Rapport sur la politique monétaire – Déclaration préliminaire à la conférence de presse
Bonjour. Je suis ravi d’être ici avec la première sous-gouverneure Carolyn Rogers pour parler de notre décision de politique monétaire et du Rapport sur la politique monétaire de la Banque.
Aujourd’hui, nous avons relevé le taux directeur de 25 points de base, pour le faire passer à 2,5 %. C’est la première augmentation de taux depuis juillet 2023.
Il y a eu deux grands changements dans l’économie depuis la parution du Rapport de juillet.
Premièrement, les perspectives d’inflation se sont détériorées. Avec la guerre au Moyen-Orient qui persiste, les prix mondiaux du pétrole ont monté et devraient rester plus élevés pendant plus longtemps. Pour les gens, l’essence est plus chère, et pour bien des entreprises, les coûts sont plus élevés.
Deuxièmement, les perspectives de croissance au Canada se sont un peu améliorées, malgré les mesures commerciales continuelles imposées par les États-Unis. La croissance s’est redressée en milieu d’année, et les exportations et les investissements des entreprises et des gouvernements devraient favoriser une reprise soutenue.
Les perspectives d’inflation sont beaucoup plus élevées et l’économie se montre résiliente. Une hausse du taux directeur est donc nécessaire pour réduire le risque que les prix élevés de l’énergie se propagent et se transforment en inflation généralisée.
Nous savons que l’incertitude reste élevée. La situation au Moyen-Orient et les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis continuent d’évoluer. Il y a aussi de l’incertitude entourant l’impact des nouveaux droits de douane américains, et la part des coûts de l’énergie qui seront transmis plus généralement aux prix à la consommation.
Laissez-moi vous en dire plus sur ce que nous constatons dans l’économie et sur ce que nous anticipons au cours des prochains mois.
Au Canada, la croissance s’est redressée en milieu d’année. La croissance du produit intérieur brut (PIB) était de 3,3 % au deuxième trimestre, et les indicateurs récents laissent entrevoir qu’elle sera d’à peu près 2 % au troisième trimestre. Les dépenses de consommation ont été solides, malgré la lenteur de la croissance démographique. Les investissements des entreprises ont rebondi sous l’effet de l’activité dans le secteur pétrolier et gazier ainsi que des dépenses en machines et matériel. En dépit de la faiblesse persistante dans les secteurs touchés par les droits de douane américains, les exportations se sont raffermies dans l’ensemble, compte tenu de la robustesse de la demande en provenance des États-Unis, de la production plus élevée d’énergie et des signes croissants montrant que les entreprises s’adaptent à l’évolution du contexte commercial. Le taux de chômage se maintient autour de 6½ % depuis plusieurs mois. Un large éventail d’indicateurs laisse croire qu’il subsiste une certaine offre excédentaire dans l’économie.
Dans l’avenir, la croissance va probablement ralentir au quatrième trimestre, les nouveaux droits de douane américains pesant sur l’activité. Elle devrait toutefois reprendre en 2027, les mesures budgétaires favorisant le maintien des dépenses de consommation, le raffermissement des exportations et l’augmentation des investissements des entreprises.
On prévoit que la croissance du PIB sera de 1,0 % en 2026, puis d’environ 2 % en 2027 et 2028, ce qui devrait absorber l’offre excédentaire restante dans l’économie. Bien que l’incertitude entourant les perspectives reste élevée, la projection de croissance est dans l’ensemble un peu plus forte que ce qui était présenté dans le Rapport de juillet.
Vu le maintien des prix du pétrole et des marges des raffineries à un niveau élevé, l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) avoisine 3 % depuis avril et devrait monter à environ 3½ % d’ici la fin de l’année. On s’attend à ce que l’inflation reste égale ou supérieure à 3 % pendant la majeure partie de 2027 avant de revenir près de la cible de 2 % d’ici le milieu de 2028. Les attentes d’inflation à court terme des ménages et des entreprises ont augmenté, tandis que celles à long terme restent bien ancrées.
Dans ce contexte, le Conseil de direction a envisagé deux options : maintenir le taux directeur au même niveau, ou le relever.
L’argument principal pour le maintien du taux était que la hausse de l’inflation s’est jusqu’à présent concentrée dans les prix de l’énergie et dans ceux des services qui dépendent fortement d’intrants énergétiques, comme les prix des billets d’avion. Si on exclut l’essence, l’inflation mesurée par l’IPC est encore à 2,2 %, et les mesures de l’inflation fondamentale restent proches de 2 %. De plus, même si la croissance a été plus forte que prévu, des capacités excédentaires demeurent et les nouveaux droits de douane américains vont peser sur la croissance.
L’argument principal pour une hausse du taux était que les prix de l’énergie sont plus élevés, qu’ils devraient le rester, et que les pressions sur les coûts s’intensifient. Comme nous le disons depuis un bon moment, plus les prix de l’énergie demeurent élevés longtemps, plus il est probable que ces coûts se répercuteront sur les prix à la consommation de façon plus générale.
Les prix de l’essence, du diesel et du mazout sont considérablement plus élevés qu’en juillet et devraient le rester plus longtemps. Cela a une incidence directe sur les consommateurs et fait monter les coûts de production et de transport des entreprises. Les prix des intrants industriels et des composants électroniques importés se sont aussi accrus. Les entreprises ont absorbé une bonne partie de ces coûts plus élevés jusqu’à présent, mais l’expérience et les enquêtes de la Banque donnent à penser qu’elles en transmettront une plus grande part à leur clientèle au cours de la prochaine année. Ensemble, les prix plus élevés de l’énergie et la transmission accrue des coûts renforcent la persistance de l’inflation. De plus, étant donné que l’économie devrait se redresser, moins de pressions à la baisse sur les prix viennent compenser ces pressions sur les coûts.
Comme l’inflation devrait rester élevée plus longtemps et que l’économie se montre résiliente, le Conseil de direction a reconnu que les risques pour l’inflation ont augmenté et qu’il y a moins de latitude pour offrir une détente monétaire. Pour la suite, le Conseil a convenu de prendre ses décisions de politique monétaire une à la fois. Il pourrait être nécessaire d’augmenter encore le taux directeur, mais étant donné les incertitudes actuelles, nous allons procéder avec prudence.
La Banque reste déterminée à préserver la confiance des Canadiennes et Canadiens dans la stabilité des prix pendant cette période de bouleversements mondiaux.
Sur ce, la première sous-gouverneure et moi répondrons avec plaisir à vos questions.