L’endettement élevé des ménages rend l’économie canadienne plus vulnérable aux événements susceptibles de compromettre la croissance et la stabilité financière, et la circonspection dont fait preuve la Banque du Canada dans la conduite de la politique monétaire aide à gérer les risques, a déclaré aujourd’hui le gouverneur, Stephen S. Poloz.

Dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce de Yellowknife, M. Poloz a expliqué que le haut niveau d’endettement des ménages est appelé à persister pendant des années et qu’il continuera à rendre l’économie plus sensible aux variations des taux d’intérêt que par le passé. Cette question revêt aujourd’hui d’autant plus d’importance pour la Banque que l’économie tourne près des limites de sa capacité, a-t-il ajouté, de sorte que des taux d’intérêt plus élevés seront nécessaires avec le temps pour que l’inflation demeure à la cible.

« Les progrès économiques enregistrés à ce jour renforcent notre conviction que des taux d’intérêt plus élevés seront justifiés avec le temps; cela dit, une certaine détente monétaire sera encore nécessaire, a insisté M. Poloz. Nous continuerons à surveiller la réaction des ménages et de l’économie tout entière aux taux d’intérêt plus élevés. Et nous ferons preuve de circonspection au moment d’apporter des ajustements à la politique monétaire, et serons guidés par les nouvelles données. »

Les ménages canadiens ont accumulé une dette d’environ 2 000 milliards de dollars, dont 1 500 milliards de dollars en prêts hypothécaires. Cette dette est la résultante naturelle d’un certain nombre de facteurs, parmi lesquels la demande soutenue de logements et la période prolongée de bas taux d’intérêt qui a permis aux emprunteurs de contracter des prêts hypothécaires plus importants sans modifier le montant de leurs paiements.

Cette dette constitue désormais une vulnérabilité, tant pour l’ensemble de l’économie que pour les ménages fortement endettés qui devront faire face à un coût supérieur du service de leur dette lorsque les taux d’intérêt augmenteront. « Nous surveillons de près la vulnérabilité que représentent ce groupe et sa dette, ainsi que le risque qu’elle fait peser sur le système financier et sur l’économie », a précisé le gouverneur.

M. Poloz a par ailleurs souligné que les politiques macroprudentielles, telles que les nouvelles règles hypothécaires, constituent un apport bienvenu. Ces politiques « contribuent à réduire la vulnérabilité de l’économie, puisque les nouveaux emprunteurs seront plus résilients que les emprunteurs actuels », a-t-il fait valoir.

L’endettement des ménages « présente encore des risques pour l’économie et la stabilité financière, des risques qui, en raison de la taille même de la dette en cause, persisteront un certain temps. Il y a cependant tout lieu de croire que nous pouvons continuer à les gérer avec succès », a conclu le gouverneur.