Résultats de l’enquête du 3e trimestre de 2026 | Vol. 7.3 | 19 octobre 2026
La présente enquête a été menée auprès d’un panel en ligne du 5 au 27 août 2026. Environ les trois quarts des réponses ont été recueillies avant la rupture des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, le 21 août, et l’annonce subséquente de nouvelles contre-mesures tarifaires canadiennes. Des entrevues de suivi ont été réalisées par téléphone du 24 août au 4 septembre 2026.
Vue d’ensemble
- Au troisième trimestre de 2026, les attentes d’inflation à long terme des consommateurs ont augmenté, rejoignant le niveau élevé de leurs attentes à plus court terme. Les consommateurs ont continué de citer les tensions commerciales et les prix de l’énergie comme d’importantes sources d’inflation. Leurs attentes d’inflation à tous les horizons ont monté après la rupture des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis.
- Les consommateurs ont fait état d’une meilleure santé financière qu’au trimestre précédent. Ils ont notamment invoqué une hausse de la valeur de leurs actifs financiers et une confiance accrue dans le marché du travail pour expliquer leurs attentes plus positives à l’égard de leur santé financière future.
- Les perceptions des travailleurs à l’égard du marché du travail sont un peu plus favorables qu’au trimestre précédent, mais elles restent inférieures à la moyenne de l’enquête. Elles se sont améliorées dans les secteurs qui sont plus exposés aux échanges commerciaux avec les États-Unis, mais se sont détériorées dans ceux où l’intelligence artificielle risque davantage de remplacer des travailleurs dans l’exécution de certaines tâches.
- Malgré l’amélioration des perceptions à l’égard de la santé financière et du marché du travail, les intentions de dépenses, déjà faibles, se sont détériorées. Les prix élevés et l’incertitude économique continuent de peser sur les consommateurs.
Les attentes d’inflation demeurent élevées sur fond de préoccupations liées aux tensions commerciales et aux prix de l’énergie
Les perceptions de l’inflation courante et les attentes d’inflation pour les 12 et les 24 prochains mois ont peu changé parmi les consommateurs (graphique 1). Leurs attentes d’inflation à court terme restent supérieures à leur moyenne historique et aux niveaux observés avant le début des tensions commerciales. Quant aux attentes d’inflation à long terme, elles ont augmenté au troisième trimestre pour rejoindre le niveau déjà élevé des attentes à court terme.
Graphique 1 : Les attentes d’inflation à long terme ont rejoint le niveau élevé des attentes à court terme
Les consommateurs ont continué de citer les droits de douane et les tensions commerciales comme les facteurs ayant le plus d’effet sur l’inflation (graphique 2). Ceux qui ont répondu à l’enquête après la rupture des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont d’ailleurs été un peu plus portés à citer ces facteurs. Dans les entrevues de suivi, bon nombre ont indiqué que les droits de douane faisaient monter les prix de leurs achats courants.
Les prix de l’énergie ont encore été souvent mentionnés comme une source d’inflation, mais par moins de répondants qu’au trimestre précédent. La plupart des consommateurs pensent que la guerre au Moyen-Orient fera monter l’inflation au cours des 12 prochains mois. Dans les entrevues de suivi, plusieurs ont associé ce conflit à des préoccupations concernant les prix plus élevés de l’essence et leurs effets sur les prix d’autres biens et services. Comme l’a expliqué une personne interrogée : « Je pense que tout ce qui se passe [au Moyen-Orient] va avoir des conséquences sur les économies partout dans le monde, jusque chez nous… surtout à cause des prix du pétrole. Et dès que les prix du pétrole bougent, on finit par le sentir à l’épicerie, parce qu’il faut du pétrole pour transporter les aliments. »
Graphique 2 : Les consommateurs continuent de voir les droits de douane et les prix de l’énergie comme d’importants moteurs de l’inflation
La rupture des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis est survenue pendant l’enquête, ce qui permet de comparer les réponses recueillies avant et après cet événement. Les consommateurs qui ont répondu à l’enquête après cette rupture avaient des attentes d’inflation légèrement plus élevées que les autres à tous les horizons (graphique 3). Dans les entrevues de suivi, une personne a dit que la rupture des négociations augmentait la probabilité de nouveaux droits de douane et de prix plus élevés : « On entend beaucoup plus parler de nouveaux droits de douane à des taux très élevés. » Plus tard, elle a ajouté : « Les discussions entre le Canada et les États-Unis n’ont pas abouti, [et] je pense qu’il va bientôt y avoir beaucoup plus de droits de douane sur les produits canadiens. »
Graphique 3 : Les attentes d’inflation étaient plus élevées à tous les horizons après la rupture des négociations commerciales
Les consommateurs portent un regard plus positif sur leur santé financière
L’indicateur de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada a un peu augmenté au troisième trimestre (graphique 4)1. Cette hausse s’explique surtout par de meilleures perceptions de la santé financière, celles du marché du travail s’étant tout de même légèrement améliorées. Ces améliorations ont été en partie contrebalancées par des intentions de dépenses plus faibles. L’indicateur de l’enquête demeure néanmoins bas, tout juste au-dessus des niveaux observés au début des tensions commerciales avec les États-Unis. Environ la moitié des consommateurs continuent de s’attendre à ce que l’économie canadienne entre en récession dans les 12 prochains mois, ceux ayant répondu au sondage après la rupture des négociations commerciales étant plus nombreux à envisager ce scénario.
Graphique 4 : L’indicateur de l’enquête a légèrement augmenté en raison d’une meilleure perception de la santé financière
Au troisième trimestre, les consommateurs se sont dits plus optimistes quant à leur santé financière, estimant que le risque de manquer un remboursement de dette était moins élevé et l’accès au crédit, plus facile. Leur confiance à l’égard de leurs finances au cours des 12 prochains mois s’est également améliorée2. Par rapport au trimestre précédent, ceux qui s’attendaient à une amélioration de leur situation financière sur cet horizon ont plus souvent attribué cet optimisme à une hausse de la valeur de leurs actifs financiers et à une confiance accrue dans le marché du travail (graphique 5). Dans les entrevues de suivi, une personne a associé l’amélioration de sa situation financière à son emploi actuel : « Je gagne plus d’argent maintenant […]. J’ai régulièrement des augmentations ici. »
Graphique 5 : Les attentes à l’égard de la santé financière future se sont améliorées surtout en raison de la valeur des actifs financiers et de la confiance dans le marché du travail
Les perceptions des consommateurs à l’égard du marché du travail se sont rapprochées de la moyenne
Au troisième trimestre, l’indice du marché du travail de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada a légèrement augmenté, poursuivant sa remontée après la baisse observée au début des tensions commerciales; il reste toutefois sous sa moyenne (graphique 6). Par rapport au trimestre précédent, les consommateurs ont déclaré être un peu plus susceptibles de quitter volontairement leur emploi et un peu plus confiants en leur capacité d’en trouver un autre. Or, leurs craintes de perte d’emploi ont aussi augmenté, mais modestement.
Graphique 6 : L’indice du marché du travail a continué de s’améliorer, mais demeure sous la moyenne de l’enquête
L’indice du marché du travail a augmenté chez les travailleurs des secteurs qui dépendent plus des échanges commerciaux avec les États-Unis, la plupart des réponses ayant toutefois été recueillies avant la rupture des négociations commerciales (graphique 7). Une partie de cette amélioration pourrait tenir à la situation des entreprises du secteur des ressources naturelles, où les prix élevés des produits de base et l’expansion des capacités de production et de transport soutiennent les ventes à l’exportation, en particulier du côté du pétrole et du gaz3. Cela dit, les craintes de perte d’emploi demeurent élevées chez ces travailleurs, en raison de l’incertitude entourant la politique commerciale américaine. Lors des entrevues de suivi menées après la rupture des négociations, une personne a affirmé ceci : « Il y a beaucoup d’incertitude avec les droits de douane. Si des entreprises se retrouvent avec des droits de 50 %, ça va vraiment leur faire mal. C’est clair qu’il va y avoir des mises à pied. »
Graphique 7 : Avant la rupture des négociations commerciales, les travailleurs des secteurs les plus exposés aux échanges commerciaux ont indiqué que leur perception du marché du travail s’était améliorée
Les préoccupations liées à la sécurité d’emploi sont restées répandues chez les travailleurs des secteurs où l’intelligence artificielle (IA) risque davantage de les remplacer dans l’exécution de certaines tâches. Ces travailleurs estimaient aussi avoir moins de chances de trouver un autre emploi, ce qui a contribué à rendre leurs perceptions globales du marché du travail moins favorables (graphique 8). Cela dit, dans tous les secteurs, les travailleurs qui utilisent l’IA affirment généralement qu’elle améliore leur productivité au travail (encadré 1).
Graphique 8 : L’IA continue de peser sur les perceptions des travailleurs à l’égard du marché du travail
Les intentions de dépenses des consommateurs, déjà faibles, se sont détériorées
Les intentions de dépenses des consommateurs ont légèrement diminué au troisième trimestre de 2026 et restent sous la moyenne de l’enquête (graphique 4). Les prix élevés des biens et services demeurent le principal frein aux dépenses de consommation. Dans les entrevues de suivi, bon nombre de répondants ont dit continuer de faire attention à leurs dépenses, de réduire leurs achats discrétionnaires, d’aller moins souvent au restaurant, de chercher des aubaines ou d’opter pour des produits moins chers.
Les ménages qui s’attendent à ce que la guerre au Moyen‑Orient fasse fortement monter l’inflation continuent de faire état d’intentions de dépenses plus faibles que les autres (graphique 9).
Graphique 9 : Les consommateurs qui pensent que la guerre au Moyen-Orient fera fortement monter l’inflation prévoient réduire leurs dépenses davantage que les autres
L’incertitude économique, en grande partie liée aux tensions commerciales avec les États‑Unis, continue de peser lourdement sur les consommateurs. Près de la moitié d’entre eux croient que les effets les plus graves sur l’inflation ou l’économie restent à venir, et ces répondants sont plus susceptibles que les autres de reporter des achats importants (graphique 10). Les consommateurs ayant répondu au sondage après la rupture des négociations commerciales entre le Canada et les États‑Unis étaient plus portés à croire que les pires effets des tensions commerciales étaient à venir.
Graphique 10 : Les consommateurs qui croient que les effets les plus graves des tensions commerciales restent à venir sont moins enclins à faire un achat important
Encadré 1 : Les travailleurs constatent les avantages de l’intelligence artificielle
Ce trimestre, l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada comprenait des questions sur les outils d’intelligence artificielle (IA) qu’utilisent les travailleurs, le temps que ces outils leur font gagner et la façon dont ils emploient ce temps.
Environ 40 % des travailleurs ont dit utiliser l’IA au travail, surtout des outils d’IA générative. Ils s’en servent généralement trois ou quatre jours par semaine et l’utilisent activement moins d’une heure ces jours‑là. Les gains de temps sont néanmoins importants : les travailleurs estiment qu’il leur faudrait environ cinq heures de plus par semaine pour accomplir le même volume de travail sans l’IA (graphique 1-A). Dans les entrevues de suivi, ils ont mentionné utiliser l’IA pour rédiger des courriels, traduire du contenu, vérifier du code, trouver de l’information et résoudre des problèmes complexes.
Graphique 1-A : Les travailleurs qui utilisent l’IA disent qu’elle leur fait gagner des heures de travail
L’amélioration de la qualité du travail arrive en tête des façons dont les travailleurs utilisent le temps ainsi gagné, suivie de près par la prise en charge de tâches supplémentaires (graphique 1-B). Des proportions comparables de travailleurs, soit environ le tiers dans chaque cas, disent utiliser ce temps pour améliorer leur équilibre travail‑vie personnelle, acquérir de nouvelles compétences ou former d’autres personnes, ou se consacrer à des activités faisant davantage appel à l’innovation et à la créativité.
Graphique 1-B : Les travailleurs utilisent le temps gagné pour améliorer la qualité de leur travail et accomplir plus de tâches
Un peu moins du cinquième des travailleurs qui n’utilisent pas l’IA au travail prévoient commencer à le faire dans les 12 prochains mois. La principale raison qu’ils invoquent pour ne pas l’utiliser est qu’elle n’est pas pertinente pour leur emploi.
Notes
- 1. Pour en savoir plus sur l’indicateur de l’enquête, voir J. Dolinar, P. Sabourin et M. West, « Synthétiser les signaux se dégageant de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada », document d’analyse du personnel 2025-11 de la Banque du Canada (juillet 2025).[←]
- 2. Ces améliorations ont été mesurées avant la forte hausse des rendements obligataires en septembre 2026. Au troisième trimestre, les attentes des consommateurs à l’égard des taux d’intérêt sont restées à peu près inchangées.[←]
- 3. Voir la section « Les perspectives de ventes des entreprises se sont améliorées » dans Banque du Canada, Enquête sur les perspectives des entreprises – Troisième trimestre de 2026 (octobre 2026).[←]
L’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada recueille l’opinion des ménages au sujet de l’inflation, du marché du travail et de leur situation financière. Des précisions sur le questionnaire et les réponses obtenues sont présentées dans le site Web de la Banque du Canada. Les résultats de l’enquête constituent un condensé des opinions exprimées par les répondants et ne reflètent pas forcément le point de vue de la Banque du Canada.