Le gouverneur Tiff Macklem explique comment les risques financiers pourraient se conjuguer aux déséquilibres des flux commerciaux et d’investissement pour affaiblir le système international. Il présente également les ajustements nécessaires pour préserver la stabilité de ce système.
Le gouverneur Macklem prononce un discours devant Paris Europlace et la Chambre de commerce France-Canada. Lisez le discours complet.
Les déséquilibres peuvent entraîner des crises
Dans un système commercial mondial ouvert, il est normal de voir de grandes différences dans les montants que certains pays dépensent et épargnent par rapport à d’autres.
Les déséquilibres commerciaux mondiaux sont généralement compensés par les flux de capitaux, c’est-à-dire les investissements qui entrent dans un pays et ceux qui en sortent. Il est normal que de grosses sommes d’argent circulent dans le système financier. Mais parfois, les écarts sont trop grands et restent trop longtemps orientés dans un seul sens. Ces déséquilibres mondiaux peuvent créer des pressions et des tensions, et ainsi nuire à la stabilité de l’économie mondiale.
Si rien n’est fait, ces déséquilibres peuvent entraîner une crise. C’est en partie ce qui s’est passé lors de la Grande Dépression dans les années 1930 et la crise financière mondiale de 2008-2009.
Le système est vulnérable aujourd’hui
Les déséquilibres mondiaux se sont atténués après la crise de 2008-2009, mais ils recommencent à s’accentuer.
Les États-Unis attirent beaucoup de capitaux étrangers, car la population américaine a tendance à dépenser plus qu’elle n’épargne. Une plus grande part de l’épargne chinoise et européenne se dirige donc vers les États-Unis.
Mais quand les flux sont trop déséquilibrés, cela peut accentuer les déséquilibres commerciaux et alimenter le protectionnisme, en plus de fausser les prix des actifs. Plus les déséquilibres persistent, plus les risques et les pressions peuvent s’accumuler.
Aujourd’hui, il est possible que le rôle dominant du dollar américain dans la finance mondiale prolonge les déséquilibres parce qu’il favorise l’afflux de capitaux vers les États-Unis.
De plus, la finance mondiale est maintenant plus rapide, plus complexe et plus interconnectée. Il y a aussi de nouveaux acteurs moins réglementés et de nouvelles technologies qui y jouent un rôle plus important. Tout cela pourrait fragiliser davantage le système.
Comment renforcer la résilience
Les déséquilibres mondiaux découlent de déséquilibres nationaux, par exemple la modeste épargne aux États-Unis, la basse consommation en Chine et les faibles investissements en Europe. Pour corriger la situation, il faut une intervention coordonnée.
Trois priorités s’imposent :
- préserver l’ouverture du commerce et de l’investissement
- créer des possibilités d’investissement plus attrayantes en dehors des États-Unis
- améliorer la transparence pour faciliter la détection et la gestion des risques pesant sur le système financier
Ensemble, ces mesures peuvent faciliter l’ajustement, renforcer la résilience et promouvoir une meilleure stabilité de l’économie mondiale.
La résilience est un choix. Il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions. Il faut agir et renforcer les systèmes pour qu’ils résistent aux tensions. »
Le gouverneur Macklem répond aux questions des médias après son discours.