L’assouplissement quantitatif expliqué

L’assouplissement quantitatif est un outil qui encourage les dépenses et les investissements. En stabilisant l’économie, il nous aide à atteindre la cible d’inflation.

Une approche différente pour atteindre la cible d’inflation

À la Banque du Canada, nous ajustons le taux directeur pour influencer la croissance économique et l’inflation. Si nous voyons qu’il faut stimuler l’économie pour atteindre la cible d’inflation, nous pouvons abaisser ce taux de façon à favoriser l’emprunt et les dépenses. Ce genre d’ajustement a un impact direct sur les taux d’intérêt à court terme et un effet plus tardif sur les taux à plus long terme qui comptent pour vous, comme ceux des prêts hypothécaires et des marges de crédit.

Mais quand le taux directeur est déjà très bas, d’autres outils de politique monétaire peuvent être nécessaires pour soutenir l’économie et atteindre la cible d’inflation.

L’assouplissement quantitatif en est un exemple. Il est différent de nos outils habituels parce qu’il nous permet d’influencer plus directement les taux d’intérêt à plus long terme offerts aux consommateurs et aux entreprises. Il vise toutefois le même résultat.

Durant la pandémie de COVID-19, la Banque du Canada a effectué des achats massifs d’obligations du gouvernement. Apprenez-en plus sur le programme d’assouplissement quantitatif et son rôle dans la reprise économique.

L’effet sur l’inflation

Nos mesures de politique monétaire sont toujours axées sur l’atteinte de la cible d’inflation. Nous utilisons l’assouplissement quantitatif quand il faut contrer le risque de déflation, c’est-à-dire le risque d’une dangereuse chute des prix qui nuirait à tout le monde. Cet outil contribue à stabiliser l’économie en facilitant l’accès au crédit pour les particuliers et en aidant les entreprises à rester en affaires, à investir et à créer des emplois.

Quand une banque centrale a recours à l’assouplissement quantitatif, elle achète des obligations du gouvernement pour en faire monter le prix et baisser le rendement, soit les intérêts que touchent les détenteurs.

Le rendement de ces obligations a beaucoup d’influence sur les taux d’emprunt : plus il est bas, plus les prêts sont abordables. Bref, l’assouplissement quantitatif encourage les ménages et les entreprises à emprunter, à dépenser et à investir. Par exemple :

  • Quand nous achetons des obligations du gouvernement à cinq ans, leur rendement diminue. Résultat : les prêts hypothécaires à taux fixe de cinq ans baissent aussi, ce qui rend l’achat d’une maison plus accessible.
  • Nos achats d’obligations du gouvernement à échéance de dix ans ou plus ont le même effet à la baisse. Les entreprises profitent alors de meilleurs taux pour faire des investissements de développement à long terme.

De plus, l’assouplissement quantitatif envoie le signal que nous avons l’intention de garder le taux directeur à un niveau bas pendant une longue période, tant que l’inflation va rester sous contrôle. En donnant plus de certitude que le taux directeur va rester bas, l’assouplissement quantitatif contribue à réduire les coûts d’emprunt à long terme pour les entreprises et les ménages.

En bref, l’assouplissement quantitatif nous aide à atteindre la cible d’inflation de 2 %.

Comment payons-nous les obligations?

L’assouplissement quantitatif, ce n’est pas comme imprimer de l’argent. Quand les banques centrales ont recours à cet outil, elles utilisent des soldes de règlement – et non pas des billets de banque – pour payer leurs achats d’obligations.

Les soldes de règlement (ou réserves) sont une forme particulière de monnaie créée par les banques centrales. Ils font partie intégrante de leurs opérations. Les institutions financières les utilisent pour régler des paiements entre elles. Nous leur versons des intérêts sur ces montants, comme elles le font sur l’argent déposé par leurs clients.

Seules les banques centrales ont ce privilège de créer des soldes de règlement. Et nous l’utilisons avec prudence pour remplir notre mandat, qui est de favoriser la prospérité économique et financière du Canada.

Il est important que les banques centrales soient indépendantes du gouvernement. Autrement dit, le pouvoir de créer de la monnaie et celui de la dépenser doivent rester séparés.

Renseignez-vous sur le bilan de la Banque du Canada.

Où achetons-nous les obligations?

Dans le cours normal de nos activités, nous achetons des obligations directement du gouvernement pour nous aider à contrebalancer la valeur des billets de banque en circulation inscrite à notre bilan. Mais quand nous avons recours à l’assouplissement quantitatif, nos achats se font uniquement sur le marché secondaire. Ça veut dire que nous achetons des obligations qui ont déjà été vendues par le gouvernement à des institutions financières.

Voici comment ça fonctionne :

  1. Nous offrons d’acheter des obligations auprès des institutions financières prêtes à nous les vendre au meilleur prix. C’est ce qu’on appelle une adjudication à l’envers, parce que nous proposons d’acheter, et non pas de vendre, les obligations.
  2. Pour les payer, nous créons des soldes de règlement, que nous déposons dans les comptes que les institutions financières détiennent à la Banque du Canada.

Quand l’économie se sera suffisamment remise de la pandémie, nous n’aurons plus besoin de garder ces obligations. Nous pourrons alors mettre fin au programme d’assouplissement quantitatif de différentes façons. Une option serait de revendre les obligations aux institutions financières et d’en déduire le prix de leurs soldes de règlement. Une autre serait de garder les obligations jusqu’à leur échéance, puis d’utiliser l’argent obtenu pour acquitter les soldes de règlement que nous avions versés aux institutions financières lors de l’achat. Notre choix va dépendre des perspectives d’évolution de l’inflation.

Paul Beaudry, sous-gouverneur à la Banque du Canada, explique comment l’assouplissement quantitatif nous aide à maintenir l’offre et la demande en équilibre, et l’inflation à la cible.