Résultats de l’enquête du 2e trimestre de 2026 | Vol. 23.2 | 6 juillet 2026
Les entrevues de l’enquête sur les perspectives des entreprises ont été menées en personne, par vidéoconférence et par téléphone entre les 1er et 21 mai 2026. Le Pouls des leaders d’entreprise est une enquête mensuelle en ligne. Les résultats les plus récents sont ceux d’avril, mai et juin 2026. La présente publication tient aussi compte des résultats de consultations spéciales réalisées auprès de leaders d’entreprise et de spécialistes du secteur pétrolier et gazier.
Vue d’ensemble
- Dans l’ensemble, la confiance des entreprises s’est détériorée après s’être améliorée au cours des trois derniers trimestres.
- Les perspectives de vente se sont légèrement modérées, sous l’effet d’un ralentissement des dépenses des entreprises et des consommateurs attribuable à la hausse des prix du carburant ainsi qu’à l’incertitude géopolitique accrue au Moyen-Orient.
- Les perspectives d’exportation des entreprises se sont améliorées. Moins d’entreprises ont déclaré que l’incertitude commerciale et l’hésitation des clients américains freinaient les exportations, et elles ont été plus nombreuses à faire état d’une forte demande pour les exportations de produits de base.
- La plupart des entreprises n’ont pas signalé de contraintes de capacité limitant la production ou de pénuries de main-d’œuvre contraignantes. La part des entreprises déclarant avoir des difficultés à se procurer des intrants essentiels a augmenté ce trimestre, mais les répondants ne considéraient généralement pas qu’elles limitaient leur capacité à satisfaire la demande.
- Les intentions d’investissement des entreprises demeurent fortes. La faible demande et l’incertitude persistante continuent de peser sur les plans d’investissement de certaines, tandis que les prix élevés des produits de base soutiennent les plans d’autres. Dans le secteur pétrolier, les prix plus élevés du pétrole incitent les producteurs à accroître à la fois leur production et leurs investissements (encadré 1). Les intentions d’embauche des entreprises sont plus faibles que la moyenne historique.
- La proportion d’entreprises s’attendant à une hausse des prix de leurs intrants et de leurs prix de vente a augmenté de façon marquée, ces anticipations étant souvent associées aux prix élevés du pétrole à l’échelle mondiale.
- Les attentes relatives aux prix élevés du pétrole ont entraîné une hausse des attentes d’inflation des entreprises par rapport aux derniers trimestres. Cependant, plus récemment, les attentes d’inflation ont diminué, atteignant leur plus bas niveau du trimestre durant la période ayant suivi la signature de l’accord provisoire entre les États-Unis et l’Iran à la mi-juin.
- Le rapport de ce trimestre de l’enquête sur les perspectives des entreprises introduit un indicateur de l’activité et un indicateur des prix. Ces nouvelles mesures synthétiques des perspectives des entreprises canadiennes offrent une vision nuancée des forces de l’offre et de la demande en faisant ressortir séparément les signaux touchant l’activité et les prix. Les deux indicateurs pointent dans des directions divergentes : les prix plus élevés du pétrole exercent des pressions à la hausse sur les perspectives de prix, mais des pressions à la baisse sur les perspectives d’activité partout sauf chez les entreprises des Prairies1.
La confiance des entreprises s’est affaiblie dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient
Après s’être améliorée au cours des trois trimestres précédents, la confiance des entreprises s’est détériorée ce trimestre (graphique 1). Comparativement au premier trimestre de 2026, les entreprises ont été plus nombreuses à déclarer que la hausse du coût des intrants et l’incertitude géopolitique causée par la guerre au Moyen-Orient pèsent sur les conditions d’affaires. Ainsi, la proportion d’entreprises qui se préparent à une récession au Canada au cours des 12 prochains mois ou qui intègrent cette possibilité dans leur budget est passée de 9 à 17 %. Malgré cela, cette proportion reste inférieure aux niveaux observés tout au long de 2025.
Graphique 1 : La confiance des entreprises s’est détériorée
Parallèlement à cette baisse de la confiance des entreprises, l’indicateur de l’activité de l’enquête sur les perspectives des entreprises a reculé, en grande partie en raison de l’affaiblissement des perspectives de ventes (graphique 2, ligne bleue). En même temps, l’indicateur des prix a augmenté à cause des attentes plus élevées, à la fois pour l’inflation et pour la croissance des prix des intrants et des prix de vente (graphique 2, ligne jaune). Cette divergence entre les indicateurs concorde avec un choc d’offre négatif lié à la guerre au Moyen-Orient ainsi qu’avec les différences régionales et sectorielles.
Graphique 2 : Les perspectives des entreprises concernant les prix ont augmenté, tandis que celles concernant l’activité se sont affaiblies
L’incidence sur l’activité commerciale de la guerre et de la hausse des prix du pétrole qui en découle a varié selon les régions et les secteurs. Dans les Prairies, les entreprises ont signalé des perspectives plus favorables en matière de ventes, d’investissement et d’embauche qu’au trimestre précédent (graphique 3, barres bleues). Cette amélioration est en bonne partie attribuable aux entreprises de cette région qui évoluent à l’intérieur ou autour du secteur pétrolier, dont les perspectives sont soutenues par les prix plus élevés du pétrole. En revanche, les entreprises du reste du Canada ont fait état de perspectives d’activité plus sombres en raison de l’incertitude accrue et des effets négatifs des coûts élevés du carburant sur les dépenses des ménages et la demande des entreprises (graphique 3, barres jaunes).
Graphique 3 : Les perspectives d’activité commerciale des entreprises des Prairies se sont améliorées
Les perspectives de ventes des entreprises se sont amoindries
Les entreprises sont plus nombreuses qu’au trimestre précédent à s’attendre à un ralentissement de la croissance de leurs ventes. De plus, le solde des opinions relatif aux indicateurs des ventes futures a fléchi après s’être amélioré au cours des trois trimestres précédents et se situe maintenant juste en dessous de sa moyenne historique (graphique 4). Cette diminution s’explique par le fait que des entreprises estiment que les effets de la guerre au Moyen-Orient pèsent sur leurs ventes (graphique 5, barre rouge). Certaines de ces entreprises ont mentionné les coûts élevés du carburant et l’incertitude accrue ayant un effet modérateur sur la demande des clients commerciaux. Les perspectives se sont aussi assombries pour les entreprises dont l’activité dépend des dépenses discrétionnaires des consommateurs, parce que les prix plus élevés de l’essence associés à la guerre limitent les dépenses de voyage, de restauration et d’achats importants (meubles, véhicules, etc.).
Les tensions commerciales et l’incertitude qui les accompagne continuent de peser sur les perspectives de ventes intérieures des entreprises, principalement par le biais d’effets indirects comme l’affaiblissement de la confiance des consommateurs et la réduction des dépenses des entreprises des secteurs touchés par les droits de douane. Les perspectives sont particulièrement faibles chez les entreprises du secteur du logement, qui sont également confrontées à la croissance démographique lente, aux problèmes d’abordabilité et à l’incertitude géopolitique.
Graphique 4 : Les indicateurs des ventes futures des entreprises ont légèrement diminué depuis le dernier trimestre
Graphique 5 : La guerre au Moyen-Orient pèse sur les ventes des entreprises
En même temps, quelques facteurs ont soutenu les perspectives de ventes des entreprises. Une petite proportion d’entre elles – œuvrant pour la plupart dans le secteur pétrolier ou pour celui-ci – font état d’une amélioration de leurs perspectives en raison de la demande plus forte de pétrole et de l’activité accrue dans ce secteur (graphique 5, barre verte). Comme au trimestre précédent, les entreprises ont été plus nombreuses qu’à tout moment en 2025 à affirmer que les dépenses publiques, en particulier celles consacrées aux projets d’infrastructure, soutiennent leurs perspectives.
Les perspectives d’exportation des entreprises se sont améliorées et se situent nettement au-dessus de la moyenne historique (graphique 6). Cette amélioration s’explique par trois facteurs :
- Moins d’entreprises ont indiqué que les tensions commerciales pèsent sur leurs perspectives d’exportation. En particulier, elles ont été moins nombreuses à dire que les clients américains retenaient leurs commandes en raison de l’incertitude entourant l’évolution des politiques commerciales. Quelques-unes ont aussi déclaré avoir adapté leurs façons de faire en matière de production, d’expédition ou de douane ou s’être diversifiées vers d’autres secteurs pour réduire leur exposition aux droits de douane.
- Les prix élevés des produits de base, en particulier le pétrole et les métaux, soutiennent les volumes d’exportation de ces produits.
- La demande en biens et en services liée à la construction de centres de données pour l’intelligence artificielle (IA) aux États-Unis, y compris pour les télécommunications, les équipements électriques et les métaux, soutient les perspectives d’exportation des entreprises.
Graphique 6 : Les indicateurs des exportations futures se sont améliorés
Les intentions d’investissement restent solides, mais les intentions d’embauche ont diminué
Les intentions d’investissement des entreprises sont essentiellement inchangées par rapport au trimestre précédent et demeurent à un niveau élevé (graphique 7). La demande intérieure continue de soutenir les intentions d’investissement dans l’ensemble, mais la faible demande et l’incertitude persistante pèsent toujours sur les plans d’investissement de certaines entreprises. Les intentions d’investissement liées à la productivité demeurent plus répandues qu’au cours des dernières années, notamment les investissements dans la mise à niveau de l’équipement et l’intégration de l’IA. L’entretien régulier demeure la principale motivation des dépenses d’investissement. Les prix élevés des produits de base soutiennent également les investissements des entreprises liées au secteur des ressources naturelles, en particulier le pétrole et le gaz naturel (encadré 1). Les entreprises qui s’attendent à une hausse de leurs ventes en lien avec les dépenses publiques affichent également de solides intentions d’investissement.
Les intentions d’embauche des entreprises ont légèrement faibli ce trimestre pour s’établir sous leur moyenne historique, plombées par les perspectives de la demande plus modérées (graphique 7), en particulier pour les entreprises à l’extérieur des Prairies. En revanche, les intentions d’embauche ont augmenté chez les entreprises des Prairies, soutenues par la hausse des prix des produits de base.
Graphique 7 : Les intentions d’embauche des entreprises se sont affaiblies, tandis que les intentions d’investissement demeurent solides
La plupart des entreprises font encore état de capacités excédentaires
Après avoir connu une longue période de faible demande ces derniers trimestres, une majorité d’entreprises continuent d’indiquer que leur capacité physique et la taille de leur effectif sont suffisantes. La proportion d’entre elles affirmant qu’elles auraient de la difficulté à répondre à une hausse inattendue de la demande a baissé par rapport au trimestre précédent et s’est retrouvée encore plus sous sa moyenne historique (graphique 8, ligne bleue). Le nombre d’entreprises ayant signalé des pénuries de main-d’œuvre contraignantes a aussi reculé (graphique 8, ligne jaune). De plus, ce trimestre, moins d’entreprises ont déclaré avoir plus de difficulté à trouver de la main-d’œuvre qu’il y a un an, ce qui annule en partie la hausse observée au cours de la dernière année.
Graphique 8 : Une minorité d’entreprises font état de contraintes de capacité ou de pénuries de main-d’œuvre
Les entreprises ont été plus nombreuses qu’au cours des derniers trimestres à signaler des problèmes de chaîne d’approvisionnement (graphique 9). Cela dit, la plupart ne considèrent pas que ces problèmes limitent leur capacité à répondre à la demande. Les problèmes sont aussi beaucoup moins courants qu’en 2022, aux derniers stades de la pandémie de COVID‑19, lorsque les perturbations des chaînes d’approvisionnement étaient généralisées. Les entreprises qui ont mentionné ces problèmes ont souligné des difficultés à se procurer des intrants essentiels et une hausse du coût des intrants, qu’elles attribuent aux facteurs suivants :
- les droits de douane et les tensions commerciales
- la guerre au Moyen-Orient
- la forte hausse des investissements dans les centres de données pour l’IA aux États-Unis
Graphique 9 : Les problèmes de chaîne d’approvisionnement ont augmenté
Les prix élevés du pétrole ont fait monter les attentes des entreprises quant aux prix
Les attentes des entreprises à l’égard de la croissance moyenne des salaires restent essentiellement inchangées par rapport au trimestre précédent et demeurent à leur moyenne historique (graphique 10). La faible rentabilité des entreprises continue de modérer les attentes de croissance des salaires, alors que les ajustements au coût de la vie exercent désormais des pressions à la hausse sur les attentes salariales au cours des 12 prochains mois. La proportion d’entreprises signalant des pressions à la hausse sur la croissance attendue des salaires pour attirer ou fidéliser des travailleurs demeure basse, ce qui cadre avec des pénuries de main-d’œuvre limitées.
Graphique 10 : La croissance attendue des salaires reste essentiellement inchangée
Les attentes des entreprises quant à la croissance du coût des intrants hors main-d’œuvre et des prix de vente au cours des 12 prochains mois ont considérablement augmenté (graphique 11). Bien qu’un plus grand nombre d’entreprises qu’au dernier trimestre aient l’intention d’augmenter substantiellement leurs prix de vente, la plupart continuent de ne prévoir que de légères hausses. Près des trois quarts des entreprises ont dit que leurs coûts avaient augmenté en raison de la guerre au Moyen-Orient (graphique 12). Elles ont signalé que les hausses étaient en grande partie directement liées à la hausse des coûts du carburant, y compris les coûts d’expédition et de transport. Certaines entreprises ont aussi mentionné des augmentations de coûts pour les produits dérivés du pétrole, comme les résines et les mousses. Environ le cinquième des entreprises – une proportion plus faible qu’au trimestre précédent – ont également fait état de pressions sur les coûts attribuables aux droits de douane et aux politiques commerciales. Elles citent souvent les coûts des droits de douane qui se répercutent tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Ces augmentations de coûts étaient généralisées à tous les intrants, bien que l’acier ait été nommé fréquemment.
Parmi les entreprises dont les coûts liés aux carburants et les coûts non liés aux carburants ont augmenté en raison de la guerre au Moyen-Orient, environ 40 % ne répercutent pas ces hausses sur leurs clients et 25 % ne les répercutent que partiellement. Les raisons pour ne pas entièrement répercuter ces augmentations sur les prix sont notamment les suivantes :
- la faible demande et la forte concurrence
- l’incertitude entourant la durée et l’ampleur du choc
- d’autres contraintes qui empêchent les entreprises d’ajuster leurs prix (p. ex., contrats à long terme, dates fixes d’établissement des prix, prix fixés sur les marchés mondiaux)
Malgré cela, environ un tiers des entreprises qui subissent de telles hausses de coûts les répercuteront entièrement sur leurs clients au cours des 12 prochains mois. Pour ces entreprises, la répercussion des augmentations était souvent liée à ce qui suit :
- les mécanismes en place pour répercuter les augmentations de coûts (p. ex., suppléments pour carburant, indexations de coûts dans les contrats)
- les modèles d’affaires à marge fixe, souvent avec des marges minces et peu de flexibilité pour absorber les hausses de coûts
Graphique 11 : Les entreprises sont plus nombreuses qu’au dernier trimestre à s’attendre à une hausse des prix de leurs intrants et de leurs prix de vente
Graphique 12 : Les entreprises s’attendent à ce que les droits de douane et la guerre au Moyen-Orient fassent augmenter les prix des intrants
En moyenne, les attentes d’inflation pour les deux prochaines années ont augmenté par rapport au trimestre précédent, ce qui reflète en grande partie les prix plus élevés du pétrole en raison de la guerre au Moyen-Orient (graphique 13). Les entreprises s’attendent à ce que l’inflation à l’horizon d’un an et au cours des deux prochaines années se situe entre 3 et 3,5 %.
Toutefois, les attentes d’inflation à l’horizon d’un an suivent une tendance à la baisse depuis le sommet atteint en avril, atteignant leur plus bas niveau du trimestre durant la période ayant suivi la signature de l’accord provisoire entre les États-Unis et Iran à la mi-juin. Les attentes d’inflation à l’horizon de cinq ans n’ont pratiquement pas changé depuis avant le début de la guerre. Lorsqu’on a demandé aux entreprises à quel moment elles pensaient que l’inflation allait retourner à 2 %, leurs réponses ont été très variées, et un cinquième d’entre elles ont répondu que c’était trop difficile à dire.
Graphique 13 : Les attentes d’inflation à l’horizon d’un an se sont modérées après avoir fortement augmenté
Encadré 1 : Les perspectives d’investissement et de production dans le secteur pétrolier et gazier se sont améliorées
Entre le 7 et le 21 mai 2026, le personnel de la Banque du Canada a tenu des consultations à Calgary auprès de leaders d’entreprise et de spécialistes du secteur pétrolier et gazier, notamment des producteurs, des exploitants de pipelines, des fournisseurs de services énergétiques et des analystes. Les prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) se sont établis en moyenne à 101 $ US le baril durant la période de consultation, comparativement à une moyenne de 65 $ US entre le 1er et le 27 février 2026, avant le début de la guerre au Moyen-Orient.
Les entreprises s’attendent à ce que le prix du WTI diminue conformément aux attentes des marchés financiers concernant les prix futurs du pétrole. On s’attend toutefois à ce que les prix restent supérieurs aux attentes d’avant la guerre en raison des perturbations persistantes de l’approvisionnement et de l’intensification des risques géopolitiques. À moyen terme, les prix du Western Canadian Select (WCS), un important mélange de pétrole brut acide lourd canadien, devraient refléter des forces opposées. L’augmentation de la production des sables bitumineux pèse sur les prix du WCS. De plus, la concurrence renouvelée dans les raffineries de la côte américaine du golfe du Mexique par le brut lourd vénézuélien, qui ressemble chimiquement au brut lourd canadien, exercera probablement une pression à la baisse supplémentaire sur les prix du WCS. Cependant, ces pressions devraient être en partie compensées par l’augmentation des expéditions de pétrole grâce à l’agrandissement du réseau d’oléoducs Trans Mountain vers l’Asie, où la demande de brut lourd demeure forte.
Les plans d’investissement et de production des sociétés cotées en bourse du secteur pétrolier et gazier ont été révisés à la hausse depuis décembre (graphique 1‑A et graphique 1‑B)2. Étant donné qu’on s’attend à ce que le prix du WTI avoisine 70 $ US d’ici la fin de l’année, comme le donnent à penser les marchés financiers, la plupart des producteurs de pétrole classique et de sables bitumineux sont en mesure d’augmenter leurs dépenses d’investissement et leur production tout en répondant à d’autres priorités, comme le versement de dividendes et la réduction de leur dette. Toutefois, les producteurs de sables bitumineux ont tendance à rester prudents à l’égard des projets d’expansion, car le long cycle de vie de leurs projets les rend moins sensibles aux fluctuations de prix à court terme. Certains d’entre eux cherchent néanmoins à tirer profit des prix plus élevés en exploitant de manière plus intensive leurs actifs existants, en ne faisant que des ajouts marginaux à leurs budgets d’investissement. En revanche, les producteurs de pétrole classique ont réagi plus rapidement que les autres producteurs à la hausse des prix, leurs cycles de production plus courts leur permettant de profiter des périodes de prix élevés.
Les prix du gaz naturel durablement bas en Amérique du Nord incitent les producteurs de gaz naturel à réduire leurs investissements dans les infrastructures à forte intensité gazière, ce qui entraîne la révision à la baisse des plans d’investissement par rapport à décembre 2025. En même temps, la production de gaz naturel continue d’être soutenue par le démarrage de la phase 1 du projet LNG Canada et la demande de liquides de gaz naturel de la part des producteurs de sables bitumineux. Les participants aux consultations ont exprimé un regain d’optimisme quant aux perspectives à long terme pour le gaz naturel, car ils s’attendent à ce que plusieurs projets de gaz naturel liquéfié aillent de l’avant, élargissant ainsi l’accès aux marchés mondiaux. Les projets canadiens sont perçus comme concurrentiels sur le plan des coûts par rapport à leurs équivalents américains en raison de l’accès à la côte Ouest, qui réduit les coûts de transport vers l’Asie.
Graphique 1-A : Les producteurs de pétrole ont revu à la hausse leurs plans d’investissement
Graphique 1-B : Les producteurs de pétrole augmentent leur production en réaction à la hausse des prix
Interrogées sur les perspectives à long terme pour l’industrie pétrolière et gazière, les entreprises ont indiqué que les conditions commerciales du secteur s’étaient améliorées depuis décembre. Elles ont souligné que les projets d’infrastructure proposés et les progrès des discussions fédérales-provinciales sur le contrôle des émissions et les évaluations environnementales sont des facteurs clés. Ces nouveaux éléments favorisent également un climat d’investissement plus favorable et devraient aider à attirer des investissements directs étrangers, comme en témoigne la récente décision de Shell plc d’acquérir la société canadienne ARC Resources Ltd.
Notes
- 1. Pour des détails au sujet des indicateurs, voir Banque du Canada, « Note d’information sur les nouveaux indicateurs synthétiques de l’enquête sur les perspectives des entreprises » (juillet 2026).[←]
- 2. En 2025, la production de pétrole et de gaz du Canada, mesurée en barils équivalent pétrole, se composait d’environ 20 % de pétrole classique, 40 % de pétrole brut tiré des sables bitumineux et 40 % de gaz naturel. Toutefois, le pétrole représente une plus grande part des revenus de l’industrie en raison de son prix plus élevé.[←]
Les résultats de l’enquête représentent des opinions exprimées par les répondants et ne reflètent pas forcément le point de vue de la Banque du Canada.
L’Enquête sur les perspectives des entreprises est une publication qui contient les résultats d’une enquête menée par le personnel des bureaux régionaux de la Banque du Canada au moyen d’entrevues réalisées auprès des responsables d’une centaine d’entreprises, choisies en fonction de la composition du produit intérieur brut du secteur canadien des entreprises. Des précisions sur le questionnaire et les réponses obtenues sont présentées dans le site Web de la Banque du Canada.
Le Pouls des leaders d’entreprise est une enquête en ligne menée chaque mois par la Banque du Canada auprès de 700 à 1 000 dirigeants d’entreprises canadiennes, qui sont appelés à répondre à l’un des trois courts questionnaires de l’enquête. Pour en savoir plus sur Le Pouls des leaders d’entreprise, voir T. Chernis, C. D’Souza, K. MacLean, T. Reader, J. Slive et F. Suvankulov, The Business Leaders’ Pulse—An Online Business Survey, document d’analyse du personnel 2022-14, Banque du Canada (juin 2022).