Rapport sur la politique monétaire – Juillet 2026
La guerre au Moyen‑Orient a fait augmenter l’inflation à l’échelle du globe et pèse sur l’activité économique mondiale. Mais les prix du pétrole ont chuté par rapport à leur sommet, et on s’attend à ce que l’inflation ralentisse. Les investissements dans l’intelligence artificielle stimulent la croissance mondiale.
En général, l’inflation devrait ralentir en raison de la baisse des prix du pétrole observée depuis avril. Cependant, les perturbations des chaînes d’approvisionnement causées par la guerre ont fait monter le coût des intrants et allongé les délais de livraison dans de nombreuses régions, créant des pressions à la hausse sur l’inflation.
Les investissements importants dans l’intelligence artificielle (IA), en particulier aux États‑Unis et en Chine, et leurs retombées commerciales sur d’autres économies favorisent la croissance mondiale.
Dans l’ensemble, la croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial devrait ralentir pour s’établir à 2¾ % en 2026 à cause de la guerre, avant de remonter légèrement au‑dessus de 3 % en 2027 et en 2028.
États-Unis
Aux États‑Unis, la croissance économique devrait rester solide, vu la vigueur des dépenses de consommation et des investissements liés à l’IA. On s’attend à ce que l’inflation ralentisse en raison des prix plus bas du pétrole, mais elle devrait demeurer élevée tout au long de 2026.
L’activité économique reste vigoureuse
On estime que la croissance du PIB américain s’est située à environ 2,5 % en moyenne dans la première moitié de 2026, soutenue par la consommation et la forte croissance de l’investissement.
La consommation a été forte, particulièrement chez les ménages à revenu élevé, qui ont bénéficié de réductions d’impôt et d’une appréciation marquée de leur patrimoine financier. À l’inverse, les dépenses des ménages à faible revenu ont été freinées par la modeste progression de leurs revenus et, plus récemment, par les prix élevés de l’essence.
L’investissement des entreprises a été robuste à cause des dépenses liées à l’IA.
Dernièrement, le marché du travail s’est raffermi. Les gains d’emplois mensuels sont passés d’environ 10 000 en moyenne en 2025 à environ 90 000 dans la première moitié de 2026. La progression de l’emploi est également devenue plus généralisée dans l’ensemble des secteurs.
La croissance économique devrait demeurer solide sur toute la période de projection, appuyée par les dépenses croissantes de consommation et la vigueur des investissements des entreprises. Dans l’ensemble, le PIB devrait progresser d’environ 2½ % en 2027 et 2028 (graphique 17).
L’inflation devrait rester élevée en 2026
L’inflation mesurée par l’indice de prix relatif aux dépenses de consommation des ménages aux États-Unis est passée de 2,9 % au début de l’année à 4,1 % en mai (graphique 18). Cette hausse est due à la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a perturbé le transport du pétrole et d’autres produits de base, ce qui a fait grimper les prix de l’essence et augmenter les coûts de production des entreprises. Cette augmentation des coûts a commencé à se répercuter sur les prix d’autres biens et services.
Depuis, les prix du pétrole ont chuté considérablement, exerçant une pression à la baisse sur l’inflation. Néanmoins, cette dernière devrait s’établir autour de 3½ % à la fin de 20261. Elle demeure forte du fait de la transmission aux prix des pressions sur les coûts attribuables à la guerre et de la persistance de l’inflation élevée dans le secteur des services. Les hausses tarifaires passées ont également contribué à l’inflation.
L’inflation devrait ralentir en 2027, à mesure que les pressions sur les coûts s’atténuent et que l’effet des droits de douane s’estompe. Un marché du travail équilibré et une croissance modérée des coûts de main‑d’œuvre devraient aider à ramener l’inflation vers la cible de 2 % de la Réserve fédérale en 2027 et 2028.
Zone euro
L’activité économique dans la zone euro s’est affaiblie dans la première moitié de 2026 en raison des prix élevés de l’énergie (graphique 19). On s’attend à ce que la croissance se raffermisse dans la deuxième moitié de l’année à la suite de la diminution des prix de l’énergie et de l’augmentation des dépenses publiques en défense et en infrastructure. Dans l’ensemble, la croissance du PIB devrait être faible en 2026, avant de se redresser pour s’établir autour de 1¼ % en 2027 et en 2028.
Les prix élevés de l’énergie ont fait monter l’inflation à 3,2 % en mai, tandis que l’inflation fondamentale se situait à 2,6 %. La Banque centrale européenne (BCE) a relevé son taux directeur de 25 points de base en réponse aux pressions inflationnistes persistantes. L’inflation a légèrement baissé en juin, suivant la diminution des prix de l’énergie, et on s’attend à ce qu’elle revienne progressivement à la cible de 2 % de la BCE d’ici la mi‑2027.
Chine
On estime que l’économie chinoise a progressé à un rythme solide dans la première moitié de 2026, portée par un important soutien budgétaire et la robustesse des exportations de produits liés à l’IA (graphique 20). Le secteur immobilier continue de peser sur la croissance.
Au cours de la période de projection, la croissance des exportations devrait ralentir à mesure qu’il devient plus difficile pour les exportateurs de gagner des parts de marché. La demande intérieure devrait s’améliorer peu à peu à mesure que le marché du logement se stabilise. Dans l’ensemble, la croissance du PIB devrait ralentir pour s’établir aux alentours de 4¾ % en 2026 et de 4¼ % en 2027 et 2028.
Malgré la hausse récente des prix de l’énergie, l’inflation est demeurée faible, s’établissant à 1 % en juin en raison de la persistance des capacités excédentaires dans l’économie. L’inflation devrait rester modérée jusqu’à la fin de 2026, puis remonter graduellement à mesure que la demande intérieure se raffermit lentement.
Notes
- 1. On suppose que les prix du pétrole continueront de baisser conformément à la courbe des contrats à terme en date du 9 juillet 2026.[←]