Rapport sur la stabilité financière – 2026
Les grandes banques canadiennes sont devenues plus résilientes. Elles demeurent en bonne posture pour soutenir l’économie et le système financier, même si les conditions venaient à se détériorer.
Dans l’ensemble, les grandes banques canadiennes demeurent en bonne santé financière. Depuis le Rapport précédent, le contexte économique s’est détérioré, dans un climat marqué par des tensions commerciales persistantes et des conflits géopolitiques croissants.
Pour les banques, ces développements pourraient à terme se traduire par des pertes sur créances plus élevées ou rendre le financement auprès des investisseurs plus difficile et coûteux. Par conséquent, elles ont mis de côté des fonds supplémentaires pour couvrir les pertes sur prêts potentielles. Ces fonds, combinés aux solides bénéfices et aux niveaux élevés de fonds propres des banques, ont placé ces dernières en bonne position pour absorber les chocs.
Même dans un scénario de test de résistance où une escalade de la guerre au Moyen-Orient entraînerait une période prolongée de prix élevés du pétrole et de vives tensions sur le système financier, les grandes banques canadiennes devraient demeurer résilientes et capables de soutenir l’économie pendant le ralentissement (Point de mire : Comment une correction des marchés financiers pourrait aggraver les effets d’un choc pétrolier).
Santé financière du secteur bancaire
Une amélioration de la rentabilité et un bon accès au financement renforcent la résilience
La santé financière des grandes banques canadiennes s’est améliorée au cours des 12 derniers mois. Leur rentabilité a augmenté, soutenue par des revenus plus élevés tirés des activités sur les marchés de capitaux. La détérioration de la qualité du crédit observé dans le Rapport précédent s’est stabilisée, surtout en ce qui concerne le crédit aux entreprises.
Les banques ont continué à bénéficier d’écarts de taux de financement étroits et du fort appétit des investisseurs pour leurs titres de créance. De ce fait, elles ont conservé un bon accès au financement malgré les tensions temporaires sur les marchés qui ont suivi le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient (graphique 12). Alors que les conditions des marchés se stabilisaient, les banques canadiennes ont été parmi les premières à émettre de nouveau des obligations, ce qui témoigne de la confiance soutenue des investisseurs mondiaux.
Les grandes banques canadiennes ont pris des mesures pour se protéger contre d’éventuels chocs
Les grandes banques canadiennes demeurent en bonne posture pour résister aux chocs économiques et continuer à fournir du crédit à l’ensemble de l’économie. Elles ont mis de côté des fonds supplémentaires pour couvrir d’éventuelles pertes sur prêts, compte tenu des risques accrus que font peser sur l’économie canadienne les droits de douane et l’incertitude liée aux politiques commerciales des États-Unis. L’encours accumulé des provisions pour pertes sur prêts en proportion de l’ensemble du crédit est maintenant environ 30 % plus élevé qu’il y a trois ans (graphique 13).
Ces provisions servent à absorber les pertes sur créances anticipées, et les banques auraient recours à leurs fonds propres si les pertes s’avéraient supérieures aux attentes. Les grandes banques continuent de maintenir des niveaux élevés de fonds propres. Leur ratio de fonds propres de catégorie 1 sous forme d’actions ordinaires s’est établi en moyenne à 13,7 % au premier trimestre de 2026, soit environ 2 points de pourcentage de plus qu’avant la pandémie et bien au-dessus des minimums réglementaires1.
Risques pesant sur le secteur bancaire
Des perturbations des marchés du financement pourraient limiter la capacité des banques à soutenir les marchés de capitaux
Les grandes banques canadiennes dépendent non seulement des dépôts, mais aussi du financement sur les marchés de gros. Elles sont donc sensibles aux variations des conditions de financement mondiales. Un choc géopolitique supplémentaire pourrait perturber ces marchés, ce qui ferait monter les coûts d’emprunt ou rendrait plus difficile l’émission de nouveaux titres de créance. L’ampleur des effets dépendrait des marchés touchés et de la durée des perturbations.
Le financement à long terme, tel que les obligations, est moins touché par les perturbations à court terme. En revanche, les tensions sur les marchés du financement à court terme, comme ceux des pensions et du papier commercial, ont davantage d’importance pour l’intermédiation financière quotidienne des banques. Les tensions sur ces marchés pourraient limiter la capacité des banques à financer les stocks de titres et à soutenir la négociation. Il serait alors plus difficile pour d’autres participants au marché de négocier ou de lever des liquidités (Intermédiaires financiers non bancaires).
Une perturbation grave et prolongée des marchés de financement serait un défi pour les banques canadiennes, étant donné leur dépendance au financement de gros et la part croissante de leurs revenus attribuables aux activités sur les marchés de capitaux ces dernières années.
Les tensions géopolitiques et commerciales pourraient avoir des répercussions sur les pertes sur créances
Les pertes sur créances pourraient dépasser les attentes actuelles des banques si une escalade des frictions commerciales avec les États-Unis ou de la guerre au Moyen-Orient venait à affaiblir considérablement l’emploi et l’activité économique. Les tensions commerciales pourraient entraîner des pressions ciblées, en particulier pour les banques et coopératives de crédit de petite et moyenne taille, qui sont fortement exposées aux régions ou secteurs touchés par l’augmentation des droits de douane.
Les grandes banques canadiennes sont bien diversifiées, ce qui réduit leur exposition à toute source unique de tensions. Même dans un scénario de test de résistance à de fortes tensions, les grandes banques resteraient résilientes, quoique les pertes sur créances augmenteraient de pair avec la détérioration des conditions économiques (Point de mire : Comment une correction des marchés financiers pourrait aggraver les effets d’un choc pétrolier).
Notes
- 1. Le ratio de fonds propres de catégorie 1 sous forme d’actions ordinaires est calculé à partir des fonds propres réglementaires de la qualité la plus élevée, parce que ces fonds permettent d’absorber les pertes dès qu’elles surviennent. Dans ce ratio, le numérateur comprend la somme des éléments suivants : actions ordinaires et primes liées au capital, bénéfices non distribués, autres revenus généraux, participations minoritaires qui satisfont aux critères d’inclusion et ajustements réglementaires. Le dénominateur, lui, est constitué des actifs pondérés en fonction des risques.[←]