Vue d’ensemble

Rapport sur la politique monétaire – Juillet 2026

Après une année difficile, l’économie canadienne montre des signes d’amélioration. La croissance devrait s’accélérer et l’inflation devrait ralentir progressivement par rapport à son sommet récent. L’incertitude reste élevée.

L’économie canadienne s’ajuste aux droits de douane américains, à l’incertitude persistante entourant la révision de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique et au ralentissement de la croissance démographique. L’investissement des entreprises a été relativement stable, les exportations et l’activité sur le marché du logement ont baissé et la croissance économique a été inégale. Au premier trimestre de 2026, le produit intérieur brut (PIB) était par conséquent à peu près au même niveau qu’au premier trimestre de 2025. De manière générale, le taux de chômage a oscillé entre 6½ et 7 %, ce qui indique une offre excédentaire dans l’économie.

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation au Canada s’est maintenue près de la cible de 2 % pendant plus d’un an et demi, jusqu’au début de la guerre au Moyen‑Orient. Les hostilités ont fait bondir les cours mondiaux du pétrole, entraînant une flambée des prix de l’essence. L’inflation est montée à 3,2 % en mai. En revanche, l’inflation hors essence et les mesures de l’inflation fondamentale sont demeurées proches de 2 %, ce qui semble indiquer que, jusqu’ici, les répercussions sur les prix des autres biens et services demeurent limitées.

Les entreprises canadiennes s’adaptent à la grande incertitude géopolitique qui découle de la politique commerciale américaine et de la situation au Moyen‑Orient. En dépit d’une certaine volatilité, les données récentes indiquent que l’économie évolue de manière généralement conforme aux perspectives décrites dans le Rapport d’avril, ce qui renforce la confiance dans la capacité des ménages et des entreprises à traverser cette période de bouleversements mondiaux.

La croissance devrait s’accélérer

La croissance, qui avait stagné au premier trimestre, devrait être solide et s’établir à 2,5 % au deuxième trimestre. Cette vigueur reflète essentiellement la disparition de facteurs temporaires qui plombaient la croissance au premier trimestre. Des signes indiquent également que la croissance se généralise.

Dans l’ensemble, la croissance devrait s’être située juste au‑dessus de 1 % en moyenne dans la première moitié de 2026, puis s’établir à environ 1,5 % en moyenne dans la deuxième moitié de l’année.

À mesure que l’économie continue de s’ajuster, les capacités excédentaires devraient se résorber graduellement, et la croissance, s’établir à 1,8 % en 2027 et en 2028. Au cours de la période de projection, les exportations devraient contribuer de plus en plus à la croissance, et les dépenses de consommation ainsi que les dépenses publiques devraient demeurer d’importants moteurs. L’investissement des entreprises et l’investissement résidentiel devraient se redresser légèrement.

L’inflation devrait ralentir progressivement et revenir à la cible de 2 %

L’inflation au Canada devrait ralentir pour s’établir à environ 2½ % dans la deuxième moitié de 2026, puis revenir à la cible de 2 % au début de 2027. La projection d’inflation présentée dans le présent rapport se fonde sur la courbe des contrats à terme sur le pétrole en date du 9 juillet 2026 et sur un resserrement présumé des marges des raffineries d’essence (graphique 8, section Conjoncture). Même si les prix du pétrole sont redescendus par rapport à leur sommet d’avril, ils demeurent volatiles et dépendent fortement de la situation au Moyen‑Orient.

Les pressions sur les coûts continueront de se répercuter sur les prix des biens de consommation et des aliments (Point de mire : Les perturbations de l’approvisionnement liées à la guerre se répercutent sur les prix à la consommation). Ces pressions sont contrebalancées par l’inflation plus modérée dans le secteur des services et la croissance modeste des coûts de main‑d’œuvre.

L’inflation devrait se maintenir aux alentours de 2 % jusqu’à la fin de la période de projection, à mesure que le reste des pressions sur les coûts s’estompe et que les capacités excédentaires se résorbent. D’une année à l’autre, l’inflation fluctue en raison d’importants effets de glissement annuel. Les prévisions de l’inflation dépendent fortement de l’évolution de la situation au Moyen‑Orient.

Les perspectives d’inflation sont exposées à d’autres risques outre ceux liés à la guerre au Moyen‑Orient et à la politique commerciale américaine. L’inflation pourrait s’avérer plus élevée si les pressions sur les coûts à l’échelle mondiale ou la dépréciation du dollar canadien se répercutaient de manière plus persistante sur les prix à la consommation, ou si l’offre excédentaire était inférieure aux estimations. En revanche, l’inflation pourrait s’avérer plus basse si les conditions financières mondiales devaient se resserrer et freiner de manière marquée l’activité économique, ou si la reprise des exportations était plus faible que prévu (Risques).

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