Rapport sur la politique monétaire – Juillet 2026
L’évolution de la relation commerciale entre le Canada et les États‑Unis et la guerre au Moyen‑Orient demeurent les deux plus importants risques pour les perspectives d’inflation.
Dans son scénario de référence, la Banque suppose que l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique est maintenu moyennant des révisions annuelles. L’économie s’adapte aux droits de douane américains et on présume que l’incidence de l’incertitude liée au commerce s’estompera progressivement. Toutefois, les États‑Unis pourraient annoncer d’autres mesures commerciales. L’incertitude pourrait aussi persister plus longtemps que prévu, ce qui freinerait les investissements des entreprises et les dépenses des ménages.
Le scénario de référence repose également sur l’hypothèse que le transport revient graduellement à la normale dans le détroit d’Ormuz. Néanmoins, l’incertitude reste élevée. Au cours des derniers jours, le détroit a été fermé de nouveau à la suite d’une escalade des hostilités. Si les hostilités entraînaient une nouvelle fermeture prolongée du détroit, les prix de l’énergie augmenteraient et l’approvisionnement en produits de base serait perturbé, ce qui ferait grimper l’inflation à l’échelle mondiale.
D’autres risques pèsent aussi sur les perspectives l’inflation.
Risques à la hausse concernant l’inflation
Les pressions sur les coûts pourraient être plus fortes que prévu
La guerre au Moyen‑Orient a fait augmenter le coût des intrants pour les entreprises. On s’attend à ce que cela exerce des pressions à la hausse sur les prix au Canada, en particulier ceux des aliments et d’autres biens. Le dollar canadien s’est également déprécié récemment, ce qui a fait augmenter les coûts des biens importés.
Dans le scénario de référence, on suppose que les entreprises absorberont une partie de la hausse des coûts. Toutefois, si cette hausse était plus forte qu’anticipé ou si les entreprises finissaient par en transmettre une plus grande part à leurs clients, l’inflation augmenterait plus que prévu.
La croissance de la productivité tendancielle pourrait être plus faible que prévu
Les perspectives d’inflation résultent en partie du degré d’offre excédentaire dans l’économie. Les estimations de l’offre excédentaire sont influencées par la production potentielle, qui dépend notamment de la productivité tendancielle du travail. Dans le scénario de référence, on estime que la productivité tendancielle du travail s’est redressée en 2025 et qu’elle continuera de croître fortement sur l’horizon de projection.
Toutefois, si la croissance de la productivité tendancielle du travail en 2025 s’avérait inférieure aux estimations, l’écart de production serait plus faible au début de la période de projection. La croissance de la productivité tendancielle du travail après 2025 pourrait aussi être plus faible que supposé. Une telle situation pourrait se produire si, par exemple, les investissements des entreprises étaient inférieurs aux projections. Il y aurait alors une pression à la hausse plus forte sur l’inflation.
Risques à la baisse concernant l’inflation
Les conditions financières mondiales pourraient se resserrer, ce qui toucherait le Canada
Les perspectives de l’économie américaine supposent un rythme soutenu des investissements en intelligence artificielle (IA) et une montée connexe des marchés boursiers. Cependant, les actions du secteur des technologies ont été volatiles depuis le début de l’année. Si les perspectives entourant l’IA venaient à changer sensiblement aux yeux des marchés, les valorisations boursières subiraient une correction, ce qui pourrait réduire la confiance des consommateurs et la richesse des ménages aux États‑Unis et à l’étranger.
Parallèlement, les rendements des obligations d’État à long terme pourraient augmenter si les investisseurs exigeaient une meilleure rétribution étant donné l’accumulation rapide de la dette souveraine dans le monde.
Ces scénarios entraîneraient tous deux un resserrement des conditions financières et un affaiblissement de la demande de biens et services canadiens, ce qui risquerait de créer une offre excédentaire et d’engendrer des pressions à la baisse sur l’inflation au pays.
Le redressement de la croissance du PIB pourrait ne pas durer
Dans le scénario de référence, la croissance du produit intérieur brut (PIB) se redresse et demeure solide pendant la période de projection. Plusieurs facteurs pourraient toutefois nuire à la durabilité de la reprise :
- Le rebond des exportations pourrait être plus faible que prévu en raison des problèmes de compétitivité qui subsistent.
- L’incertitude commerciale persistante pourrait entraîner d’autres mises à pied dans les secteurs touchés. En même temps, le fait que les compétences des travailleurs ne correspondent pas toujours aux besoins des employeurs, ainsi que certaines contraintes géographiques, pourraient ralentir leur transition vers de nouveaux emplois. Un niveau d’emploi plus faible pèserait sur les dépenses des ménages.
- L’offre excédentaire de logements en copropriété à Vancouver et à Toronto et les problèmes d’abordabilité pourraient signifier que la reprise de l’activité sur le marché du logement est plus lente que prévu.
Une croissance plus faible réduirait les pressions intérieures sur l’inflation.