Risques

Rapport sur la politique monétaire – Janvier 2026

Étant donné l’incertitude géopolitique accrue et la révision en cours de l’accord commercial entre le Canada, les États‑Unis et le Mexique, les risques entourant les perspectives sont particulièrement élevés.

Il est difficile de prévoir l’évolution du contexte géopolitique et ses répercussions sur les économies mondiale et canadienne. Advenant une escalade des tensions et une perturbation des chaînes d’approvisionnement et des marchés des produits de base à l’échelle mondiale, les prix des biens pourraient augmenter plus fortement que prévu. Il est par ailleurs possible que l’activité économique ralentisse à cause du contexte géopolitique. Par exemple, les marchés financiers pourraient exiger des primes de risque plus élevées, ce qui ferait grimper les coûts d’emprunt et éroderait la confiance. Cette situation aurait pour effet de freiner la croissance du produit intérieur brut (PIB) et de réduire les pressions inflationnistes.

L’autre grande source d’incertitude est la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Dans son scénario de référence, la Banque suppose que les droits de douane et les politiques commerciales en vigueur le 23 janvier 2026 demeureront en place au cours de la période de projection (Hypothèses tarifaires et autres). Elle postule également qu’au terme de la révision de l’ACEUM en 2026, l’accord existant sera maintenu, ce qui réduirait l’incertitude pour les exportateurs et autour des chaînes d’approvisionnement intégrées de l’Amérique du Nord.

Toutefois, cette révision pourrait se conclure de bien d’autres façons (Point de mire : La révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique). Il se pourrait que l’ACEUM ne soit prolongé qu’au terme d’une renégociation importante. Une autre possibilité serait que l’ACEUM ne soit pas prolongé et fasse donc l’objet d’examens annuels. Un scénario plus défavorable serait que les pays membres se retirent complètement de l’Accord. Dans l’ensemble, la révision de l’ACEUM est considérée comme un risque à la baisse pour la croissance économique, mais elle pourrait entraîner une inflation qui serait soit plus élevée, soit moins élevée.

Les perspectives d’inflation sont en outre exposées à d’autres risques, présentés ci‑dessous.

Principaux risques à la hausse concernant l’inflation

L’offre excédentaire est moindre

Les données révisées de Statistique Canada indiquent qu’au début de 2025, l’économie était bien plus vigoureuse qu’on le croyait. La révision du PIB tient presque intégralement à une production potentielle plus élevée. Il existe un risque qu’une part plus grande de la révision à la hausse du PIB soit attribuable à la demande plutôt qu’à la production potentielle. Dans un tel cas, les pressions à la baisse sur l’inflation seraient alors plus faibles qu’anticipé.

La restructuration coûte plus cher que prévu

L’économie s’adapte aux effets des droits de douane américains. Les entreprises cherchent de nouveaux marchés et diversifient leurs chaînes d’approvisionnement. La Banque s’attend à un déplacement du capital et du travail vers d’autres secteurs de l’économie au cours de la période de projection.

Il est difficile d’évaluer le coût de cette restructuration. Si la réorientation de la production et des chaînes d’approvisionnement s’avère plus coûteuse ou plus longue que prévu, les coûts élevés pour les entreprises pourraient accentuer encore plus les pressions inflationnistes.

Principaux risques à la baisse concernant l’inflation

Les droits de douane existants pourraient affaiblir davantage l’économie

Les droits de douane imposés par les États-Unis ont conduit à une baisse marquée des exportations dans les secteurs touchés. À ce jour, la diminution résultante de la production et de l’emploi (de même que les effets d’entraînement sur d’autres pans de l’économie) a été plus modérée que prévu. Si la production et l’emploi devaient chuter plus fortement, les effets d’entraînement sur l’ensemble de l’économie s’intensifieraient, ce qui ferait augmenter l’offre excédentaire et causerait des pressions à la baisse supplémentaires sur l’inflation.

Les conditions financières mondiales pourraient se resserrer

Les perspectives aux États‑Unis dépendent du rythme des investissements en intelligence artificielle (IA) et des gains qui en découleront sur les marchés boursiers. Si les perspectives entourant l’IA venaient à changer sensiblement aux yeux des marchés, les valorisations boursières subiraient une correction, ce qui pourrait réduire la confiance des consommateurs et la richesse des ménages aux États‑Unis et à l’étranger.

Parallèlement, les rendements des obligations d’État à long terme pourraient augmenter si les investisseurs exigeaient une meilleure rétribution étant donné l’accumulation rapide de la dette publique dans le monde.

Ces scénarios entraîneraient tous deux un resserrement des conditions financières et un affaiblissement de la demande de biens et services canadiens, ce qui risquerait de créer une offre excédentaire et d’accentuer les pressions à la baisse sur l’inflation au pays.

Sur cette page
Table des matières