Le groupe de travail sur les technologies quantiques des banques centrales du G7 annonce la parution de son rapport intitulé Preparing for Quantum Technologies: Key Considerations for Financial Sector Participants. Ce document constitue la première publication de ce groupe de travail.
Les technologies quantiques, qui relevaient initialement de la recherche scientifique, sont aujourd’hui considérées par les institutions financières comme à la fois une source d’opportunités et de risques. Elles pourraient avoir des implications significatives pour la sécurité, la résilience et le bon fonctionnement du système financier, tout en transformant potentiellement les capacités de traitement et d’exploitation de l’information.
Dans ce contexte, le rapport du groupe de travail vise à établir une base d’analyse commune sur les implications potentielles des technologies quantiques pour les activités des banques centrales et, plus largement, pour l’écosystème financier.
Il s’inscrit dans une démarche institutionnelle, analytique et non prescriptive : il ne formule pas de recommandations opérationnelles, mais propose un cadre structuré pour comprendre le paysage actuel, y compris les enjeux, les incertitudes et les principales questions associées à ces technologies.
L’attention portée aux technologies quantiques tient à leur impact potentiel sur les mécanismes de confiance qui sous-tendent le système financier, en particulier les systèmes cryptographiques utilisés pour sécuriser les échanges numériques, les paiements et les données financières.
Les avancées attendues en informatique quantique pourraient, à terme, remettre en cause certaines hypothèses de sécurité sur lesquelles reposent ces systèmes. Plus précisément, si le calendrier de conception d’un ordinateur quantique cryptographiquement pertinent demeure incertain, les répercussions possibles d’un tel appareil sont désormais bien identifiées. En particulier, le risque d’attaque rétroactive, selon lequel des données chiffrées collectées aujourd’hui pourraient être déchiffrées à l’avenir, souligne la nécessité de prendre en compte la confidentialité des données à long terme.
Cette combinaison de risques établis, d’une incertitude quant à leur horizon temporel et de potentielles implications systémiques justifie une approche proactive en matière de sécurisation des données, compte tenu des enjeux de stabilité financière et de résilience des infrastructures de marché. Dans des environnements fortement interconnectés, des niveaux de préparation inégaux pourraient en effet créer des vulnérabilités susceptibles d’affecter l’ensemble, soulignant l’importance d’une coordination efficiente des acteurs du système financier.
Le rapport souligne également que les technologies quantiques pourraient, à terme, créer de nouvelles opportunités en matière de traitement de l’information, en permettant d’aborder certains types de problèmes aujourd’hui difficiles ou très longs à traiter avec les approches de calcul classiques.
Ces perspectives concernent notamment des situations caractérisées par une forte complexité computationnelle ou par des volumes importants de données, avec des applications potentielles pour certains cas d’usage financiers, tels que la modélisation des risques, ainsi que pour les fonctions d’analyse et de recherche au sein des banques centrales.
À ce stade, la portée et l’horizon de ces opportunités demeurent incertains. Leur concrétisation dépendra des avancées technologiques et de leur capacité d’apporter une valeur ajoutée tangible dans des environnements opérationnels.
Dans ce contexte, le rapport met en avant un cadre partagé d’analyse afin d’éclairer les décisions futures, qui repose notamment sur :
- une coopération étroite entre banques centrales, autorités publiques et acteurs financiers
- le développement de cadres communs permettant d’évaluer de manière cohérente les risques, les opportunités et les arbitrages associés aux technologies quantiques
Le rapport s’appuie sur des travaux déjà engagés par les banques centrales du G7, y compris des activités de recherche, des expérimentations et des échanges avec les milieux académiques et technologiques. Il s’inscrit dans un processus de réflexion structuré et continu, appelé à évoluer en fonction des avancées scientifiques et technologiques ainsi que des besoins des politiques publiques.
« L’informatique quantique ne cesse de progresser, et il reste de moins en moins de temps pour s’y préparer, a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem. Ce rapport témoigne de nos efforts collectifs pour améliorer la compréhension des technologies quantiques et encourager les institutions à se préparer à leur adoption, afin que le système financier reste résilient, sûr et prêt pour l’avenir. »
Le rapport est accessible sur le site Web de la Banque de France.
À propos du groupe de travail sur les technologies quantiques
Créé en 2025, le groupe de travail réunit les banques centrales du G7 afin d’analyser les implications économiques, financières et institutionnelles des technologies quantiques et de contribuer à un dialogue informé entre acteurs publics, financiers et technologiques.
Le groupe de travail, co-présidé par la Banque de France et la Banque du Canada, réunit également la Banque centrale d’Allemagne, la Banque d’Angleterre, la Banque d’Italie, la Banque du Japon, le Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne.