Rapport sur la politique monétaire – Octobre 2026 – Économie canadienne
Les prix du pétrole et les marges des raffineries restent élevés, mais la projection suppose qu’ils vont baisser graduellement. Les échanges commerciaux entre le Canada et les États‑Unis demeurent en grande partie exempts de droits de douane. Mais la rupture des négociations entre les deux pays a déclenché une nouvelle vague tarifaire et accentué l’incertitude.
Hypothèses tarifaires
La projection est basée sur les droits de douane et les mesures commerciales connexes en place ou ayant fait l’objet d’une annonce officielle au 22 octobre 2026. Elle tient notamment compte des mesures prises à la suite de l’échec des pourparlers entre le Canada et les États‑Unis à la fin du mois d’août (tableau 1)1.
| Avant 2025 | Octobre 2025 | Janvier 2026 | Avril 2026 | Juillet 2026 | Octobre 2026 | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Taux des droits de douane américains imposés au Canada | 0,1 | 5,9 | 5,8 | 5,1 | 5,0 | 7,5 |
| Taux des droits de douane canadiens imposés aux États‑Unis* | 0,0 | 1,0 | 1,2 | 1,5 | 1,5 | 3,9 |
* Ces taux tiennent compte de l’incidence des remises de droits de douane canadiennes.
La Banque fait l’hypothèse que la plupart des exemptions pour les produits conformes à l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) resteront en vigueur là où elles s’appliquent durant la période de projection. Elle suppose aussi que les droits de douane américains et les contre-mesures canadiennes actuels demeureront inchangés.
Après la rupture des négociations, les États‑Unis ont invoqué l’article 338 de la loi douanière de 1930 pour imposer un droit de douane de 50 % sur divers produits canadiens, indépendamment de leur traitement dans le cadre de l’ACEUM. Sont notamment visés les machines et le matériel, le plastique, les meubles et les produits du bois et du papier.
Dans certains cas, le nouveau droit de 50 % s’ajoute aux droits existants. Les États‑Unis ont aussi annoncé des interdictions d’importation visant certains produits, notamment des boissons alcoolisées et des produits laitiers. Cela dit, le pétrole brut et d’autres produits énergétiques, la potasse et les minéraux critiques échappent toujours aux droits de douane, y compris celui nouvellement imposé.
Le Canada a répliqué avec de nouvelles contre‑mesures tarifaires sur quelque 28 milliards de dollars de produits américains. Elles visent surtout des intrants intermédiaires, comme l’acier et l’aluminium, et relativement peu de biens de consommation finaux.
Le taux moyen des droits de douane américains sur les importations canadiennes est maintenant estimé à 7,5 %, contre 5,0 % dans le Rapport de juillet. Malgré cette hausse, environ 80 % des exportations canadiennes de biens vers les États‑Unis demeurent exemptes de droits de douane. Du côté canadien, le taux moyen appliqué aux importations américaines a lui aussi augmenté, passant de 1,5 % dans le Rapport de juillet à 3,9 %.
Hypothèses concernant les prix du pétrole et des produits raffinés
- La Banque suppose que les prix du pétrole continueront d’évoluer conformément à la courbe des contrats à terme en date du 15 octobre 2026. Pour le Brent, elle postule que le baril avoisinera 100 $ US en moyenne au quatrième trimestre de 2026 puis diminuera graduellement. Il s’établira ensuite aux alentours de 75 $ US d’ici la fin de 2028, soit à peu près 5 $ US de plus que le prix postulé dans le Rapport de juillet. Quant aux prix du West Texas Intermediate et du Western Canadian Select, elle suppose qu’ils suivront une trajectoire similaire, se stabilisant à environ 70 et 55 $ US, respectivement, d’ici la fin de 2028.
- Les marges des raffineries devraient demeurer élevées jusqu’à la fin de 2026 (Point de mire : Marges des raffineries et croissance persistante des prix de l’énergie). Conformément aux attentes du marché, les marges des raffineries d’essence diminueront graduellement au cours de 2027.
Autres hypothèses
La projection repose également sur plusieurs hypothèses additionnelles.
- La Banque prend pour hypothèse que le dollar canadien se situera en moyenne à 71 cents américains durant la période de projection, ce qui est conforme aux prévisions du Rapport de juillet.
- On s’attend à ce que la croissance de la production potentielle au Canada descende à un peu moins de 1½ % en 2026, en raison d’un ralentissement de l’expansion démographique et des effets de la politique commerciale américaine. La croissance resterait à environ 1½ % en 2027 et monterait à près de 1¾ % en 2028. Cette remontée tient à une hausse des investissements, stimulés en partie par de nouveaux incitatifs, et à une adoption à plus grande échelle de l’intelligence artificielle. L’effet modérateur des droits de douane américains sur la productivité tendancielle devrait aussi diminuer au cours de la période de projection.
- La Banque suppose que le taux d’intérêt nominal neutre au Canada se situe au point milieu de sa fourchette estimée de 2,25 à 3,25 %.
- On postule que les effets de l’incertitude entourant les politiques commerciales sur le produit intérieur brut (PIB) s’atténueront lentement en 2027 et 2028. Cette incertitude devrait retrancher 0,4 % au niveau du PIB en 2027 et 0,2 % en 2028.
- La projection intègre la Mise à jour économique du printemps de 2026 du gouvernement fédéral ainsi que les budgets provinciaux et les nouvelles mesures budgétaires fédérales qui avaient été déposés au 19 octobre 2026. Elle tient notamment compte des effets attendus de la Mégadéduction à la productivité et des activités liées au Bureau des grands projets.
Notes
- 1. Pour en savoir plus sur le calcul des taux moyens des droits de douane, voir Banque du Canada, « Comment sont calculés les taux moyens des droits de douane », Rapport sur la politique monétaire (octobre 2025).[←]