (graphique 10).

Les droits de douane et les coûts liés aux échanges internationaux demeurent une importante source de pressions à la hausse sur l’augmentation attendue des prix des intrants, mais ils ont été mentionnés par moins d’entreprises qu’aux trimestres précédents. Certaines entreprises prennent des mesures pour limiter les pressions sur les coûts, notamment en se procurant des intrants auprès de différents pays. Les hausses attendues des prix des produits de base, qui s’expliquent en partie par la stabilisation des prix du pétrole à la suite des baisses récentes, jouent un rôle important dans les attentes des entreprises en ce qui a trait au prix des intrants ce trimestre.

La transmission des coûts liés aux droits de douane n’exerce plus de pression à la hausse sur les décisions des entreprises en ce qui concerne l’établissement de leurs prix. Pourtant, dans l’ensemble, les entreprises sont moins nombreuses qu’au dernier trimestre à limiter l’augmentation de leurs prix en raison de la faiblesse de la demande, et la transmission du renchérissement des produits de base a une influence positive sur les prix de vente.

Graphique 10 : Les entreprises sont moins nombreuses qu’au dernier trimestre à s’attendre à des hausses importantes des prix de leurs intrants et de leurs prix de vente

Les attentes d’inflation à l’horizon d’un an continuent de fluctuer autour de 3 % (graphique 11). À tous les autres horizons, elles se maintiennent entre 2,5 % et 3 %. Bien que les droits de douane et les politiques commerciales restent les facteurs qui influent le plus sur les attentes d’inflation, les entreprises ont été moins nombreuses qu’aux récents trimestres à les mentionner. Par rapport au dernier trimestre, davantage de répondants ont cité l’augmentation des dépenses publiques comme moteur de l’inflation.

Graphique 11 : Les attentes d’inflation des entreprises restent supérieures à leur moyenne de long terme

Encadré 1 : Les bas prix du pétrole pèsent sur la confiance dans le secteur pétrolier et gazier

En novembre 2025, le personnel de la Banque du Canada a tenu des consultations à Calgary avec des dirigeants du secteur pétrolier et gazier et des spécialistes de ce secteur. Parmi les participants figuraient notamment des producteurs de gaz naturel, de pétrole classique et de pétrole tiré des sables bitumineux, ainsi que des exploitants de pipelines et des prestataires de services énergétiques.

Les entreprises s’attendent à ce que les cours du pétrole restent aux niveaux actuels en 2026

Les répondants s’attendent à ce que le prix du West Texas Intermediate (WTI) demeure aux alentours de 60 $ US le baril en 2026 à cause de l’offre excédentaire mondiale de pétrole, puis à ce qu’il monte graduellement pour atteindre 66 $ US le baril au cours des deux à trois prochaines années. Grâce à l’agrandissement du réseau d’oléoducs Trans Mountain, l’écart de prix entre le WTI et le Western Canadian Select (WCS) s’est rétréci à près de 12 $ US pendant la majeure partie de 2025. On s’attend à ce qu’il demeure autour de ce niveau pour les 12 à 24 prochains mois. Les entreprises estiment que les projets actuels et proposés d’amélioration de la capacité des pipelines existants contribueront à réduire davantage cet écart. Plusieurs répondants ont fait remarquer que l’accès accru aux marchés permis par l’agrandissement du réseau d’oléoducs Trans Mountain a fait augmenter l’utilisation du pétrole lourd canadien dans la production pétrochimique en Asie, favorisant un raffermissement des prix du WCS.

Le prix AECO-C de l’Alberta Energy Company, un prix de référence canadien pour les prix du gaz naturel, devrait rester autour de 2,50 $ CA le gigajoule en 2026, soutenu par la demande provenant de la phase 1 du projet LNG Canada, un terminal d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) en Colombie-Britannique. De nombreuses entreprises demeurent optimistes quant aux perspectives à long terme pour le gaz naturel. Certaines y voient le carburant de l’avenir, en particulier à l’heure où les pays en développement passent du charbon au gaz. À court terme, en 2026, les exportations de GNL et la forte demande de condensat de gaz naturel de la part des producteurs de sables bitumineux continuent d’influer favorablement sur les perspectives de production des producteurs de gaz naturel.

Les producteurs de pétrole classique font face à une pression accrue, alors que la plupart des projets de sables bitumineux demeurent viables

Le faible niveau des prix du pétrole pèse sur la confiance, ce qui incite les entreprises à rationaliser leur production et à resserrer les structures de coûts. C’est particulièrement vrai pour les producteurs de pétrole classique1, qui doivent réinvestir et forer de nouveaux puits fréquemment pour maintenir la production, et qui requièrent un prix moyen du WTI d’environ 57 $ US le baril pour atteindre le seuil de rentabilité2. Les producteurs de pétrole lourd vendu au prix du WCS plutôt qu’au prix du WTI sont plus sensibles aux baisses des prix, et sont susceptibles de réduire leurs activités de forage dans les semaines suivant une telle baisse.

Parallèlement, les projets d’exploitation des sables bitumineux ont un prix au seuil de rentabilité moyen d’environ 50 $ US le baril pour le WTI, selon les calculs du personnel de la Banque et les estimations du secteur. Par conséquent, la production de sables bitumineux, qui constitue la majeure partie de la production de pétrole brut du Canada, demeure généralement viable aux niveaux de prix actuellement prévus. La résilience des projets de sables bitumineux tient à leurs économies d’échelle, à la nature à long terme de leurs opérations, à la capacité disponible du réseau d’oléoducs Trans Mountain et à un écart de prix plus étroit entre le WTI et le WCS.

Les dépenses en immobilisations devraient diminuer en 2026

En ce qui concerne les plans pour 2026, les annonces récentes des entreprises du secteur signalent une baisse de 1,7 % des dépenses nominales en capital (graphique 1-A). Malgré une réduction des plans d’investissement, la production industrielle devrait augmenter. Cela est principalement attribuable à la production de gaz naturel et de sables bitumineux, où les gains d’efficience – en partie dus à la consolidation – et la capacité disponible des oléoducs servant aux exportations continuent de soutenir une production plus élevée.

Graphique 1-A : Le secteur de l’énergie prévoit réduire ses dépenses en immobilisations en 2026

Concernant leurs plans à long terme, les producteurs de pétrole et de gaz ont souligné l’importance des infrastructures d’exportation. Beaucoup ont mentionné l’impact positif de l’agrandissement du réseau d’oléoducs Trans Mountain, qui a ouvert de nouveaux marchés pour le pétrole canadien, faisant passer les exportations hors États-Unis de moins de 3 % à plus de 9 %, principalement vers l’Asie, et a réduit la dépendance à l’égard des raffineries américaines.


  1. 1. À titre de référence, au cours des neuf premiers mois de 2025, environ 20 % de la production totale de pétrole et de gaz (en barils équivalent pétrole) était du pétrole classique, 40 %, du pétrole brut provenant des sables bitumineux et 40 %, du gaz naturel. En termes de chiffre d’affaires, les revenus de l’industrie sont plus fortement influencés par le pétrole, reflétant son prix plus élevé.[]
  2. 2. Les prix au seuil de rentabilité pour les producteurs de pétrole classique et de pétrole tiré des sables bitumineux représentent des moyennes au niveau des segments. Les différentes entreprises affichent des prix au seuil de rentabilité plus élevés ou plus faibles que ces moyennes.[]

Les résultats de l’enquête représentent des opinions exprimées par les répondants et ne reflètent pas forcément le point de vue de la Banque du Canada.

L’Enquête sur les perspectives des entreprises est une publication qui contient les résultats d’une enquête menée par le personnel des bureaux régionaux de la Banque du Canada au moyen d’entrevues réalisées auprès des responsables d’une centaine d’entreprises, choisies en fonction de la composition du produit intérieur brut du secteur canadien des entreprises. Des précisions sur le questionnaire et les réponses obtenues sont présentées dans le site Web de la Banque du Canada.

Le Pouls des leaders d’entreprise est une enquête en ligne menée chaque mois par la Banque du Canada auprès de 700 à 1 000 dirigeants d’entreprises canadiennes, qui sont appelés à répondre à l’un des trois courts questionnaires de l’enquête. Pour en savoir plus sur Le Pouls des leaders d’entreprise, voir T. Chernis, C. D’Souza, K. MacLean, T. Reader, J. Slive et F. Suvankulov, The Business Leaders’ Pulse—An Online Business Survey, document d’analyse du personnel 2022-14, Banque du Canada (juin 2022).

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