Perspectives

Rapport sur la politique monétaire – Octobre 2026 – Économie canadienne

On s’attend à ce que l’inflation reste au-dessus de 3 % pendant la majeure partie de 2027. Elle devrait ensuite diminuer graduellement, car les pressions liées aux coûts de l’énergie et des importations prennent du temps à se répercuter sur les prix. La croissance devrait quant à elle se raffermir pour se chiffrer à 2 % en 2027 et 2028.

La croissance prévue est légèrement plus élevée que dans le Rapport de juillet. La croissance du produit intérieur brut (PIB) pour 2026 a été portée à 1 %. Cette révision à la hausse reflète la vigueur observée en milieu d’année, partiellement contrebalancée par une faiblesse au quatrième trimestre. La croissance devrait se raffermir pour s’établir en moyenne à 2 % en 2027 et 2028, soutenue par les investissements des entreprises, les dépenses publiques et les dépenses des ménages. Les exportations devraient continuer de progresser, malgré le poids des droits de douane américains dans les secteurs touchés.

L’inflation devrait rester supérieure à 3 % pendant la majeure partie de 2027, soit environ 1 point de pourcentage au-dessus de la prévision du Rapport de juillet. On prévoit que les coûts élevés de l’énergie et des importations se répercuteront sur un large éventail de prix. Cet effet ne sera contrebalancé qu’en partie par l’affaiblissement de la demande causé par les droits de douane américains et l’incertitude commerciale. L’inflation devrait revenir près de la cible de 2 % d’ici la mi-2028.

L’évolution des prix de l’énergie et de la politique commerciale américaine reste très incertaine, tout comme la façon dont les ménages et les entreprises y réagiront (Risques).

Perspectives économiques

La croissance du PIB a été révisée à la hausse, à 1 % en 2026, et devrait se raffermir pour passer à 2 % en 2027 et 2028 (graphique 13). Ce rebond sera soutenu par une hausse des investissements des entreprises et des dépenses publiques, ainsi que par la dissipation de l’effet modérateur exceptionnellement fort exercé par les stocks en 2026. La croissance de la consommation devrait demeurer stable. On s’attend à ce que les grandes composantes de dépenses affichent une croissance positive en 2027 et 2028. Les capacités excédentaires de l’économie devraient ainsi se résorber.


La hausse des investissements des entreprises – favorisée par les incitatifs fiscaux fédéraux comme la Mégadéduction à la productivité – et l’adoption accrue de l’intelligence artificielle (IA) devraient soutenir la productivité du travail et la production. Celle‑ci devrait toutefois être limitée par la faible expansion de la population active et l’incidence des droits de douane américains sur la croissance de la productivité.

La croissance de la consommation devrait être stable

La croissance de la consommation devrait se situer juste au‑dessus de 2¼ % en 2026 (graphique 14). La consommation par habitant a fortement augmenté, soutenue par les baisses passées des taux d’intérêt et l’accroissement du patrimoine financier1.

Par la suite, en 2027 et 2028, la croissance de la consommation devrait s’établir en moyenne à 2 %. Les taux d’intérêt à long terme plus élevés feront augmenter les coûts d’emprunt et pèseront sur la consommation, ce qui sera partiellement contrebalancé par les gains de revenus découlant des améliorations passées des termes de l’échange du Canada.


L’investissement résidentiel devrait demeurer faible

L’investissement résidentiel devrait augmenter d’un peu moins de 1 % en moyenne en 2027 et 2028. Les contraintes d’abordabilité, la faible croissance démographique et la hausse des coûts d’emprunt viendront peser sur la demande. Les coûts plus élevés de l’énergie et des intrants importés devraient pour leur part rendre la construction plus coûteuse et donc, la limiter.

Les investissements des entreprises devraient s’accélérer

Les investissements des entreprises devraient croître d’environ 4 % en moyenne en 2027 et 2028 (graphique 15). Ils seront stimulés par la Mégadéduction à la productivité, qui réduit considérablement le coût du capital pour les entreprises. Il reste à voir dans quelle mesure et quel délai les entreprises mettront à profit ce nouvel incitatif.

Les investissements dans le secteur de l’énergie, l’adoption accrue de l’IA, la mise en œuvre progressive de projets appuyés par le Bureau des grands projets et la diminution des effets de l’incertitude entourant les politiques commerciales devraient également avoir un effet stimulant.


Les dépenses publiques devraient soutenir la croissance

Le taux d’augmentation des dépenses publiques devrait se situer autour de 2½ % en moyenne en 2027 et 2028. Cette prévision tient à l’augmentation des dépenses provinciales et fédérales dans des domaines tels que la santé, l’éducation, les infrastructures et la défense.

La croissance des exportations devrait être modeste

On prévoit que la croissance des exportations diminuera pour atteindre un rythme avoisinant 1¼ % en 2027, les droits de douane américains freinant les exportations hors produits de base. Elle devrait ensuite se redresser en 2028, à mesure que l’effet modérateur des droits de douane américains s’atténuera (graphique 16).

Les exportations hors énergie devraient être soutenues par la forte demande en provenance des États‑Unis. Quant aux exportations d’énergie, elles devraient augmenter au cours de la période de projection avec la mise en service de capacités pipelinières supplémentaires2. Cependant, en raison des nouveaux droits de douane américains, la trajectoire des exportations devrait rester inférieure à celle postulée dans le Rapport de juillet.


La croissance des importations devrait ralentir

La croissance des importations devrait ralentir, passant d’à peu près 3 % en 2026 aux environs de 2 % en 2027 et 2028, en phase avec l’atténuation de la vigueur de la demande intérieure connue au deuxième trimestre de 2026. La hausse des prix à l’étranger, les contre‑mesures tarifaires canadiennes et la dépréciation passée du dollar canadien devraient également rendre les importations plus chères, freinant davantage la demande.

Perspectives d’inflation

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) devrait rester supérieure à 3 % jusqu’à la fin du troisième trimestre de 2027, soit environ 1 point de pourcentage au-dessus de la prévision du Rapport de juillet.

L’inflation devrait augmenter jusqu’au premier trimestre de 2027, en raison des pressions sur les coûts venant des prix élevés de l’énergie et des importations hors énergie qui se répercutent sur les prix à la consommation et des capacités excédentaires qui diminuent en parallèle. Ces pressions devraient continuer de se propager à l’échelle de l’économie, poussant l’inflation hors énergie à la hausse et maintenant l’inflation mesurée par l’IPC à un niveau élevé en 2027. Celle‑ci devrait ensuite diminuer graduellement pour s’établir près de 2 % d’ici la mi‑2028.

Les pressions sur les coûts devraient alimenter l’inflation

Le graphique 17 présente différents coûts assumés par les entreprises et leur contribution à l’inflation mesurée par l’IPC3. Les chocs, comme une hausse marquée des prix du pétrole, agissent généralement sur l’inflation par plusieurs canaux de transmission des coûts. Par exemple, une hausse des prix de l’énergie se verra surtout dans les coûts de l’énergie, mais aura également une incidence importante sur les coûts des biens non énergétiques importés en se propageant dans les chaînes d’approvisionnement.


Dans la projection, les pressions à la hausse sur l’inflation tiennent principalement aux prix plus élevés du pétrole dus à la réduction de l’offre mondiale d’énergie et à d’autres facteurs qui alourdissent les coûts des entreprises.

  • Les coûts de l’énergie devraient créer des pressions à la hausse sur l’inflation jusqu’au début de 2027. En effet, il est prévu que le taux d’augmentation des prix de l’énergie devienne négatif à la fin de 2027. Les hausses passées des prix de l’énergie devraient toutefois continuer de pousser d’autres prix à la hausse, le temps que les coûts élevés de transport et de production fassent leur chemin dans les chaînes d’approvisionnement.
  • Les coûts des importations de biens non énergétiques devraient demeurer une source de pressions tout au long de 2027, reflétant les prix élevés des intrants industriels sensibles aux prix du pétrole, ainsi que les contre-mesures tarifaires canadiennes et la dépréciation passée du dollar canadien.

Les entreprises ont d’abord absorbé la majeure partie de ces hausses de coûts, mais on s’attend à ce qu’elles en fassent assumer une portion grandissante à leur clientèle au cours des 12 prochains mois, à mesure que les capacités excédentaires se résorberont. Cette prévision concorde avec les indications fournies par les entreprises dans les enquêtes de la Banque (Conjoncture, graphique 9, figure a). Cette augmentation graduelle de la part des hausses de coûts répercutée sur les prix devrait contribuer à maintenir l’inflation à un niveau élevé tout au long de 2027.

Les coûts de main-d’œuvre devraient rester en phase avec la productivité, signe d’un marché du travail proche de l’équilibre sur l’horizon de projection, sans entraîner de pressions à la hausse importantes sur l’inflation.

Les coûts élevés devraient se répercuter différemment sur les principales composantes de l’IPC

Puisque les pressions sur les coûts ne se répercutent pas de façon égale sur toutes les composantes de l’IPC, il est également utile d’examiner l’évolution de chaque composante. Le graphique 18 montre la contribution des cinq principales composantes (alimentation, énergie, biens hors aliments et énergie, logement et services hors logement) à l’inflation sur un an.


La croissance des prix de l’énergie devrait être initialement forte, puis ralentir

Selon la projection, la croissance des prix de l’énergie restera forte jusqu’au début de 2027, les prix du pétrole brut et les marges des raffineries demeurant élevés. La suspension de la taxe d’accise fédérale sur le carburant atténuera en partie l’effet des prix élevés du carburant jusqu’à ce qu’elle prenne fin en avril 2027.

Les prix du carburant devraient baisser en phase avec la réduction graduelle des prix du pétrole et des marges des raffineries. On prévoit que la croissance des prix de l’énergie ralentira, et passera en territoire négatif à la fin de 2027.

La croissance des prix des aliments devrait augmenter au début de 2027

La croissance des prix des aliments devrait augmenter en 2027, à mesure que les coûts élevés de l’énergie et des importations se propageront dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire. La réduction de l’approvisionnement mondial en céréales, due à la détérioration des perspectives de récolte dans plusieurs pays, devrait aussi accentuer les pressions sur les coûts.

La croissance des prix des biens devrait s’accentuer, puis ralentir graduellement

La croissance des prix des biens hors aliments et énergie devrait culminer dans la deuxième moitié de 2027, quand les hausses antérieures des coûts de l’énergie et des importations se seront propagées dans les chaînes d’approvisionnement. On prévoit que les coûts énergétiques plus élevés feront monter les coûts de production et de transport. De plus, les coûts plus élevés des intrants non énergétiques, les contre-mesures tarifaires canadiennes et la dépréciation passée du dollar canadien devraient faire monter les prix à l’importation.

Une fois que les effets des hausses de coûts passées se répercuteront sur les prix à la consommation et que certaines pressions sur les coûts s’atténueront, la croissance des prix des biens devrait s’affaiblir graduellement (Point de mire : Utiliser Prima pour suivre les effets d’un choc énergétique sur l’inflation).

La croissance des prix des services hors logement devrait demeurer élevée

On s’attend à ce que la croissance des prix des services hors logement demeure élevée tout au long de 2027, puis qu’elle ralentisse graduellement. Les coûts énergétiques plus élevés devraient continuer d’exercer des pressions à la hausse sur les prix du transport et des services liés aux voyages. Combinés aux coûts plus élevés des importations, ils devraient aussi accroître le coût des biens et services intermédiaires utilisés pour fournir des services finaux. On prévoit que ces hausses de coûts se répercuteront lentement sur les prix des services à la consommation.

La croissance des prix des services liés au logement devrait se renforcer

La croissance des prix des services liés au logement devrait passer d’à peine plus de 1 % à la fin de 2026 à environ 2 % en 2027, puis se maintenir près de ce niveau en 2028. Les coûts plus élevés de l’énergie et des importations devraient accroître les coûts de construction et d’entretien des logements en faisant monter les prix des matériaux et de l’équipement. La hausse des coûts d’emprunt devrait également accentuer les pressions sur les dépenses liées au logement, mais le ralentissement de la hausse des loyers devrait partiellement contrebalancer cet effet en 2027.

  1. 1. La consommation a aussi été favorisée par des politiques gouvernementales telles que le versement supplémentaire unique du crédit pour la TPS/TVH en anticipation de l’entrée en vigueur de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels.[←]
  2. 2. Selon les prévisions, l’expansion des pipelines du réseau principal d’Enbridge et du pipeline Trans Mountain augmentera la capacité d’exportation d’environ 250 000 barils par jour au total en 2027.[←]
  3. 3. Dans le graphique 17, la contribution de la catégorie Résidu en 2026 provient surtout du taux d’inflation trimestriel plus faible qu’anticipé au deuxième trimestre. Cette faiblesse transparaît dans les trimestres qui suivent étant donné que le graphique présente les données par rapport à l’année précédente.[←]

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