Les perturbations de l’approvisionnement liées à la guerre se répercutent sur les prix à la consommation

Rapport sur la politique monétaire – Juillet 2026 – Point de mire

Le conflit au Moyen‑Orient a engendré des pressions directes et indirectes sur les coûts qui continuent de se faire sentir dans les chaînes d’approvisionnement. Ces pressions représentent un facteur important dans les perspectives d’inflation.

La guerre au Moyen‑Orient a perturbé la production de pétrole et le transport, ce qui a fait grimper fortement les prix de l’énergie et d’autres produits de base.

Dans le scénario de référence, au plus fort de leur impact, les prix plus élevés de l’essence ajoutent environ 1,4 point de pourcentage à l’inflation au deuxième trimestre de 2026. De plus, la Banque suppose que les entreprises répercuteront une partie des coûts engendrés plus tôt cette année par la guerre, au lieu de les absorber entièrement en comprimant leurs marges bénéficiaires. Ces pressions supplémentaires sur les coûts devraient avoir un impact maximal d’environ 0,4 point de pourcentage sur l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) au premier trimestre de 2027.

Les pressions sur les coûts en amont posent un défi aux entreprises

Les coûts en amont comprennent les matières premières, les composantes et les services dont les entreprises ont besoin pour produire des biens ou fournir des services. Quand ces coûts sont soumis à des pressions, il faut du temps pour que les effets se propagent dans toute la chaîne d’approvisionnement. Les pressions sur les coûts finissent par réduire les marges bénéficiaires et peuvent pousser les entreprises à augmenter leurs prix.

Deux facteurs déterminent la mesure dans laquelle ces pressions alimentent l’inflation :

  • la durée pendant laquelle elles demeurent élevées
  • l’ampleur de leurs répercussions sur les prix à la consommation

Aux États‑Unis, où les pressions sur les prix en amont et en aval peuvent être suivies de près, les prix en amont ont augmenté dans certains secteurs, mais les répercussions sur les prix à la consommation ont été jusqu’à présent limitées (graphique 22).


La durée des pressions sur les coûts influera sur l’inflation

La persistance des pressions sur les coûts en amont est importante pour les perspectives d’inflation. La Banque surveille divers indicateurs pour déterminer si les pressions sur les coûts sont susceptibles de perdurer. Les indicateurs font ressortir quatre canaux par lesquels la guerre pourrait influer sur les coûts en amont :

  • Engorgements dans les chaînes d’approvisionnement. Il faudra peut‑être du temps pour que le trafic dans le détroit d’Ormuz revienne aux niveaux d’avant‑guerre. Les volumes des principaux ports sont surveillés afin de déceler des signes d’atténuation des perturbations du transport. Les enquêtes menées par la Banque auprès des entreprises fournissent également des renseignements supplémentaires.
  • Frais de transport élevés. Les frais de transport pourraient demeurer supérieurs à leurs niveaux d’avant‑guerre jusqu’à ce que les routes maritimes de la région soient considérées comme sûres et fiables. Les données sur les principales routes maritimes, notamment celles empruntées par les conteneurs entre Shanghai et Los Angeles, permettent d’évaluer si les pressions exercées par les frais de transport se normalisent.
  • Pénuries d’approvisionnement à long terme. Même lorsque le transport sera revenu à la normale, la production de certains produits de base pourrait tarder à se rétablir en raison des dommages causés aux infrastructures par la guerre. Les indicateurs de prix de ces produits aident à déterminer si les contraintes d’approvisionnement continuent de maintenir les coûts élevés des intrants.
  • Pressions additionnelles exercées par la demande à court terme. Les stocks de produits de base touchés par la guerre ont diminué pendant le conflit, et leur reconstitution pourrait accentuer les pressions exercées par la demande à court terme. La Banque suit de près les stocks et les prix du pétrole et du gaz naturel.

À ce jour, plusieurs indicateurs font état de fortes pressions sur les coûts liées à la guerre (graphique 23). Par exemple :

  • À l’échelle mondiale, les délais de livraison des fournisseurs se sont allongés, du fait que certains biens importés sont devenus plus difficiles à obtenir et que les entreprises ont devancé certains achats d’intrants afin d’éviter de nouvelles hausses de coûts. Des résultats d’enquêtes montrent qu’au Canada, les entreprises sont plus nombreuses à faire état de problèmes liés aux chaînes d’approvisionnement. La plupart d’entre elles indiquent toutefois que leur capacité à répondre à la demande n’a pas été limitée.
  • Les frais de transport ont augmenté.
  • Les prix des produits de base comme le diesel, l’aluminium et le carburant d’aviation sont élevés.

L’ampleur de la répercussion des coûts sur les consommateurs peut varier

Les entreprises canadiennes sont confrontées à un choix difficile concernant la répercussion de leurs coûts.

Si les perturbations sont de courte durée, celles qui augmentent rapidement leurs prix risquent de perdre des parts de marché au profit de concurrentes qui choisissent de ne pas le faire. À l’inverse, si elles maintiennent leurs prix malgré des pressions persistantes sur les coûts, leurs marges bénéficiaires se rétréciront.

La faiblesse de la demande dans l’économie canadienne limite la capacité des entreprises à augmenter leurs prix.

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