Économie mondiale

Rapport sur la politique monétaire – Octobre 2026

La réduction de l’offre de pétrole provenant du Moyen‑Orient et les tensions sur la capacité de raffinage font monter l’inflation dans le monde. Les prix plus élevés de l’énergie pèsent sur l’activité économique. La croissance mondiale demeure résiliente, portée par la vigueur des investissements liés à l’intelligence artificielle.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial devrait se raffermir dans la deuxième moitié de 2026, puis se stabiliser autour de 3 % jusqu’à la fin de 2028. Les investissements liés à l’intelligence artificielle (IA) continuent de soutenir l’activité économique aux États‑Unis et dans certaines régions d’Asie. Les coûts élevés de l’énergie pèsent sur la croissance dans la zone euro et dans d’autres économies importatrices d’énergie.

L’inflation demeure supérieure à la cible dans de nombreuses économies, principalement en raison des coûts élevés de l’énergie (graphique 19). La forte demande de produits liés à l’IA accentue également les pressions inflationnistes. La persistance de l’inflation a amené certaines banques centrales à relever leurs taux directeurs.


États-Unis

La croissance économique aux États‑Unis devrait rester solide, soutenue par la vigueur de la demande intérieure privée. L’inflation demeure élevée en raison des prix élevés de l’énergie et de la forte demande liée à l’IA.

L’activité économique reste vigoureuse

On s’attend à ce que la croissance du PIB s’établisse à environ 3 % en moyenne dans la deuxième moitié de 2026, portée par la vigueur persistante des dépenses de consommation et des investissements liés à l’IA. La vigueur de la consommation demeure inégale entre les ménages (graphique 20). Les ménages à faible revenu sont touchés de façon disproportionnée par les prix élevés de l’essence, tandis que ceux à revenu élevé continuent de profiter des gains antérieurs sur les marchés boursiers.


Le marché du travail américain devrait rester équilibré, avec des gains d’emploi modérés et un taux de chômage qui se maintient juste au-dessus de 4 %.

Le PIB devrait croître de 2½ % en 2027 et en 2028, soutenu par les dépenses de consommation et les investissements des entreprises (graphique 21). La solide progression des revenus stimule les dépenses des ménages, et la forte croissance de la productivité contribue à maintenir la hausse des salaires réels. En même temps, les dépenses sensibles aux variations de taux d’intérêt sont freinées par les taux plus élevés, ce qui contrebalance en partie la vigueur de la demande.


L’inflation devrait rester élevée en 2026

Aux États‑Unis, l’inflation mesurée par l’indice de prix relatif aux dépenses de consommation des ménages (indice PCE) est demeurée élevée et devrait passer de 3,4 % en août à environ 3,7 % vers la fin de 2026, principalement en raison de la hausse des prix de l’énergie1.

L’inflation fondamentale reste élevée, à environ 3 %. Les pressions récentes viennent de la forte augmentation des prix des services de transport et des effets des hausses tarifaires passées. Jusqu’à présent, la flambée des prix de l’énergie s’est relativement peu répercutée sur les autres prix à la consommation. Mais les pressions inflationnistes devraient s’accentuer à mesure que les coûts élevés de l’énergie se propageront dans les chaînes d’approvisionnement.

De plus, la forte demande liée à l’IA fait monter les coûts et accentue les pressions inflationnistes dans l’ensemble de l’économie. Elle fait notamment augmenter les prix de certains produits technologiques.

En réponse à ces pressions inflationnistes, la Réserve fédérale américaine a relevé les taux d’intérêt de 25 points de base en septembre.

L’inflation devrait se modérer au cours de la période de projection, à mesure que les effets des coûts élevés de l’énergie et des hausses tarifaires s’estomperont. Les taux d’intérêt plus élevés pèsent également sur les dépenses des ménages et sur l’inflation. Les rendements obligataires à long terme ont augmenté, et les marchés financiers s’attendent à au moins deux autres hausses de taux d’ici la fin de 2027 (Point de mire : Les facteurs derrière la hausse des rendements des obligations d’État à long terme).

Zone euro

Les prix élevés de l’énergie ont fait monter l’inflation à 3,8 % dans la zone euro en septembre. L’inflation fondamentale a légèrement augmenté pour s’établir à 2,5 %. Cette hausse s’explique en partie par la transmission des coûts élevés de l’énergie aux prix dans des secteurs comme le transport, les services de livraison et le tourisme.

La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 50 points de base depuis juin. Cette décision reflète les craintes que le choc énergétique persiste et maintienne l’inflation au‑dessus de la cible pendant une période prolongée.

La croissance du PIB a été résiliente et généralisée au deuxième trimestre de 2026 (graphique 22). La croissance devrait demeurer solide en 2027 et en 2028, l’effet modérateur des prix élevés de l’énergie s’atténuant et les dépenses publiques en défense et en infrastructure soutenant la demande intérieure. À mesure que les coûts élevés de l’énergie se répercuteront graduellement sur d’autres biens et services, l’inflation globale devrait rester élevée avant de diminuer plus tard dans la période de projection.


Chine

En Chine, la croissance a rebondi au troisième trimestre de 2026, grâce à la vigueur des exportations et à la reprise des dépenses publiques. Cependant, la progression de la demande des consommateurs reste modeste (graphique 23).

Au cours de la période de projection, la croissance devrait s’établir en moyenne à 4¼ %. La politique budgétaire et la vigueur des exportations de technologies vertes et liées à l’IA devraient continuer de soutenir l’activité. Parallèlement, l’effet modérateur du secteur immobilier devrait s’atténuer graduellement.

Les prix plus élevés de l’énergie ont fait monter l’inflation ces derniers mois. La demande intérieure modérée devrait toutefois limiter la croissance des prix à la consommation au cours de la période de projection.


  1. 1. À la suite de révisions des données historiques, l’inflation mesurée par l’indice PCE aux États‑Unis en mai s’établit maintenant à 3,8 %, contre 4,1 % au moment de la parution du Rapport de juillet. Ces révisions tiennent principalement à des changements dans les méthodes et les sources de données touchant les prix des services financiers et des produits informatiques.[←]

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