Rapport sur la politique monétaire – Déclaration préliminaire à la conférence de presse
Bonjour. Je suis ravi d’être ici avec la première sous-gouverneure Carolyn Rogers pour parler du Rapport sur la politique monétaire trimestriel de la Banque et de notre décision de politique monétaire.
Aujourd’hui, le Conseil de direction a maintenu le taux directeur à 2,25 %
Nous avons trois messages clés.
Premièrement, après un an sans progresser, la croissance économique semble avoir repris au Canada. Même si la politique commerciale américaine reste un vent contraire, les consommateurs sont résilients et les entreprises s’adaptent.
Deuxièmement, l’inflation au Canada devrait commencer à diminuer graduellement, à condition que les prix mondiaux du pétrole redescendent de leurs niveaux élevés.
Troisièmement, l’incertitude reste élevée. Les tensions ont remonté au Moyen-Orient ces derniers jours, et les négociations commerciales avec les États-Unis se poursuivent.
Laissez-moi vous en dire plus sur les perspectives, les risques et les implications pour la politique monétaire.
La croissance mondiale a été affaiblie par le conflit au Moyen-Orient, mais devrait se redresser vu la diminution partielle des prix du pétrole. Les marchés boursiers ont été dynamiques, et les écarts de crédit restent comprimés.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) au Canada a fait du surplace au cours de la dernière année, l’économie s’ajustant aux nouveaux droits de douane, à l’incertitude élevée et à la croissance démographique plus lente. Le pays est encore en situation d’offre excédentaire. Le marché de l’emploi a été faible, le taux de chômage oscillant entre 6½ et 7 %.
On estime que la croissance du PIB a monté à 2½ % au deuxième trimestre. Même si ce rebond par rapport au premier trimestre découle surtout de la dissipation de facteurs temporaires, les moteurs de croissance économique semblent se diversifier.
Selon de récents indicateurs, les dépenses de consommation devraient rester solides. L’activité sur le marché du logement, qui a été faible, semble se stabiliser. La croissance des exportations a repris et devrait continuer de se raffermir, en restant toutefois sur une trajectoire plus basse. Les investissements des entreprises progressent, stimulés à court terme par l’activité dans le secteur pétrolier et gazier. Même si l’Accord Canada–États-Unis–Mexique est désormais sujet à une révision annuelle, davantage d’entreprises disent trouver des moyens de composer avec l’incertitude. Les dépenses publiques devraient également contribuer à une plus forte activité économique sur la période de projection.
Dans l’ensemble, nos perspectives de croissance sont semblables à celles publiées en avril, sauf que les données reçues depuis nous rassurent que l’économie arrive bel et bien à traverser cette période de bouleversements mondiaux.
On prévoit que la croissance du PIB sera de 0,7 % en 2026, puis de 1,8 % en 2027 et 2028. Les capacités excédentaires se résorberont graduellement au fil de la reprise.
L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a de nouveau augmenté, atteignant 3,2 % en mai, en raison surtout de la hausse des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient. Abstraction faite des prix de l’essence, elle s’est chiffrée à 2,2 %. Les mesures de l’inflation fondamentale sont pour leur part restées près de 2 %. Jusqu’à présent, nous ne constatons pas de répercussions générales des prix plus élevés de l’énergie. Les attentes d’inflation à court terme sont sensibles aux fluctuations des prix de l’essence, mais celles à plus long terme demeurent bien ancrées. Les pressions sur les coûts liées à la guerre continuent de se répercuter sur certains prix à la consommation, mais elles sont contrebalancées par les pressions à la baisse que les capacités excédentaires persistantes exercent sur d’autres prix. Notons aussi que la récente dépréciation du dollar canadien rendra nos exportations plus concurrentielles, mais nos importations plus coûteuses.
On s’attend à ce que l’inflation reste élevée en juin, puis à ce qu’elle ralentisse dans les mois suivants et retourne à la cible de 2 % au début de 2027. Cette prévision dépend grandement de la trajectoire des prix du pétrole et de l’essence, et repose sur l’hypothèse que les prix du pétrole vont baisser et se stabiliser entre 70 et 75 $ US le baril. Depuis que nous avons finalisé notre projection vendredi dernier, la courbe des prix à terme du pétrole s’est déplacée vers le haut.
Jusqu’ici, nous avons fait abstraction des effets directs des prix plus élevés du pétrole sur l’inflation, mais plus ils resteront élevés longtemps, plus ils risqueront de se répercuter sur les prix d’autres biens et services. Comme nous l’avons dit dans le passé : nous ne laisserons pas les prix plus élevés du pétrole se transformer en inflation persistante.
Les deux principaux risques entourant la projection demeurent le conflit au Moyen-Orient et la relation commerciale du Canada avec les États-Unis. Des risques intérieurs pèsent également sur les perspectives d’inflation.
En redescendant vers la cible, l’inflation pourrait rester coincée au-dessus de 2 %. Si les hausses de coûts et leurs répercussions sont plus importantes qu’anticipé ou si la reprise est plus rapide que prévu, les pressions inflationnistes vont se renforcer. Il y a aussi le risque que le regain de croissance du deuxième trimestre ne dure pas. La reprise des exportations pourrait stagner, ce qui pèserait vraisemblablement sur les investissements des entreprises et l’embauche. Une économie plus faible se traduirait par une augmentation des pressions à la baisse sur l’inflation.
S’appuyant sur la projection du rapport d’aujourd’hui, le Conseil de direction juge que le niveau actuel du taux directeur demeure approprié pour soutenir la reprise économique et ramener l’inflation à la cible de 2 %. Mais l’incertitude reste élevée. Le Conseil de direction va continuer d’évaluer la vigueur de l’économie canadienne et les perspectives d’inflation, et se tient prêt à ajuster la politique monétaire selon les besoins. La Banque s’engage à préserver la confiance des Canadiennes et Canadiens dans la stabilité des prix pendant cette période de bouleversements mondiaux.
Sur ce, la première sous-gouverneure et moi répondrons avec plaisir à vos questions.