Rapport sur la politique monétaire – Juillet 2026 – Économie canadienne
Les échanges commerciaux en Amérique du Nord demeurent en grande partie exempts de droits de douane, même si certains secteurs ont été fortement touchés par des mesures tarifaires ciblées. La projection suppose que les prix du pétrole vont baisser.
Hypothèses tarifaires
Les hypothèses tarifaires intégrées à la projection sont les mêmes que celles qui avaient été postulées en avril. Bien que l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) soit désormais soumis à une révision annuelle, la Banque fait l’hypothèse que les exemptions pour les produits conformes à l’ACEUM resteront en vigueur, tout comme les droits de douane américains actuels.
La projection est basée sur les droits de douane en place ou officiellement convenus en date du 10 juillet 2026 (tableau 1)1.
| Avant 2025 | Octobre 2025 | Janvier 2026 | Avril 2026 | Juillet 2026 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Taux des droits de douane américains imposés au Canada | 0,1 | 5,9 | 5,8 | 5,1 | 5,0 |
| Taux des droits de douane canadiens imposés aux États-Unis* | 0,0 | 1,0 | 1,2 | 1,5 | 1,5 |
* Ces taux tiennent compte de l’incidence des remises de droits de douane canadiennes.
Le 1er juin, l’administration américaine a élargi la liste des produits visés par une réduction temporaire des taux de droits de douane et a imposé de nouveaux droits temporaires sur certains types de machines et de matériel industriels. Ces changements ont peu d’effet sur le portrait d’ensemble.
Le taux moyen des droits de douane américains sur les importations canadiennes est maintenant estimé à 5,0 %, contre 5,1 % dans le Rapport d’avril. Celui appliqué par le Canada aux importations en provenance des États-Unis demeure quant à lui à 1,5 %.
Autres hypothèses
La projection repose également sur plusieurs hypothèses additionnelles.
- La Banque suppose que les prix du pétrole continueront d’évoluer conformément à la courbe des contrats à terme en date du 9 juillet 2026. Elle postule que le prix du baril de Brent avoisinera 75 $ US en moyenne au troisième trimestre de 2026 puis s’établira aux alentours de 70 $ US d’ici la fin de 2027, une hypothèse inférieure d’à peu près 5 $ US à celle formulée dans le Rapport d’avril, mais de 10 $ US supérieure à celle envisagée en janvier. On suppose que les prix du West Texas Intermediate (WTI) et du Western Canadian Select (WCS) suivront une trajectoire similaire, se stabilisant respectivement à 65 et 50 $ US d’ici la fin de 2027.
- L’écart entre les prix du WTI et du WCS est supérieur de 5 $ US à celui retenu dans le Rapport d’avril. Cette révision s’explique en partie par la hausse des exportations vénézuéliennes de pétrole brut lourd vers les États-Unis, ainsi que par les pressions à la hausse sur les prix du WTI attribuables à la baisse des stocks commerciaux et à la vigueur des exportations américaines de pétrole brut.
- La Banque prend pour hypothèse que le dollar canadien se situera en moyenne autour de 71 cents US durant la période de projection, soit 2 cents US de moins que dans le Rapport d’avril.
- On s’attend à ce que la croissance de la production potentielle au Canada descende à 1,1 % en 2026. Cette attente tient à l’expansion démographique plus lente et à l’impact de la politique commerciale américaine. La croissance de la production potentielle devrait ensuite s’accélérer pour atteindre 1,3 % en 2027 et 1,5 % en 2028, sous l’effet du rebond graduel de l’expansion démographique, de l’atténuation de l’effet modérateur des droits de douane américains sur la productivité tendancielle et du redressement des investissements. On prévoit également que l’adoption à plus grande échelle de l’intelligence artificielle stimulera la productivité.
- La Banque suppose que le taux d’intérêt nominal neutre au Canada se situe au point milieu de sa fourchette estimée de 2,25 à 3,25 %.
- Les perspectives tiennent compte d’autres pressions sur les coûts liées à la guerre, outre le choc énergétique direct (Point de mire : Les perturbations de l’approvisionnement liées à la guerre se répercutent sur les prix à la consommation). Bien que les prix du pétrole aient reculé par rapport à leur sommet, certaines pressions sur les coûts persistent et on fait l’hypothèse qu’elles continueront de se répercuter sur l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation au cours des prochains trimestres. C’est le cas, par exemple, des coûts élevés du transport et d’autres coûts associés aux tensions dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ces facteurs ont un impact maximal d’environ 0,4 point de pourcentage sur l’inflation globale projetée au premier trimestre de 2027.
- On postule que les effets de l’incertitude entourant les politiques commerciales sur le produit intérieur brut s’atténueront lentement au cours de la période de projection.
- La projection pour le Canada intègre les données des derniers budgets fédéral et provinciaux et des mises à jour budgétaires qui avaient été déposées au moment de la rédaction du Rapport.
Notes
- 1. Pour en savoir plus sur le calcul des taux moyens des droits de douane, voir Banque du Canada, « Comment sont calculés les taux moyens des droits de douane », Rapport sur la politique monétaire (octobre 2025).[←]