Les prévisions de la Banque du Canada concernant la croissance du PIB mondial, tout comme celles d’autres institutions, ont présenté des erreurs négatives persistantes ces cinq dernières années. Cette situation tranche avec la période d’avant-crise, durant laquelle les erreurs de prévision étaient systématiquement positives, la croissance du PIB mondial étant alors plus élevée qu’escompté. Si les erreurs prévisionnelles observées depuis 2011 sont attribuables à une surestimation de la croissance dans les principales régions du globe, les États-Unis ont été la source d’erreurs importantes la plus persistante. Par contrecoup, l’indicateur que la Banque du Canada utilise pour évaluer la demande étrangère d’exportations canadiennes, à savoir la mesure de l’activité étrangère, a continuellement été revu à la baisse. Sans surprise, les erreurs moyennes de prévision liées à la croissance du PIB du Canada sont également négatives au cours de cette période, surtout pour ce qui est des prévisions à l’horizon d’un an. Les principales composantes de la demande à l’origine de cette faiblesse inattendue sont les exportations et les investissements fixes des entreprises, dont la tenue n’a été que partiellement contrebalancée par la vigueur supérieure aux attentes du logement. Nous constatons que les erreurs de prévision une année à l’avance concernant les exportations peuvent être en partie liées à la faiblesse inattendue de la croissance de l’économie américaine. La compétitivité du Canada pourrait également avoir été plus faible qu’anticipé. Les erreurs relatives aux investissements des entreprises sont corrélées avec les mesures de la confiance et de l’incertitude des entreprises, ainsi qu’avec les écarts du cours du pétrole par rapport à l’analyse de la prévision de référence de la Banque. La possibilité qu’une période de croissance inférieure aux attentes de la production étrangère et intérieure se poursuive au cours des prochaines années soulève d’importantes questions qui pourraient être étudiées par les banques centrales et les décideurs publics.