Ce qui se passe une fois que le Conseil de direction a établi la cible du taux directeur

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Que se passe-t-il une fois que le Conseil de direction de la Banque du Canada a établi la cible du taux directeur? L’établissement de ce taux d’intérêt cible est l’aspect le plus visible de la politique monétaire, mais ce n’est que la première étape de la transmission de la décision de taux à l’économie canadienne. Le présent document explique comment la Banque utilise son cadre de conduite de la politique monétaire pour veiller à ce que la décision relative au taux directeur se reflète sur les marchés financiers par un maintien des taux d’intérêt à court terme près de la cible.

Le contrôle des taux d’intérêt est tributaire de la structure du marché canadien du financement à un jour. Pour évaluer l’efficacité du contrôle des taux d’intérêt, la Banque se fonde principalement sur le taux des opérations de pension à un jour (taux CORRA), qui est basé sur des opérations garanties. Par conséquent, la conduite de la politique monétaire dépend non seulement de l’offre de réserves (ou soldes de règlement) de la banque centrale, mais aussi des conditions du marché des pensions sur lequel le taux CORRA est déterminé. Des déséquilibres sur le marché des pensions peuvent faire diverger le taux CORRA du taux directeur cible, même quand le niveau global des réserves se situe dans la fourchette estimée de la demande en régime permanent. C’est pourquoi la Banque utilise des outils ciblés pour intervenir lorsque des pressions menacent l’efficacité du contrôle des taux, tout en permettant certains écarts par rapport à la cible de manière à préserver les signaux utiles du marché et à inciter les participants au marché à gérer leurs propres liquidités et à négocier entre eux.

La conception et l’utilisation de ces outils reflètent les principaux éléments que le cadre de politique monétaire doit mettre en balance : le contrôle des taux d’intérêt, la préservation des incitations pour le marché et le maintien par la Banque d’un bilan qui n’est pas plus élevé que nécessaire. Les outils et les mécanismes permanents de la Banque lui permettent d’avoir des réserves justes suffisantes – assez de liquidités pour assurer l’efficacité du règlement des paiements, du fonctionnement des marchés et de la conduite de la politique monétaire – sans qu’elle ait à en fournir plus que nécessaire. Lorsque les pressions du marché justifient une intervention, la Banque réalise des opérations ciblées et discrétionnaires plutôt que d’accroître l’offre de réserves.

La Banque a perfectionné ses outils en fonction de l’évolution des conditions du marché ces dernières années. Elle a par exemple instauré des opérations de prise en pension à deux semaines et accru leur utilisation, et a ajusté le taux de rémunération des dépôts en janvier 2025. Ces changements montrent comment elle peut adapter ses outils pour maintenir un contrôle efficace des taux d’intérêt tout en préservant les incitations pour le marché.

DOI : https://doi.org/10.34989/sap-2026-45