Inflation vs Inclusion: Stabilization Policy in the Wake of the Pandemic
Quand l’économie sort d’une crise, la politique macroéconomique se heurte à un dilemme : des mesures de relance prolongées peuvent favoriser une reprise plus inclusive du marché du travail, mais risquent de déclencher une inflation qui, à terme, nuit au bien-être des travailleurs en érodant leur revenu réel. Cette tension s’amplifie en présence de la borne du zéro des taux d’intérêt et de contraintes de capacité globale. Nous intégrons cette observation dans un modèle quantitatif de l’économie américaine. Nous étudions comment les politiques monétaire et budgétaire ont géré cet arbitrage entre inflation et inclusion après la pandémie, en comparant les résultats réels à des scénarios contrefactuels. Nos expériences aboutissent à cinq conclusions : i) l’arbitrage était particulièrement difficile car la politique américaine était prise en étau entre ces deux contraintes; ii) les pressions inflationnistes ont résulté du déploiement conjoint de mesures de relance monétaire et budgétaire prolongées aux États-Unis; l’une ou l’autre de ces politiques, prise isolément, aurait entraîné une dynamique des prix plus modérée; iii) une politique budgétaire inclusive ou une politique monétaire inclusive, prise isolément, aurait suffi à contenir l’hystérèse négative sur le marché du travail au bas de la distribution; iv) une politique budgétaire inclusive combinée à une banque centrale plus traditionnellement focalisée sur l’inflation aurait permis d’améliorer le bien-être de la grande majorité des ménages américains; v) les effets sur le bien-être reflètent surtout des corrections d’inefficiences liées à des marchés incomplets plutôt que des gains résultant de la stabilisation globale.