Résultats de l’enquête du 1er trimestre de 2026 | Vol. 7.1 | 20 avril 2026
La présente enquête a été menée auprès d’un panel en ligne du 5 au 25 février 2026, avant le début de la guerre au Moyen‑Orient. Des entrevues de suivi ont été réalisées par téléphone du 24 février au 2 mars 2026. Les résultats de ce trimestre comprennent ceux d’une enquête spéciale menée entre le 26 mars et le 2 avril 2026 sur la façon dont la guerre au Moyen‑Orient influence les opinions et les comportements des consommateurs.
Vue d’ensemble
- Au premier trimestre de 2026, avant la guerre au Moyen-Orient, les projets de dépenses des consommateurs restaient modérés, freinés par des inquiétudes liées aux prix élevés et à l’incertitude économique. Néanmoins, les consommateurs étaient moins négatifs à l’égard de leurs projets de dépenses qu’au trimestre précédent vu l’atténuation des pressions à la baisse attribuables aux tensions commerciales.
- Les répondants continuaient de percevoir les conditions du marché du travail comme atones et les craintes de perte d’emploi demeuraient élevées. Ce trimestre, les préoccupations concernant les pertes d’emploi ont augmenté chez les personnes qui travaillent dans des secteurs où l’intelligence artificielle (IA) est plus susceptible d’effectuer leurs tâches.
- Avant la guerre au Moyen-Orient, les attentes d’inflation à court terme étaient pratiquement inchangées et demeuraient au-dessus de la moyenne historique de l’enquête. Les attentes d’inflation élevées à l’horizon d’un an restent grandement attribuables aux attentes d’une forte hausse des prix des aliments. Les attentes d’inflation à long terme ont légèrement diminué par rapport à il y a 12 mois.
- Selon les résultats d’une enquête spéciale menée après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, la plupart des ménages s’attendent à ce que celle-ci affaiblisse l’économie canadienne et fasse monter les prix.
Les tensions commerciales pèsent un peu moins sur les consommateurs
L’indicateur de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada a légèrement augmenté par rapport aux creux récents (graphique 1), les mesures commerciales américaines ayant moins d’incidence sur les consommateurs1. Malgré cette amélioration, l’indicateur reste en deçà du niveau où il se situait il y a un peu plus de 12 mois, avant le début des tensions commerciales avec les États‑Unis.
Graphique 1 : L’indicateur de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada s’est légèrement amélioré par rapport aux bas niveaux enregistrés antérieurement
Les intentions de dépenses des consommateurs s’améliorent
Au premier trimestre de 2026, avant le début de la guerre au Moyen‑Orient, les consommateurs étaient moins négatifs à l’égard de leurs projets de dépenses (graphique 2). L’amélioration par rapport au trimestre précédent était concentrée chez les personnes qui travaillent dans des secteurs sensibles aux échanges commerciaux, ce qui donne à penser que l’incertitude entourant les politiques commerciales pèse moins sur les projets de dépenses des consommateurs (graphique 3). En ce qui concerne l’incidence des tensions commerciales sur l’économie, une personne a dit : « Je pense que le pire pourrait être derrière nous. […] Les mesures de la Cour suprême aux États‑Unis ont changé les choses », en référence à la décision de la Cour suprême américaine qui a invalidé certains droits de douane américains imposés au Canada.
Graphique 2 : Les ménages sont moins pessimistes quant à leurs projets de dépenses
Graphique 3 : L’amélioration des intentions de dépenses est attribuable aux travailleurs des secteurs davantage exposés aux échanges commerciaux
Toutefois, le coût élevé de la vie reste une préoccupation généralisée chez les répondants. Les prix élevés des biens et services ainsi que l’incertitude économique continuent de modérer les intentions de dépenses des consommateurs (graphique 4).
Graphique 4 : Les préoccupations entourant les prix élevés et l’incertitude économique continuent de peser sur les intentions de dépenses
Comme aux trimestres précédents, les consommateurs ont continué de remplacer leurs achats de produits et leurs vacances par des options canadiennes. Parallèlement, ils comptent toujours dépenser moins dans des biens fabriqués aux États‑Unis et des vacances au sud de la frontière2. La plupart des répondants s’attendent à ce que cette habitude de consommation persiste à long terme, peu importe comment évoluera la relation commerciale entre le Canada et les États‑Unis (graphique 5).
Graphique 5 : Les consommateurs s’attendent à ce que leur préférence pour les biens canadiens persiste
Les consommateurs considèrent encore que les conditions du marché du travail sont atones
L’indice du marché du travail de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada a peu changé au cours des 12 derniers mois et reste bien en deçà du niveau où il se situait avant le début des tensions commerciales (graphique 6). Les consommateurs étaient d’avis que la probabilité qu’ils quittent volontairement un emploi ou qu’ils en trouvent un n’avait pratiquement pas changé par rapport au trimestre précédent. En revanche, ils jugeaient que la probabilité qu’ils perdent un emploi avait légèrement augmenté et restait supérieure au niveau enregistré avant le début des tensions commerciales. Une personne a déclaré ceci lors des entrevues de suivi : « Beaucoup d’emplois ont été perdus parce qu’on ne peut pas vendre aux États‑Unis ou que le marché est devenu restrictif. »
Graphique 6 : Les consommateurs trouvent encore que les conditions du marché du travail sont atones
En même temps, les répondants pensent qu’il y a d’autres sources d’insécurité d’emploi. Par exemple, les personnes qui travaillent dans le secteur public se sentent davantage à risque de perdre leur emploi qu’au trimestre précédent. Cela pourrait découler de préoccupations liées à l’examen exhaustif des dépenses que le gouvernement fédéral mène présentement. Les préoccupations liées aux pertes d’emploi ont également augmenté ce trimestre chez les personnes qui travaillent dans des secteurs où plus d’un cinquième des postes comportent des tâches plus susceptibles d’être effectuées par l’IA (graphique 7) (voir l’encadré 1, qui explique comment les consommateurs perçoivent l’incidence de l’IA sur leur travail).
Graphique 7 : L’idée de perdre son emploi préoccupe davantage les travailleurs des secteurs où plus de postes ont des tâches pouvant être effectuées par l’IA
Les consommateurs continuent de croire que les prix augmenteront plus rapidement que la moyenne historique de l’enquête
Avant la guerre au Moyen‑Orient, la perception des consommateurs quant à l’inflation courante ainsi que leurs attentes d’inflation sur un à deux ans n’avaient pratiquement pas changé par rapport au trimestre précédent (graphique 8). Les attentes d’inflation pour ces horizons ont peu changé au cours des 12 derniers mois et demeurent au‑dessus de la moyenne historique de l’enquête. Les attentes d’inflation à long terme ont légèrement diminué par rapport à il y a 12 mois.
Graphique 8 : Les attentes d’inflation à court terme des consommateurs sont restées essentiellement les mêmes et demeurent au-dessus de la moyenne
Avant le déclenchement de la guerre au Moyen‑Orient, les attentes d’inflation à court terme semblaient découler en partie de la poussée des prix des aliments (graphique 9). En ce qui concerne les attentes d’inflation à l’horizon d’un an, les résultats de l’enquête montrent que les réponses se situant dans la moitié supérieure proviennent de consommateurs qui tendent aussi à anticiper une forte hausse des prix des aliments au cours des 12 prochains mois.
Graphique 9 : La hausse des prix des aliments demeure un facteur clé des attentes d’inflation élevées pour les 12 prochains mois
Avant la guerre au Moyen‑Orient, les consommateurs étaient d’avis que les droits de douane avec les tensions commerciales demeuraient le facteur qui influait le plus sur la capacité de la Banque du Canada à maîtriser l’inflation à court et à moyen terme.
Selon les résultats d’une enquête spéciale menée après le déclenchement de la guerre, les ménages s’attendent à ce que les hostilités fassent monter l’inflation, surtout par l’entremise de hausses des prix de l’essence et des aliments (voir l’encadré 2 sur les opinions des ménages sur la guerre au Moyen‑Orient).
Encadré 1 : Les travailleurs s’attendent à ce que l’IA stimule leur productivité
Ce trimestre, l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada comprenait des questions sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) au travail, et sur la façon dont l’IA influence les perceptions des conditions de travail.
Les répondants utilisent principalement l’IA pour des tâches qui améliorent leur productivité individuelle, comme la rédaction, la planification et l’analyse de données (graphique 1‑A). Peu d’entre eux ont dit utiliser l’IA dans le cadre de processus opérationnels clés, où les outils d’IA sont intégrés dans des activités comme l’automatisation des flux de travaux. Dans les entrevues de suivi, une personne a déclaré : « Je pense que ça peut aider et faire des tâches banales pour lesquelles on n’a pas besoin de réfléchir. »
Par conséquent, les premiers gains découlant de l’adoption de l’IA pourraient en partie refléter une amélioration de l’efficacité de la main‑d’œuvre. Il faudra sans doute attendre un peu plus pour que les entreprises réalisent des gains de productivité plus généralisés – soit lorsque l’IA sera mieux intégrée aux processus de production et aux opérations. Voici l’un des commentaires recueillis : « Présentement, l’IA en est à ses débuts. […] On l’utilise pour s’aider, et pas comme un substitut. »
Graphique 1-A : L’utilisation de l’IA est répandue chez les travailleurs et pour l’ensemble des tâches
Bien qu’on utilise déjà l’IA pour diverses tâches professionnelles, peu de travailleurs croient qu’elle aura plus de 50 % de probabilité d’influencer considérablement leur travail au cours de la prochaine année. Parmi les plus convaincus que l’IA aura une incidence sur leur travail, ceux qui l’utilisent déjà dans le cadre de leurs fonctions sont plus enclins à penser qu’elle améliorera leur productivité au cours de l’année à venir (graphique 1‑B). Ces répondants ont également des attentes plus élevées en matière de croissance des salaires que ceux qui n’utilisent pas l’IA au travail. Cela dit, tous les travailleurs – qu’ils utilisent ou non l’IA au travail – anticipent une faible incidence négative nette sur leurs perspectives d’emploi ainsi qu’une réduction de leurs heures de travail.
Graphique 1-B : Les travailleurs s’attendent à ce que l’IA améliore leur productivité, qu’ils l’utilisent présentement au travail ou non
Encadré 2 : Les ménages s’attendent à ce que la guerre au Moyen‑Orient affaiblisse l’économie et fasse monter les prix
Après le début de la guerre au Moyen‑Orient, le personnel de la Banque du Canada a mené une enquête en ligne auprès d’environ 600 ménages canadiens. Le but était d’évaluer l’effet initial de la guerre sur les attentes et les comportements des ménages. Presque tous les répondants étaient au courant de la guerre, et les ménages avaient des opinions divergentes quant à sa durée. La plupart ont dit s’attendre à ce que la guerre dure plus de six mois.
Une forte majorité de ménages croit que la guerre nuira à l’économie canadienne et fera monter l’inflation (graphique 2‑A). Ceux des provinces des Prairies sont plus optimistes que ceux des autres provinces, quoiqu’ils anticipent tout de même un effet net négatif pour l’économie. Les ménages s’attendent à ce que la durée du conflit influe sur les prix de biens essentiels.
- Si la guerre persiste, les consommateurs anticipent des hausses marquées des prix de l’essence et des aliments au cours des 12 prochains mois (graphique 2‑B).
- Si la guerre prend fin rapidement, les consommateurs pensent que la croissance des prix de l’essence et des aliments sera beaucoup plus lente, au cours des 12 prochains mois, que si la guerre persiste. Dans ce cas, de nombreux répondants s’attendent à ce que les prix de l’essence baissent après leur augmentation initiale.
Les ménages se sont dits préoccupés par les implications du conflit, et certains ont indiqué avoir modifié leurs habitudes de consommation en conséquence. En tout, 21 % des répondants ont annulé ou reporté des voyages, surtout à cause de la hausse des frais de voyage, et 28 % d’entre eux ont retardé ou réduit des dépenses importantes de façon plus générale. Ces résultats cadrent avec ceux de l’enquête sur les perspectives des entreprises, selon lesquels les entreprises s’attendent à ce que les ménages réduisent leurs dépenses discrétionnaires en raison des prix plus élevés de l’essence3.
Graphique 2-A : Les ménages s’attendent à ce que la guerre au Moyen‑Orient entraîne une hausse de l’inflation et ait des effets négatifs sur l’économie canadienne
Graphique 2-B : Les ménages pensent qu’une guerre prolongée fera augmenter considérablement les prix de l’essence et des aliments
Notes
- 1. Pour en savoir plus sur l’indicateur de l’enquête, voir J. Dolinar, P. Sabourin et M. West, « Synthétiser les signaux se dégageant de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada », document d’analyse du personnel 2025‑11 de la Banque du Canada (juillet 2025).[←]
- 2. Pour en savoir plus, voir O. Bilyk et J. Dolinar, « Le mouvement « Achetez canadien » un an plus tard ». Sparks et Bank. Banque du Canada, février 2026.[←]
- 3. Voir Banque du Canada, « Encadré 1 : La guerre au Moyen‑Orient change les perspectives des entreprises en matière de prix », Enquête sur les perspectives des entreprises – Premier trimestre de 2026 (avril 2026).[←]
L’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada recueille l’opinion des ménages au sujet de l’inflation, du marché du travail et de leur situation financière. Des précisions sur le questionnaire et les réponses obtenues sont présentées dans le site Web de la Banque du Canada. Les résultats de l’enquête constituent un condensé des opinions exprimées par les répondants et ne reflètent pas forcément le point de vue de la Banque du Canada.