La Banque du Canada examine les liens existant entre les considérations liées à la stabilité financière et les approches traditionnelles des banques centrales en matière de ciblage de l’inflation, dans le cadre de la démarche axée sur la gestion des risques qu’elle met en œuvre pour atteindre ses objectifs de politique monétaire, a déclaré aujourd’hui le gouverneur de la Banque, M. Stephen S. Poloz.

Comme la Banque du Canada se prépare en vue du renouvellement, l’an prochain, de son entente avec le gouvernement fédéral sur le ciblage de l’inflation, « nous continuerons de nous employer à mieux comprendre les interactions entre la politique monétaire et la stabilité financière, et je m’attends à voir émerger un grand nombre de travaux de recherche novateurs qui mettront en lumière ces liens sous leurs divers aspects », a expliqué le gouverneur à l’assemblée annuelle de la National Association for Business Economics à Washington.

M. Poloz a indiqué que les questions de stabilité financière ajoutent une nouvelle dimension de risque aux nombreuses incertitudes déjà présentes dans la conduite de la politique monétaire. « Il n’existe pas de modèle d’équilibre général qui fasse une synthèse globale des variables réelles et financières, et il est peu probable qu’il en existe un jour », a-t-il précisé.

Par conséquent, la Banque formule la politique monétaire de façon à ce que l’éventail des résultats probables se situe dans une zone où les décideurs ont bon espoir d’atteindre la cible d’inflation dans un délai raisonnable et de voir les risques entourant la stabilité financière évoluer de manière constructive. Grâce à la souplesse offerte par son cadre, la Banque est en mesure de prendre plus de temps pour ramener l’inflation à la cible de manière à ne pas exacerber les préoccupations entourant la stabilité financière. Cela dit, cette démarche « ne sous-entend pas que la banque centrale modifiera sa politique pour essayer de contrer tous les déséquilibres financiers naissants ». La principale mission de l’institution, à savoir le ciblage de l’inflation, doit toujours primer, a ajouté le gouverneur.

La Banque considère la politique monétaire comme la dernière ligne de défense face aux préoccupations entourant la stabilité financière. La responsabilité conjointe des emprunteurs et des prêteurs, l’établissement de politiques efficaces au sein du secteur financier et l’application rigoureuse des règles macroprudentielles devraient avoir préséance sur l’intervention de la banque centrale, a affirmé le gouverneur.