Monsieur le Président, distingués membres du Comité, bonjour. Nous apprécions la possibilité que nous avons, deux fois l'an, de venir ici à la suite de la publication du Rapport sur la politique monétaire pour livrer à la Chambre et à tous les Canadiens notre point de vue sur l'économie. Ces séances nous aident à faire connaître l'objectif de la politique monétaire et les mesures que nous prenons pour l'atteindre.

L'économie canadienne continue de s'ajuster au nouveau contexte international, notamment au raffermissement de la demande mondiale, aux prix plus élevés des produits de base et au réalignement des monnaies (dont le dollar canadien). De plus, les pays à marché émergent, en particulier la Chine et l'Inde, contribuent à intensifier la concurrence à laquelle nos produits font face, mais ils représentent aussi de nouveaux débouchés pour ces produits.

Ces changements exigent un déplacement de l'activité entre les secteurs et obligent de nombreuses entreprises à s'adapter. La politique monétaire facilite cet ajustement en apportant un soutien à la demande globale, afin d'amener l'économie à se maintenir à un niveau proche des limites de sa capacité de production, et l'inflation, à s'établir au taux visé.

Lorsque Paul et moi nous sommes adressés à votre comité, en octobre dernier, la croissance au Canada était plus lente que prévu, et la Banque estimait que la marge de capacités excédentaires au sein de l'économie était plus élevée que projeté six mois plus tôt. Comme vous le savez, notre économie a été ébranlée par un certain nombre de chocs en 2003. Par conséquent, même si la reprise de l'activité s'est généralisée à l'échelle internationale et que les cours des produits de base ont augmenté, l'économie fonctionnait, à la fin de l'année, à un rythme bien inférieur à celui que la Banque avait anticipé dans son Rapport d'octobre.

Selon des données préliminaires, la croissance se serait établie à un peu moins de 3 % au premier trimestre de 2004. La Banque est donc d'avis que l'appareil de production fonctionne toujours nettement au-dessous des limites de sa capacité.

Les prévisions de la Banque concernant l'expansion économique et l'inflation au pays n'ont pratiquement pas changé depuis la publication de la Mise à jour du Rapport sur la politique monétaire en janvier dernier. La croissance de l'économie canadienne devrait s'établir aux alentours de 2 3/4 % en moyenne en 2004, puis se hisser à environ 3 3/4 % en 2005. Cette croissance proviendra principalement de la demande intérieure privée, elle-même stimulée par la détente monétaire et la solide confiance des entreprises et des consommateurs. Ainsi, l'économie devrait tourner à nouveau près de son plein potentiel d'ici le troisième trimestre de l'an prochain. On prévoit que l'inflation mesurée par l'indice de référence — qui exclut les composantes les plus volatiles de l'indice des prix à la consommation et l'effet des modifications des impôts indirects sur les autres composantes — se situera à 1 1/2 % en moyenne durant le reste de l'année. Puis, à mesure que les capacités inutilisées seront absorbées, elle devrait remonter à 2 % avant la fin de 2005.

La façon dont notre économie s'ajustera à l'évolution de la conjoncture mondiale demeure la principale incertitude entourant ces perspectives. Dans l'ensemble, les risques qui pèsent sur celles-ci semblent équilibrés.

Monsieur le Président, Paul et moi nous ferons maintenant un plaisir de répondre aux questions du Comité.