Lors d'une allocution qu'il a prononcée aujourd'hui dans le cadre de la 35e assemblée annuelle de la Mennonite Savings and Credit Union, le gouverneur de la Banque du Canada, M. Gordon Thiessen, a entretenu son auditoire de la réforme du secteur financier ainsi que de l'économie et de la politique monétaire au Canada.

Bien qu'il approuve les recommandations du Groupe de travail MacKay en faveur d'une intensification de la concurrence au sein du secteur financier, M. Thiessen a souligné qu'il « peut y avoir une certaine incompatibilité entre la promotion d'une concurrence accrue au sein du secteur financier et la préservation de la sûreté et de la stabilité de ce dernier ». Par conséquent, il a indiqué que nous devons tenter de trouver des façons d'atténuer cet antagonisme et de rechercher un équilibre entre le double objectif d'efficience et de sécurité.

Au sujet de la situation économique, M. Thiessen a déclaré que « si l'on considère la gravité des problèmes d'ordre international auxquels nous avons été confrontés, force est de constater que l'économie canadienne s'est comportée bien mieux que prévu et certainement mieux que par le passé. La raison en est que celle-ci est en meilleure santé maintenant qu'elle n'a été depuis de nombreuses années. »

Il a par ailleurs ajouté que « nous amorçons l'année 1999 sur une note favorable ». L'économie canadienne a affiché récemment un regain de vigueur grâce à l'atténuation des tensions sur les marchés financiers mondiaux, au dynamisme de la demande aux États-Unis et à la reprise qui a suivi la fin d'importants arrêts de travail. « Cette expansion s'est accompagnée d'une forte progression généralisée de l'emploi dans les derniers mois de 1998 et au début de 1999. »

Même si les prévisions pour la présente année demeurent provisoires en raison des incertitudes qui persistent sur la scène internationale, M. Thiessen a mentionné que « nous envisageons un scénario un peu plus positif que ce qui semblait possible l'automne dernier ».

Les grands pays industriels ayant tous réduit leurs taux d'intérêt et les marchés financiers mondiaux ayant retrouvé un certain degré de stabilité, les préoccupations des participants aux marchés canadiens se sont atténuées. Cela a permis à la Banque du Canada d'inverser la majeure partie de la hausse du taux officiel d'escompte qu'elle avait décidée en août dernier, alors qu'elle s'attachait temporairement à apaiser les marchés et à préserver la confiance des investisseurs. M. Thiessen a conclu en déclarant que « les marchés financiers étant maintenant plus calmes, la Banque sera en mesure de se concentrer à nouveau sur l'objectif à moyen terme de la politique monétaire, à savoir le maintien de la tendance fondamentale de l'inflation à l'intérieur de la fourchette cible de 1 à 3 %. »