Rapport sur la politique monétaire – Avril 2026
À l’échelle mondiale, la guerre au Moyen-Orient a fait monter l’inflation et pèse sur la croissance. L’incertitude s’est accrue de façon marquée. Et la politique commerciale des États-Unis continue de transformer le commerce mondial.
Dans la plupart des économies, l’inflation devrait culminer à court terme, puis diminuer graduellement, en supposant que les prix de l’énergie baisseront (graphique 21). Selon le scénario de référence, la croissance mondiale devrait se maintenir autour de 3 %. Les investissements robustes liés à l’intelligence artificielle (IA) et les mesures budgétaires adoptées dans plusieurs grandes économies continuent à l’alimenter.
La guerre au Moyen-Orient assombrit les perspectives. Les prix plus élevés du pétrole pèsent sur la croissance mondiale. Les régions qui importent du pétrole, comme l’Asie et la zone euro, seront les plus durement touchées. Si les perturbations de l’approvisionnement en pétrole et en gaz naturel liquéfié persistent, les pénuries qui pourraient en découler restreindraient considérablement l’activité économique dans ces régions. Par exemple, certains pays rationnent déjà le carburéacteur d’aviation et d’autres produits pétroliers. Parallèlement, la politique commerciale américaine, qui demeure imprévisible, continue de transformer le commerce mondial et de plomber la croissance à l’échelle du globe.
États-Unis
L’économie américaine devrait progresser à un rythme solide, soutenue par la vigueur des investissements liés à l’IA et une augmentation de la consommation. La flambée des prix du pétrole, qui fait grimper l’inflation, devrait avoir un léger effet négatif sur la croissance.
L’activité économique reste vigoureuse malgré la lente progression de l’emploi
Selon les estimations, la croissance du produit intérieur brut (PIB) a rebondi pour s’établir à 2,3 % au premier trimestre de 2026, contre 0,5 % au quatrième trimestre de 2025, lorsque la paralysie du gouvernement fédéral a freiné l’activité économique. Les investissements liés à l’IA continuent de stimuler la croissance du PIB. Par ailleurs, on présume que la croissance de la consommation s’est modérée; les prix plus élevés de l’essence, l’affaiblissement du marché du travail et les hausses passées des droits de douane ont réduit les revenus réels (graphique 22).
On s’attend à ce que la croissance du PIB s’établisse à environ 2¼ % en moyenne au cours de la période de projection. La consommation devrait progresser à un rythme solide, reflétant la hausse des revenus attribuable à la forte croissance de la productivité. Les investissements importants liés à l’IA soutiendront l’activité économique. Les prix plus élevés du pétrole devraient avoir un léger effet négatif sur la croissance du PIB, car le revenu réel des ménages diminue et les investissements dans le secteur pétrolier n’augmentent pas étant donné la hausse temporaire, bien qu’importante, des prix du pétrole. Les droits de douane et l’incertitude élevée entourant la politique économique continuent également de plomber l’activité. La durée de la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences économiques restent incertaines, mais les risques pointent vers une plus faible progression du PIB.
La hausse des prix du pétrole fait monter l’inflation
L’inflation mesurée par l’indice de prix relatif aux dépenses de consommation des ménages américains se chiffrait à 2,8 % en février, en partie sous l’effet des hausses passées des droits de douane. L’augmentation des prix du pétrole fera grimper l’inflation, qui atteindra un sommet d’environ 3½ % en avril. On s’attend à ce que l’inflation ralentisse ensuite, puisque les prix du pétrole devraient diminuer et que les effets des hausses tarifaires passées devraient s’atténuer. À la faveur d’un marché du travail équilibré et d’une croissance modérée des coûts de main-d’œuvre sur tout l’horizon de projection, l’inflation devrait diminuer en 2027 et en 2028.
Zone euro
La croissance du PIB dans la zone euro devrait se situer en moyenne autour de 1 % durant la période de projection. Vu la forte dépendance de la zone euro aux importations d’énergie, on s’attend à ce que la flambée des prix de l’énergie vienne limiter la croissance. Les droits de douane américains et la concurrence chinoise nuiront aux exportations. La demande intérieure sera soutenue par les dépenses publiques en défense et en infrastructure, ainsi que par la forte croissance des services numériques.
L’inflation devrait atteindre un sommet d’un peu plus de 3 % en mai, sous l’effet de la hausse des coûts de l’énergie. Elle devrait ralentir ensuite, vu la baisse attendue des prix mondiaux du pétrole et du gaz naturel.
Chine
La forte croissance affichée par la Chine à la fin de 2025 devrait se poursuivre dans la première moitié de 2026 et se chiffrer à 4¾ % pour l’année. Elle est alimentée par les exportations robustes vers les marchés émergents d’Asie et vers d’autres marchés hors États-Unis. En revanche, la croissance de la demande intérieure devrait rester modeste, plombée par la faiblesse du secteur immobilier. Les prix plus élevés du pétrole pèsent également sur l’activité économique, mais les mesures de contrôle qu’applique l’État aux prix du carburant, rendues possibles par ses importantes réserves de pétrole, devraient atténuer l’impact des coûts accrus de l’énergie.
À moyen terme, on prévoit que la croissance du PIB avoisinera 4¼ % en 2027 et en 2028. La progression des exportations devrait ralentir à mesure que les gains de compétitivité vont se stabiliser, et le rythme de la demande intérieure devrait s’accélérer grâce aux mesures de soutien budgétaire et à la stabilisation du marché du logement.