Tous les cinq ans, le gouvernement du Canada et la Banque du Canada examinent et renouvellent ensemble le cadre de conduite de la politique monétaire. La Banque mène ensuite la politique monétaire de façon indépendante afin d’atteindre les objectifs du cadre. Le gouvernement et la Banque conviennent que la politique monétaire doit contribuer au bien‑être économique et financier des Canadiennes et des Canadiens. Ils s’entendent également pour dire que le meilleur moyen d’y parvenir est de maintenir l’inflation à un niveau bas, stable et prévisible, ce qui protège la population contre de fortes hausses du coût de la vie. Un cadre de politique monétaire crédible et bien compris, axé sur la stabilité des prix, favorise la croissance économique, les investissements et la création d’emplois, et renforce la confiance dans l’économie canadienne.

Au cours des cinq dernières années, les économies mondiale et canadienne ont subi des chocs à répétition. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement après la pandémie, les changements rapides de la demande et les conflits géopolitiques ont fait monter l’inflation partout dans le monde, y compris au Canada. Durant cette période, la Banque du Canada a pris des mesures énergiques pour rétablir la stabilité des prix. L’ajustement a été difficile pour les ménages et les entreprises, mais ces mesures ont porté leurs fruits : l’inflation est revenue à la cible de 2 % et dans la fourchette de maîtrise de 1 à 3 %. L’expérience des cinq dernières années a confirmé l’importance d’un régime de ciblage de l’inflation clair et crédible, qui donne à la Banque le mandat et la latitude nécessaires pour réagir avec détermination à l’évolution de la conjoncture économique.

La Banque du Canada a fait le bilan de la période de forte inflation et des mesures qu’elle a prises. Cette période a montré à quel point une inflation élevée peut coûter cher aux ménages et aux entreprises : elle réduit le pouvoir d’achat des Canadiennes et des Canadiens et ébranle leur perception de l’équité de notre système économique.

La Banque du Canada a procédé à une analyse approfondie de cette période récente et en a tiré des leçons pour orienter et améliorer la conduite de la politique monétaire. Elle estime que cet épisode ne révèle pas une défaillance de la conception du cadre, mais plutôt les difficultés liées à sa mise en œuvre dans un contexte marqué par des chocs mondiaux exceptionnels. La Banque a donc renforcé sa capacité d’analyse afin de mieux évaluer comment les chocs d’offre mondiaux et nationaux se répercutent sur l’inflation au Canada, et comment la politique monétaire doit réagir quand ces chocs sont plus importants et plus persistants qu’en temps normal. Elle s’engage à mettre ces enseignements en pratique avec vigilance et clarté dans la conduite de la politique monétaire au sein du cadre actuel.

La Banque et le gouvernement renouvellent le cadre de politique monétaire à un moment où l’économie canadienne connaît de profondes transformations et où l’incertitude géopolitique est élevée. Les tendances du commerce international se redessinent, les chaînes d’approvisionnement sont en cours de reconfiguration et les flux d’investissements mondiaux se réorientent. En même temps, les changements démographiques, l’adoption généralisée de l’intelligence artificielle et d’autres forces structurelles continueront de modifier notre économie au cours des prochaines années.

Dans ce contexte, le gouvernement du Canada et la Banque du Canada continuent de s’entendre pour dire que la meilleure contribution de la politique monétaire au bien‑être des Canadiennes et des Canadiens consiste à maintenir l’inflation à un niveau bas, stable et prévisible. La stabilité des prix protège le pouvoir d’achat des ménages et permet aux entreprises de planifier et d’investir en toute confiance. Elle favorise un niveau d’emploi durable maximal ainsi que la croissance économique. Elle contribue aussi à la stabilité du système financier.

En renouvelant le cadre pour une autre période de cinq ans, le gouvernement et la Banque réaffirment que la cible d’inflation de 2 % reste l’objectif de la politique monétaire. Cette cible sert bien la population canadienne depuis plus de trois décennies et constitue un point d’ancrage clair et crédible pour les décisions de politique monétaire de la Banque. La politique monétaire continuera d’avoir pour principal objectif de garder l’inflation basse et bien ancrée, tout en conservant la souplesse nécessaire dans sa mise en œuvre pour soutenir la croissance économique et favoriser un marché du travail solide et stable.

Le gouvernement du Canada et la Banque du Canada ont convenu de renouveler la cible de maîtrise de l’inflation selon les termes suivants :

  • La cible d’inflation demeurera à 2 %, soit le point milieu de la fourchette de maîtrise de l’inflation de 1 à 3 %. Pour les besoins de cette cible, l’inflation correspond au taux de variation sur douze mois de l’indice des prix à la consommation.
  • La politique monétaire continuera d’être menée de façon symétrique, en accordant autant d’importance aux écarts au‑dessus qu’au‑dessous de la cible.
  • La Banque continuera de tirer parti de la souplesse qu’offre le cadre pour réagir aux chocs économiques, tout en gardant clairement comme objectif de ramener l’inflation à la cible au fil du temps.
  • L’entente portera sur une autre période de cinq ans, qui prendra fin le 31 décembre 2031.

Le gouvernement du Canada et la Banque du Canada restent déterminés à faire en sorte que la politique monétaire contribue au bien‑être économique et financier de la population canadienne. L’expérience des cinq dernières années a confirmé la solidité du régime de ciblage de l’inflation et l’importance d’un engagement clair et ferme envers la stabilité des prix. En renouvelant ce cadre, nous réaffirmons notre engagement commun à préserver la valeur de notre monnaie et à favoriser un avenir économique stable et résilient.

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