Le gouverneur Tiff Macklem parle de la façon dont les entreprises et les ménages s’adaptent aux forces de long terme qui transforment l’économie canadienne. Il examine ensuite comment le regain des tensions commerciales et les prix élevés de l’énergie influent sur les perspectives de croissance économique et d’inflation.
Le gouverneur Tiff Macklem s’adresse au Halifax Partnership à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Lisez le discours complet.
Les entreprises s’adaptent aux changements structurels
L’économie canadienne est remodelée par de puissantes forces de long terme. Les tensions commerciales, les progrès rapides de l’intelligence artificielle (IA) et les changements démographiques transforment la façon dont les entreprises opèrent et investissent, dont les gens travaillent et dont l’économie se développe.
Il y a de plus en plus de signes que l’économie s’adapte à ces forces. Les entreprises ajustent leurs chaînes d’approvisionnement pour réduire leur exposition aux droits de douane, et beaucoup cherchent des occasions de croissance ailleurs qu’aux États-Unis. Elles adoptent l’IA, investissent dans les nouvelles technologies et s’efforcent d’attirer et de retenir des personnes possédant les compétences dont elles ont besoin.
Cette adaptation contribue à renforcer l’économie. Les exportations, la croissance et les investissements ont augmenté ces derniers mois, et les conditions du marché du travail ont commencé à s’améliorer.
De nouveaux défis à venir
Mais la rupture des négociations commerciales avec les États-Unis et le conflit au Moyen-Orient posent des défis. L’incertitude commerciale complique les décisions d’investissement et d’embauche des entreprises, ce qui peut ralentir la croissance à court terme. En même temps, les prix élevés du pétrole et du carburant ont fait passer l’inflation au-dessus de la cible de 2 %. L’incidence de ces forces dépendra de leur persistance et de la façon dont les ménages et les entreprises vont réagir.
Ces défis tirent l’économie dans des directions différentes. Les droits de douane pèsent sur la croissance, tandis que la guerre au Moyen-Orient fait monter l’inflation. Et tout ça se produit à un moment où la population canadienne perçoit encore une crise de l’abordabilité. Cela rend les décisions de politique monétaire plus complexes.
Comment la Banque réagit
La politique monétaire ne peut pas renverser les effets des droits de douane ni faire changer le prix de l’essence. Le rôle de la Banque du Canada est plutôt de déterminer si ces chocs auront des effets durables sur l’inflation et la croissance économique. Pour ce faire, elle analyse les données, rencontre des entrepreneurs, des travailleurs et des leaders communautaires partout au pays, et utilise des outils avancés pour évaluer les risques et différents scénarios.
Au bout du compte, le travail de la Banque consiste à maintenir l’inflation près de la cible de 2 %.
Malgré tout ça, l’objectif de la Banque n’a pas changé. Nous continuons d’œuvrer à maintenir l’inflation à un niveau bas, stable et prévisible. Dans un monde incertain, c’est l’une des contributions les plus importantes que nous puissions apporter au bien-être économique de toute la population canadienne. »
Le gouverneur Macklem répond aux questions des médias après son discours.