Rapport sur la politique monétaire – Juillet 2026 – Économie canadienne
La croissance économique devrait se redresser durant la période de projection et dépasser la croissance de la production potentielle. L’inflation devrait rester élevée à court terme, avant de revenir à la cible à mesure que les pressions sur les coûts s’atténueront et que les capacités excédentaires se résorberont.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) a été faible et volatile, mais elle devrait remonter pour atteindre 1,8 % en 2027 et 2028, soutenue par une reprise durable de la croissance des exportations découlant d’une hausse de la demande extérieure. Même si l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique fera désormais l’objet d’une révision annuelle et que l’incertitude demeure, les entreprises s’adaptent au nouveau contexte commercial.
La consommation et les dépenses publiques sont les autres principales sources de croissance au cours de la période de projection. On s’attend à ce que l’investissement résidentiel augmente légèrement et à ce que les investissements des entreprises soutiennent la croissance.
La capacité de production du Canada devrait augmenter lentement en 2026, contenue par les ajustements structurels liés aux droits de douane et la croissance démographique modérée. La croissance de la production potentielle devrait par la suite se raffermir, en partie grâce à une hausse des investissements des entreprises, notamment dans l’intelligence artificielle (IA).
La demande globale étant appelée à croître un peu plus vite que la production potentielle, les capacités excédentaires devraient se résorber graduellement.
L’inflation devrait ralentir dans la deuxième moitié de 2026, en raison de la baisse des prix de l’essence. Toutefois, les pressions supplémentaires sur les coûts causées par la guerre au Moyen-Orient continueront d’avoir un effet sur l’inflation (Point de mire : Les perturbations de l’approvisionnement liées à la guerre se répercutent sur les prix à la consommation).
L’inflation devrait redescendre autour de 2 % au début de 2027 et rester proche de la cible au cours de la période de projection. La mesure de l’inflation sur un an présente cependant une certaine volatilité à cause des effets de glissement annuel. Les prévisions d’inflation sont largement tributaires des prix du pétrole, qui sont sensibles à l’évolution de la situation au Moyen‑Orient.
Perspectives économiques
La croissance du PIB devrait passer de 0,7 % en 2026 à 1,8 % en 2027 et 2028 (graphique 10). Ce redressement prévu reflète une reprise de la croissance des exportations, au fil de l’adaptation des entreprises au nouveau contexte commercial, ainsi qu’une modeste relance de l’investissement résidentiel après une diminution en 2026. L’activité du secteur pétrolier et gazier devrait aussi contribuer à cet essor à court terme.
La croissance de l’économie dépassant celle de la production potentielle durant la période de projection, l’offre excédentaire devrait se résorber graduellement.
La croissance des exportations devrait se raffermir
La croissance des exportations devrait reprendre au cours de la période de projection, en phase avec la demande extérieure. La trajectoire des exportations demeurera néanmoins plus basse qu’avant l’imposition des droits de douane américains.
Les exportations hors produits de base et les exportations de produits de base non énergétiques devraient se redresser, à mesure que les entreprises continuent de s’adapter au nouveau contexte commercial. Selon les enquêtes de la Banque, les perspectives de ventes à l’exportation des entreprises se sont améliorées malgré l’incertitude commerciale persistante. La hausse des investissements dans l’IA aux États‑Unis devrait stimuler la demande de matières premières, de produits métalliques et d’équipements électriques canadiens. La récente dépréciation du dollar canadien améliore la compétitivité des exportations canadiennes, ce qui devrait également soutenir leur croissance.
Les exportations de produits de base énergétiques devraient elles aussi reprendre de la vigueur en 2026, les prix élevés du pétrole favorisant la production de pétrole classique. Elles devraient ensuite ralentir en 2027 avec la baisse des prix du pétrole (graphique 11).
On prévoit une reprise de la croissance des importations en 2026, à mesure que la demande intérieure augmentera et que la croissance des exportations continuera de rebondir.
La croissance des investissements devrait être tirée par le secteur pétrolier et gazier
La croissance des investissements des entreprises devrait se raffermir en 2026, principalement grâce à l’activité du secteur pétrolier et gazier (graphique 12). L’essor des investissements dans ce secteur devrait toutefois se modérer au fil de la baisse des prix du pétrole pendant la période de projection.
La croissance des investissements en dehors du secteur pétrolier et gazier devrait se redresser en 2027 et 2028. Même si on présume que l’effet modérateur des tensions commerciales et de l’incertitude s’estompera graduellement, la trajectoire des investissements demeurera plus basse qu’avant l’imposition des droits de douane américains.
Les dépenses publiques devraient soutenir l’activité économique
Les dépenses publiques contribueront grandement à la croissance au cours de la période de projection. Les dépenses provinciales en infrastructures et les programmes fédéraux devraient également soutenir les investissements des entreprises.
La consommation devrait augmenter légèrement
La croissance de la consommation devrait s’établir juste au-dessus de 1 % en moyenne durant la période de projection, en partie à cause de la croissance démographique modérée (graphique 13).
Après avoir progressé à un rythme soutenu, la croissance de la consommation par habitant devrait ralentir dans la deuxième moitié de 2026. Les prix plus élevés de l’essence continueront de peser sur le portefeuille des ménages1. La faiblesse récente de l’activité sur le marché du logement continuera également de plomber les dépenses de consommation.
Après s’être stabilisée en 2027, la croissance de la consommation par habitant devrait se redresser en 2028 en raison des facteurs suivants :
- une croissance des salaires qui dépasse l’inflation grâce à des gains de productivité
- une amélioration des termes de l’échange, les prix postulés du pétrole demeurant au-dessus des niveaux d’avant-guerre
- un patrimoine financier élevé
La croissance de l’investissement résidentiel devrait être modérée
La croissance de l’investissement résidentiel devrait augmenter au cours de la période de projection. Elle sera toutefois freinée par une croissance démographique lente, des problèmes d’abordabilité dans certains marchés du logement, ainsi qu’un important stock de petits appartements en copropriété invendus à Toronto et à Vancouver. On s’attend par ailleurs à ce que les ménages restent prudents dans leurs décisions d’achat de propriété, compte tenu du contexte économique incertain.
Perspectives d’inflation
L’inflation devrait passer d’à peu près 3 % au deuxième trimestre de 2026 à environ 2½ % dans la deuxième moitié de l’année. Cette baisse sera surtout attribuable aux prix moins élevés de l’essence (graphique 14). On suppose que les prix du pétrole vont diminuer en suivant la courbe des contrats à terme sur le pétrole en date du 9 juillet 2026, et que les marges des raffineries d’essence vont se resserrer. Exclusion faite des effets de l’énergie, la trajectoire de l’inflation est influencée par des pressions à la baisse et à la hausse qui se contrebalancent.
Les pressions à la baisse découlent des services :
- La hausse des frais de logement devrait s’atténuer davantage à court terme, vu le manque de vigueur du marché du logement et la faible croissance des loyers.
- La hausse des prix des services hors logement, voyages et hôtellerie devrait rester modérée, l’offre excédentaire limitant la progression des coûts unitaires de main‑d’œuvre.
Les pressions à la hausse viennent principalement des aliments et d’autres biens :
- La hausse des prix des aliments devrait rester élevée, en raison des pressions causées par la guerre sur les coûts du carburant, des engrais et d’autres intrants agricoles.
- La hausse des prix des biens hors aliments et énergie devrait s’accentuer, à mesure que les coûts des intrants attribuables à la guerre se propageront dans les chaînes d’approvisionnement et se répercuteront sur les prix.
- Les prix de certains services continueront d’être poussés à la hausse par l’augmentation des prix de l’énergie et des biens.
- La dépréciation du dollar canadien continuera de faire monter les prix à l’importation.
En 2027, l’inflation devrait descendre proche de la cible de 2 % parce que l’effet direct des prix plus élevés de l’essence se sera dissipé (graphique 15 et graphique 16). Les autres pressions sur les coûts liées à la guerre continueront de se répercuter sur les prix à la consommation. On présume cependant que les perturbations de l’approvisionnement seront relativement brèves et que la faible demande limitera la capacité des entreprises de répercuter les hausses de coûts sur les consommateurs (Point de mire : Les perturbations de l’approvisionnement liées à la guerre se répercutent sur les prix à la consommation).
La mesure de l’inflation sur un an pour 2027 présente une certaine volatilité à cause des effets de glissement annuel attribuables à la précédente flambée des prix de l’essence et aux changements à la taxe d’accise fédérale sur le carburant (graphique 15)2.
L’inflation devrait rester proche de 2 % en 2028. On suppose que durant cette période :
- Les pressions à la baisse découlant de l’offre excédentaire s’atténueront à mesure que l’écart de production se réduira. La hausse des frais de logement sera de moins en moins modérée à mesure que la croissance démographique reprendra peu à peu.
- Les pressions à la hausse sur les coûts causées par les perturbations de l’approvisionnement liées à la guerre et la réorientation des chaînes d’approvisionnement vers d’autres pays que les États‑Unis se dissiperont.
Notes
- 1. Les récentes mesures budgétaires – comme la suspension temporaire de la taxe d’accise fédérale sur le carburant – viennent toutefois compenser en partie la hausse des prix de l’essence.[←]
- 2. Les effets de glissement annuel s’expliquent par le fait que la mesure de l’inflation sur un an compare les prix courants à ceux d’il y a 12 mois. Une forte variation des prix survenue un an plus tôt en raison d’un événement temporaire peut faire augmenter ou diminuer l’inflation sur un an lorsqu’elle entre dans la période de comparaison ou en sort, même si l’évolution des prix courants est stable d’un mois à l’autre.[←]