La Banque du Canada a annoncé aujourd'hui qu'elle abaisse le taux cible du financement à un jour de un demi-point de pourcentage pour le ramener à 3 %. Elle réduit également de un demi-point les limites de la fourchette opérationnelle pour ce taux, ainsi que le taux officiel d'escompte, qui s'établit maintenant à 3 1/4 %.

Le rythme d'expansion de l'économie mondiale a décéléré, sous l'effet du ralentissement prononcé de l'économie américaine et des perturbations persistantes sur les marchés financiers internationaux. La croissance de l'économie canadienne a aussi marqué le pas, le vif essor de la demande intérieure, soutenu par le niveau élevé de l'emploi et l'amélioration des termes de l'échange, ayant été contrebalancé en grande partie par la chute des exportations nettes. Même si l'inflation mesurée tant par l'IPC global que par l'indice de référence avoisinait 1,5 % à la fin du premier trimestre, on estime que l'inflation tendancielle se situe aux alentours de 2 %, ce qui cadre avec l'opinion selon laquelle l'économie tournait tout juste au-dessus de son plein potentiel.

La Banque prévoit maintenant un ralentissement plus marqué et plus prolongé de l'économie américaine. Cette évolution a des conséquences directes sur les perspectives économiques du Canada, puisque le repli des exportations devrait fortement brider la croissance en 2008. La Banque s'attend en outre à ce que le resserrement des conditions du crédit et le recul de la confiance contribuent à modérer les investissements des entreprises et les dépenses de consommation. Néanmoins, la demande intérieure devrait demeurer vive, alimentée en cela par la fermeté des cours des matières premières, la vigueur de l'emploi et l'incidence de l'assouplissement cumulatif de la politique monétaire.

Selon la Banque, l'économie canadienne progressera de 1,4 % cette année, de 2,4 % en 2009 et de 3,3 % en 2010. Conformément à ce profil de croissance, elle affichera une offre excédentaire au deuxième trimestre de 2008, et les capacités inutilisées continueront d'augmenter jusqu'aux premiers mois de l'année prochaine. Cependant, le redressement graduel de l'économie américaine, le retour à des conditions du crédit plus normales et l'assouplissement de la politique monétaire devraient pousser le taux de croissance au-dessus de celui de la production potentielle et rétablir l'équilibre au sein de l'économie vers le milieu de 2010.

Les récents ajustements du niveau des prix des véhicules automobiles et l'effet des modifications passées des impôts indirects contribueront à maintenir l'inflation mesurée en dessous de la cible tout au long de 2008. L'apparition d'une offre excédentaire devrait exercer une pression à la baisse sur l'inflation jusqu'à la fin de 2009. On s'attend à ce que le taux d'accroissement de l'IPC global comme celui de l'indice de référence montent à 2 % en 2010, par suite du rétablissement de l'équilibre dans l'économie. Des risques, tant à la hausse qu'à la baisse, entourent la nouvelle projection de la Banque en matière d'inflation. Ceux-ci semblent équilibrés.

À la lumière de ces perspectives, la Banque estime qu'il faudra probablement encore augmenter le degré de détente monétaire afin d'atteindre la cible d'inflation à moyen terme. Étant donné que le taux cible du financement à un jour a été abaissé de 150 points de base au total depuis décembre, le moment où toute nouvelle détente monétaire sera opérée dépendra de l'évolution de l'économie mondiale et de la demande intérieure ainsi que de son incidence sur l'inflation au Canada.

Le Rapport sur la politique monétaire, qui paraîtra le 24 avril 2008, contiendra une analyse complète de l'évolution et des tendances économiques et financières ainsi que des risques s'y rattachant.

Note d'information

La prochaine date d'établissement du taux cible du financement à un jour par la Banque du Canada est le 10 juin 2008.