La Banque du Canada publie aujourd'hui la onzième livraison de son Rapport sur la politique monétaire. Dans ce document, qui paraît chaque année en mai et en novembre, la Banque examine les tendances économiques et financières à la lumière de la stratégie qu'elle poursuit pour la maîtrise de l'inflation au Canada.

Dans cette nouvelle livraison du Rapport, la Banque souligne que la tenue affichée par l'économie canadienne depuis la publication du Rapport de novembre dernier a dépassé les attentes. Stimulée par la vigueur de la demande au pays et à l'étranger, l'expansion de notre économie s'est accélérée au second semestre de 1999 et au début de 2000. Le taux de l'inflation tendancielle a été moins élevé que prévu pendant les six derniers mois et est resté l'un des plus bas au sein des pays industriels.

L'économie canadienne a tiré parti de la vivacité inattendue de la croissance à l'échelle mondiale. L'essor vigoureux et les hauts niveaux d'activité se sont maintenus aux États-Unis durant les premiers mois de 2000, de sorte que les risques d'une résurgence de l'inflation subsistent toujours. Les économies à marché émergent ont connu une progression bien supérieure aux attentes, et leurs perspectives d'évolution pour 2000 sont généralement très encourageantes. L'avenir reste beaucoup plus incertain au Japon. En Europe, l'activité devrait continuer à enregistrer de solides gains tout au long de l'année.

Le tableau très favorable de l'économie américaine, conjugué au niveau élevé des investissements des entreprises et à la solide progression de l'emploi au Canada, laisse présager la poursuite d'une forte expansion au pays. Compte tenu du dynamisme de la demande globale, la Banque du Canada a révisé à la hausse ses prévisions relatives au taux de croissance et s'attend maintenant à ce que celui-ci se situe à l'intérieur d'une plage de 4 à 4,5 % en 2000. Un tel essor entraînera probablement une intensification des pressions sur la capacité de l'économie en 2000. On s'attend par conséquent à ce que l'inflation mesurée par l'indice de référence monte graduellement jusque près du point médian de la fourchette de maîtrise de l'inflation de 1 à 3 % visée par la Banque. Pour que l'inflation mesurée par cet indice se maintienne aux alentours de 2 %, le rythme de l'expansion économique au Canada devra se ralentir ou alors la croissance de la productivité et de la capacité de production devra s'accélérer en 2001.

Les principaux risques qui pèsent sur ces prévisions sont la possibilité que la demande globale de biens et services canadiens demeure plus forte que prévu tant aux États-Unis qu'au pays et le fait que les pressions inflationnistes pourraient s'accentuer chez notre voisin du sud et se répercuter sur le Canada. Il se peut également que la capacité de production de l'économie canadienne soit plus élevée que prévu, mais la Banque se montre prudente dans ses projections concernant la progression de la production potentielle.

Le défi qui se posera aux autorités monétaires sera d'évaluer avec soin où se situe l'équilibre entre l'offre et la demande globales et de modifier en temps opportun les conditions monétaires. En maintenant l'inflation à de bas niveaux, la Banque peut contribuer à l'expansion durable de l'activité au Canada.