Résultats de l’enquête du 2e trimestre de 2026 | Vol. 7.2 | 6 juillet 2026

La présente enquête a été menée auprès d’un panel en ligne du 27 avril au 21 mai 2026. Des entrevues de suivi ont été réalisées par téléphone du 22 au 27 mai 2026.

Vue d’ensemble

  • La part des consommateurs qui s’attendent à ce que l’inflation soit supérieure à 3 % au cours des 12 prochains mois est légèrement plus importante qu’au trimestre précédent. De plus, les attentes d’inflation à l’horizon de deux et cinq ans ont quelque peu augmenté. Le facteur d’inflation le plus fréquemment cité restait les droits de douane, mais le nombre de mentions des prix de l’énergie a fortement augmenté par rapport au trimestre précédent.
  • Les préoccupations liées aux prix élevés et à l’incertitude économique continuent de freiner les intentions de dépenses des consommateurs. Ces intentions sont plus faibles chez les ménages qui croient que la guerre au Moyen-Orient fera fortement monter l’inflation. Comparativement aux autres ménages, ceux-ci sont plus enclins à se tourner vers des produits essentiels moins coûteux, à réduire leurs dépenses discrétionnaires et à moins utiliser leur véhicule.
  • Les perceptions des consommateurs à l’égard du marché du travail se sont modestement améliorées par rapport aux faibles niveaux observés au trimestre précédent. Cette amélioration reflète une baisse du risque perçu de perte d’emploi, surtout chez les personnes travaillant dans des secteurs davantage exposés aux échanges commerciaux.

Les attentes d’inflation à court terme restent supérieures aux niveaux observés avant le début des tensions commerciales

Les perceptions qu’ont les consommateurs de l’inflation actuelle, ainsi que leurs attentes d’inflation pour les 12 prochains mois, sont pratiquement demeurées inchangées, tandis que les attentes d’inflation sur deux ans ont légèrement augmenté (graphique 1, lignes bleue, jaune et verte). Les attentes à court terme restent plus élevées qu’avant le début des tensions commerciales. Après avoir baissé au cours des derniers trimestres, les attentes d’inflation à l’horizon de cinq ans se sont quelque peu accrues (graphique 1, ligne rouge).

Graphique 1 : Les attentes d’inflation à court terme sont encore supérieures aux niveaux observés avant le début des tensions commerciales

La part des consommateurs qui s’attendent à ce que l’inflation soit supérieure à 3 % au cours des 12 prochains mois est légèrement plus importante qu’au trimestre précédent (graphique 2, barres rouges et orange).

Graphique 2 : La part des consommateurs qui croient que l’inflation sera supérieure à 3 % dans un an a augmenté

Les consommateurs ont continué de citer les droits de douane et les tensions commerciales comme le facteur influant le plus sur l’inflation (graphique 3). Dans les entrevues de suivi, une personne a déclaré : « À mon travail, on utilise beaucoup de matières premières… [Les droits de douane ont beaucoup fait monter] le prix de l’article lui-même et son coût d’expédition, donc on doit répercuter ce coût sur nos clients. »

Toutefois, au deuxième trimestre de 2026, les consommateurs ont de plus en plus mentionné les prix de l’énergie comme source d’inflation. Environ 70 % d’entre eux s’attendent à ce que la guerre au Moyen-Orient fasse augmenter l’inflation au cours des 12 prochains mois. Durant les entrevues de suivi, plusieurs ont associé ce conflit aux inquiétudes concernant les prix plus élevés de l’essence. Une personne a déclaré ceci : « Je pense qu’on commence à peine à voir les premières hausses de prix, et qu’elles pourraient avoir des impacts sur tous les secteurs, à moins que la situation change. » Une autre personne était d’avis que les effets économiques demeuraient limités : « Pour être honnête, à part le prix à la pompe, je ne vois pas vraiment de différence. »

Graphique 3 : Les consommateurs voient de plus en plus les prix de l’énergie comme un des principaux moteurs de l’inflation

Les ménages continuent de voir le contexte économique comme difficile

L’indicateur de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada demeure bas, les ménages continuant de faire part de préoccupations liées au coût élevé de la vie (graphique 4)1. Les droits de douane américains, l’incertitude commerciale et la guerre au Moyen-Orient renforcent cette impression. Au moment de l’enquête, la plupart des ménages s’attendaient à ce que la guerre prenne fin dans les 12 prochains mois et ait des répercussions négatives sur l’économie. L’indice des dépenses de consommation a légèrement baissé. En effet, les ménages ont revu à la baisse leurs projets de dépenses par crainte que la guerre fasse monter l’inflation. Malgré cela, l’indice du marché du travail a légèrement augmenté en raison de l’apaisement des craintes de perte d’emploi, en particulier chez les personnes qui travaillent dans des secteurs très sensibles aux échanges commerciaux.

Graphique 4 : L’indicateur de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada reste modéré

La guerre au Moyen-Orient modère les projets de dépenses

Les intentions d’achat des consommateurs ont légèrement diminué au deuxième trimestre de 2026, effaçant en partie les améliorations observées au trimestre précédent. Ce recul coïncide avec des préoccupations selon lesquelles la guerre au Moyen-Orient poussera l’inflation à la hausse. Les ménages qui estiment que ce conflit fera sensiblement monter l’inflation s’attendent à une croissance plus faible de leurs dépenses réelles que les autres ménages (graphique 5)2.

Graphique 5 : Les attentes de dépenses réelles sont plus faibles chez les ménages qui croient que la guerre au Moyen-Orient fera monter considérablement l’inflation

Les ménages qui s’attendent à ce que la guerre fasse monter considérablement l’inflation sont aussi plus susceptibles de signaler d’autres changements dans leurs dépenses, comme opter pour des produits essentiels moins chers, réduire leurs achats discrétionnaires et conduire moins (graphique 6, barres jaunes). Un répondant a dit : « On voyage moins maintenant ». Une autre personne a déclaré : « On avait l’habitude de manger au restaurant… on n’y va plus très souvent. Et on se déplace moins avec la voiture parce que l’essence coûte cher. »

Graphique 6 : Les consommateurs qui pensent que la guerre au Moyen-Orient fera monter considérablement l’inflation sont plus enclins à modifier leurs habitudes d’achat

Les consommateurs continuent de se dire généralement préoccupés par les prix élevés – qui, avec l’incertitude économique, demeurent les principaux obstacles aux dépenses (graphique 7). Outre la guerre au Moyen-Orient, de nombreux consommateurs croient aussi que les tensions commerciales font monter les prix et contribuent à l’incertitude économique. Voici un des commentaires recueillis : « On va commencer les négociations concernant l’accord commercial Canada–États-Unis–Mexique… Il n’y a aucun moyen de savoir si les droits de douane vont doubler, rester les mêmes ou être réduits de moitié. » La plupart des consommateurs – quoique moins qu’au trimestre précédent – continuent de croire que les effets les plus graves des tensions commerciales ne se sont pas encore matérialisés.

Dans l’ensemble, les intentions d’achat des ménages demeurent faibles. Toutefois, un supplément unique prévu dans le cadre de la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels semble soutenir les dépenses de certains ménages (voir l’encadré 1 pour savoir si les ménages s’attendaient à recevoir ce supplément et quelle part de celui-ci ils prévoient dépenser).

Graphique 7 : Les prix élevés et l’incertitude économique continuent de freiner les dépenses

Encadré 1 : Le supplément prévu dans le cadre de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels devrait soutenir les dépenses de certains ménages

En juin 2026, les ménages admissibles au crédit pour la TPS/TVH ont reçu un supplément unique prévu dans le cadre de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels. Le supplément correspondait à 50 % du crédit pour la TPS/TVH en 2025-2026. Ce trimestre, l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada comprenait des questions qui visaient à déterminer si les ménages s’attendaient à recevoir le supplément et, le cas échéant, quelle part du montant reçu ils prévoyaient dépenser (graphique 1‑A).

Dans l’ensemble, 44 % des répondants s’attendaient à recevoir le paiement. Parmi eux :

  • 43 % ont dit qu’ils dépenseraient moins du quart du montant reçu
  • 49 % ont dit qu’ils en dépenseraient un quart ou plus
  • 8 % ne savaient pas quelle part ils dépenseraient

Les intentions d’achat des ménages varient selon le montant que les bénéficiaires prévoient dépenser (graphique 1‑B). Les ménages qui prévoient dépenser plus de 75 % du paiement signalent des intentions d’achat moins négatives que ceux qui prévoient dépenser moins de 25 % du paiement. Ces résultats indiquent que le supplément devrait soutenir les dépenses de beaucoup de ménages qui en bénéficieront.

Graphique 1-A : Environ la moitié des ménages qui ont reçu le supplément unique s’attendent à en dépenser plus de 25 %

Graphique 1-B : Le supplément unique prévu dans le cadre de la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels devrait soutenir les dépenses des ménages

Les consommateurs continuent de percevoir le marché du travail comme atone, même s’ils craignent moins de perdre leur emploi

L’indice du marché du travail de l’enquête s’est légèrement amélioré au deuxième trimestre par rapport aux niveaux bas où il se situait antérieurement. Cette amélioration reflète une baisse de la probabilité perçue par les consommateurs quant à la perte de leur emploi (graphique 8, barres bleues), qui se situe maintenant près du niveau enregistré avant le début des tensions commerciales.

Graphique 8 : Les consommateurs considèrent encore le marché du travail comme atone, malgré l’atténuation des craintes de perte d’emploi

Au deuxième trimestre, le risque perçu de perdre son emploi a diminué davantage chez les personnes qui travaillent dans des secteurs dépendant fortement des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis, par rapport aux autres travailleurs (graphique 9). Malgré cela, les craintes de perte d’emploi sont demeurées plus importantes chez les travailleurs des secteurs les plus exposés aux échanges commerciaux par rapport aux travailleurs d’autres secteurs. Les personnes travaillant dans le secteur public ont signalé elles aussi percevoir un risque moindre de perdre leur emploi.

Graphique 9 : Les craintes de perte d’emploi se sont davantage atténuées chez les travailleurs des secteurs très sensibles aux échanges commerciaux

Malgré cette amélioration, les consommateurs continuent de percevoir le marché du travail comme atone, en partie à cause de l’incertitude économique persistante et des préoccupations liées à l’intelligence artificielle (IA). Le risque perçu de perdre son emploi demeure supérieur à la moyenne historique chez les travailleurs des secteurs où les tâches sont plus susceptibles d’être remplacées par l’IA3. Un répondant a déclaré ceci : « Les entreprises mettent l’IA en place, ce qui entraînera des suppressions d’emplois. » Témoignant d’une incertitude plus généralisée, une autre personne a dit : « Tout est pas mal mis sur la glace, et ça explique en partie pourquoi les embauches sont touchées. Il y a tellement d’incertitude que les entreprises n’osent pas nécessairement embaucher, même si d’autres perspectives peuvent être favorables, à cause de l’imprévisibilité. »

Notes

  1. 1. Pour en savoir plus sur l’indicateur de l’enquête, voir J. Dolinar, P. Sabourin et M. West, « Synthétiser les signaux se dégageant de l’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada », document d’analyse du personnel 2025-11 de la Banque du Canada (juillet 2025).[]
  2. 2. Les autres ménages comprennent ceux qui croient qu’à cause de la guerre l’inflation sera un peu plus élevée, inchangée ou plus faible, ou qui ne savent pas quelles répercussions elle aura sur les hausses de prix.[]
  3. 3. Voir la section « Les consommateurs considèrent encore que les conditions du marché du travail sont atones », Banque du Canada, Enquête sur les attentes des consommateurs au Canada – Premier trimestre de 2026 (avril 2026).[]

L’enquête sur les attentes des consommateurs au Canada recueille l’opinion des ménages au sujet de l’inflation, du marché du travail et de leur situation financière. Des précisions sur le questionnaire et les réponses obtenues sont présentées dans le site Web de la Banque du Canada. Les résultats de l’enquête constituent un condensé des opinions exprimées par les répondants et ne reflètent pas forcément le point de vue de la Banque du Canada.

Sur cette page
Table des matières