Rapport sur la politique monétaire – Octobre 2026
L’évolution des prix de l’énergie et la relation commerciale entre le Canada et les États‑Unis demeurent les deux risques les plus importants pour les perspectives d’inflation.
La projection repose sur l’hypothèse que le transport revient graduellement à la normale dans le détroit d’Ormuz et que les marges des raffineries diminuent. Cependant, de nouvelles perturbations de l’approvisionnement pourraient porter les prix du carburant au‑delà des niveaux projetés et, si elles se prolongeaient, les maintenir élevés plus longtemps. Une hausse des prix du carburant ferait monter l’inflation.
Toutefois, le conflit au Moyen‑Orient pourrait se régler vite et le trafic pétrolier dans la région pourrait reprendre son cours normal plus tôt. Les prix du pétrole reculeraient alors davantage et plus rapidement que prévu. Et en supposant que les capacités de raffinage rebondissent plus vite qu’escompté, les prix du carburant pourraient se normaliser plus tôt que ne le prévoit la projection.
Dans le scénario de référence, la Banque suppose que les droits de douane américains pris en compte dans la projection restent en vigueur et que les effets de l’incertitude liée au commerce s’estompent graduellement. Cependant, de nouvelles restrictions commerciales américaines ou une incertitude plus persistante pourraient affaiblir les exportations, les investissements des entreprises et les dépenses des ménages. Une demande moins vigoureuse réduirait les coûts et limiterait la transmission des prix plus élevés de l’énergie.
Toutefois, le Canada et les États‑Unis pourraient parvenir à un accord commercial qui réduirait les droits de douane et l’incertitude qui en découle. Un tel accord stimulerait les exportations et les investissements des entreprises, poussant à la hausse l’emploi et les revenus. Une demande plus vigoureuse pourrait amplifier la transmission des prix plus élevés de l’énergie. La levée des contre-mesures tarifaires apporterait un contrepoids.
D’autres risques pèsent aussi sur les perspectives d’inflation.
Autres risques à la hausse concernant l’inflation
- La transmission de la hausse du coût des intrants aux prix à la consommation pourrait être plus rapide que prévu et s’accompagner d’une hausse inhabituellement marquée des attentes d’inflation, surtout que le souvenir de la flambée des prix qui a suivi la pandémie est encore vif. L’inflation serait alors plus élevée qu’anticipé, même si le coût des intrants suivait la trajectoire projetée.
- La demande intérieure pourrait se révéler plus vigoureuse que dans la projection. Les ménages pourraient maintenir leurs dépenses à un niveau plus élevé qu’anticipé, et les entreprises investir davantage que prévu sous l’effet des récents incitatifs à l’investissement. De plus, ces dernières pourraient être confrontées à des contraintes de capacité plus importantes avant que de nouveaux moyens de production soient déployés. Ensemble, ces facteurs porteraient l’inflation au-delà des niveaux projetés.
Autres risques à la baisse concernant l’inflation
- Les conditions financières mondiales pourraient se resserrer plus que prévu, et le rendement des obligations à long terme augmenter encore. Si les investisseurs venaient à perdre de leur optimisme quant aux bénéfices et aux gains de productivité liés à l’intelligence artificielle, les cours boursiers reculeraient et les écarts sur les obligations de sociétés s’élargiraient. La hausse des coûts d’emprunt et la diminution de la richesse des ménages freineraient les dépenses et les investissements à l’échelle mondiale. Il en résulterait une baisse de la demande de produits canadiens à l’étranger et un recul des prix des produits de base, ce qui exercerait une pression à la baisse sur l’inflation au Canada.
- Les effets de l’incertitude, surtout celle entourant la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis, pourraient être plus importants que prévu et freiner davantage les dépenses des ménages et les investissements des entreprises. En particulier, l’incertitude pourrait atténuer l’effet des incitatifs gouvernementaux à l’investissement. Une demande intérieure plus faible réduirait les pressions sur les coûts. De plus, le ralentissement des dépenses de consommation inciterait les entreprises à absorber une plus grande part des hausses de coûts liées aux prix élevés de l’énergie. Pris ensemble, ces effets maintiendraient l’inflation sous la trajectoire projetée.