La première sous-gouverneure Carolyn Rogers explique comment les changements et l’incertitude influent sur l’économie, et comment la Banque peut servir de pilier de stabilité en maintenant l’inflation à un niveau bas et stable.

La première sous-gouverneure Rogers s’adresse à la Chambre de commerce de Brandon. Lisez le discours complet.

Trois forces agissent sur notre économie

Le Canada s’adapte à une série de grandes forces qui pourraient transformer pour de bon son paysage économique.

  • Politiques commerciales : L’incertitude entourant les droits de douane américains et l’évolution des politiques commerciales mondiales freine les investissements des entreprises, ce qui se traduit par une baisse de l’emploi et de la productivité. L’Accord Canada–États‑Unis–Mexique doit être renouvelé cette année, mais il est difficile de prévoir l’issue des négociations.
  • Changements démographiques : Le vieillissement de la population et le faible taux de natalité font que le Canada dépend depuis longtemps de l’immigration pour assurer la croissance de son économie. Mais l’immigration a ralenti, ce qui signifie moins de travailleurs et de consommateurs pour alimenter cette croissance.
  • Intelligence artificielle : L’intelligence artificielle pourrait générer d’importants gains de productivité et réduire les coûts de nombreux services. Toutefois, les préoccupations liées à son impact sur les emplois et nos vies s’intensifient. Cet impact dépendra en grande partie du rythme et de l’ampleur de son adoption, ainsi que de la capacité de tout un chacun à se préparer et s’adapter à cette transition.

Ces changements structurels nous poussent à ajuster notre façon de penser, nos prévisions et nos décisions.

Les Canadiennes et Canadiens ont subi beaucoup de bouleversements économiques au cours des cinq dernières années, et les cinq prochaines ne seront peut-être pas vraiment plus calmes. Notre économie fait encore face à des chocs, et elle traverse une série de changements structurels qui nous obligeront tous et toutes à nous adapter. »

La Banque se prépare

Cette année, nous renouvelons l’entente régissant notre cadre de politique monétaire, conclue avec le gouvernement fédéral. Avant chaque renouvellement, nous examinons systématiquement nos approches afin de les ajuster au besoin.

Au cours de la période de forte inflation qui a suivi la pandémie de COVID-19, la confiance du public dans notre capacité à ramener l’inflation à la cible a empêché une situation déjà difficile de s’aggraver. La cible d’inflation de 2 % a fonctionné et demeure la meilleure solution pour l’avenir, mais nous explorons des façons de mieux mettre en œuvre notre cadre.

  • Nous améliorons notre capacité à détecter et à évaluer les chocs d’offre susceptibles de mener à une inflation élevée. Entre autres, nous utilisons davantage de données en temps réel et nous menons plus fréquemment des enquêtes auprès des entreprises.
  • Nous réfléchissons à la manière dont nous évaluons l’inflation. Nous ciblons l’inflation globale. Cependant, afin d’observer les tendances, nous nous sommes concentrés sur des mesures qui excluent les composantes volatiles susceptibles de varier grandement, comme les prix de l’essence. Nous revoyons ces mesures et la façon dont nous communiquons notre analyse de l’évolution de l’inflation.
  • Nous examinons la façon dont la politique monétaire agit sur l’offre et la demande de logements. Nous ne pouvons pas résoudre le problème de l’abordabilité des logements – c’est un enjeu qui relève de tous les ordres de gouvernement. Mais, nous pourrions faire davantage pour expliquer l’interaction entre les taux d’intérêt et les déséquilibres sur le marché du logement.

Même si l’inflation se maintient près de 2 % depuis plus d’un an, nous savons que beaucoup de Canadiennes et de Canadiens ont l’impression que le coût de la vie est encore trop élevé. Les salaires ont augmenté, mais pas suffisamment pour tout le monde.

À long terme, il faut améliorer la productivité pour améliorer l’abordabilité, car c’est ce qui permet aux revenus d’augmenter. Le premier pas vers l’abordabilité est néanmoins la maîtrise de l’inflation.

Nous surveillons de près la situation en Iran

Il est encore trop tôt pour évaluer les répercussions de la guerre en Iran sur la croissance au Canada, mais nous surveillons la situation de près. Si les prix du pétrole demeurent élevés, les revenus tirés des exportations d’énergie vont augmenter. Mais ces prix plus élevés vont peser sur les finances des consommateurs et des entreprises.

L’augmentation des prix de l’énergie fera monter l’inflation à court terme. Nous devons faire en sorte que cette augmentation ne se propage pas à d’autres biens et services et ne se transforme pas en inflation soutenue.

La Banque continuera de soutenir l’économie pendant cette période d’ajustement, tout en veillant à ce que la population puisse compter sur une inflation basse et stable. Notre objectif est d’être un pilier de stabilité en période d’incertitude. »

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