Rapport annuel 2025

Dynamique | Engagée | Digne de confiance

Message du gouverneur

En 2025, la Banque du Canada a célébré son 90e anniversaire. Fondée à une époque de bouleversements économiques profonds, la Banque a été créée pour rétablir la stabilité et la confiance. Aujourd’hui encore, le rôle que nous jouons pour favoriser la stabilité en période de perturbations est au cœur de notre travail.

L’économie canadienne a commencé l’année 2025 sur des bases solides, avec un taux d’inflation près de la cible de 2 % et une activité en croissance. Toutefois, les droits de douane américains et l’incertitude créée par les changements et revirements fréquents de la politique commerciale des États-Unis ont mis à l’épreuve la résilience de notre économie.

La Banque est restée concentrée sur le maintien de la stabilité des prix. Nous avons abaissé notre taux directeur à quatre reprises, pour une baisse totale de 100 points de base, afin de soutenir l’économie et de garder l’inflation près de la cible.

L’inflation est demeurée autour de 2 % tout au long de l’année et le Canada a évité une récession. Mais la guerre commerciale a nui à notre économie. Les paysages mondial et canadien sont en pleine évolution, et la façon dont notre économie s’adaptera aux changements structurels en cours déterminera notre prospérité future.

Le Canada a présidé le G7 en 2025, ce qui lui a permis de mener des discussions sur les risques d’une fragmentation économique accrue et de réitérer l’importance de la coopération internationale. La Banque a participé à des discussions sur des enjeux mondiaux, notamment les paiements transfrontaliers, l’intelligence artificielle et la stabilité financière, la cybersécurité et les risques liés à la part croissante des institutions financières non bancaires dans les marchés de financement essentiels.

Le gouverneur Tiff Macklem et François-Philippe Champagne, ministre des Finances et du Revenu national, rencontrent les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 à Banff, en Alberta, en mai.
Source : Gouvernement du Canada

Préparer l’avenir

La Banque a commencé à travailler au renouvellement de 2026 du cadre de politique monétaire, en collaboration avec le gouvernement fédéral. Elle se penche notamment sur les questions suivantes :

  • les mesures de politique monétaire prises en réaction à des chocs d’offre importants
  • la mesure de l’inflation fondamentale
  • le lien entre la politique monétaire, l’abordabilité des logements et l’inflation

La cible d’inflation de 2 % demeure : elle s’est avérée efficace pour ancrer les attentes et maintenir la stabilité des prix.

La portée de notre travail de réglementation au sein de l’écosystème des paiements s’est également élargie en 2025. Au mois de septembre, notre mandat consistant à superviser les fournisseurs de services de paiement (FSP) de détail est entré en vigueur. Environ 1 600 FSP au Canada se sont enregistrés afin d’être sous la supervision de la Banque. Notre rôle est de veiller à ce qu’ils gèrent bien leurs risques opérationnels et protègent les fonds qu’ils détiennent pour le compte des entreprises et des ménages canadiens.

En novembre, le gouvernement fédéral a annoncé dans son budget les deux nouvelles responsabilités confiées à la Banque : surveiller les opérations bancaires axées sur les consommateurs et réglementer les cryptomonnaies stables. Ces deux nouveaux secteurs pourraient avoir des retombées positives pour les Canadiennes et Canadiens, mais ils comportent également des risques qu’il faut gérer. Notre objectif est de soutenir l’innovation tout en protégeant la sécurité et la stabilité.

Pour rester à l’affût de l’évolution des risques pesant sur la stabilité financière, nous nous sommes appuyés sur le cadre de surveillance systémique instauré en 2024. Nous avons approfondi notre analyse des tensions financières touchant les ménages, les banques, les entreprises et les institutions financières non bancaires, et nous avons élaboré un tableau de bord élargi d’indicateurs de la stabilité financière.

Enfin, nous avons continué à travailler à la conception du nouveau billet vertical de 20 $, qui sera émis au début de 2027 et doté d’éléments de sécurité améliorés. Un nouveau billet de 5 $ suivra peu après, et les travaux ont aussi commencé sur les éléments de sécurité des futurs billets de 50 $ et de 100 $.

Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en décembre, le gouverneur Tiff Macklem parle du rôle que joue la Banque du Canada pour veiller à ce que les Canadiennes et Canadiens aient confiance en leur argent sous toutes ses formes.
Source : La Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Notre bilan en 2025

En 2025, la Banque est revenue à une gestion normale de son bilan après l’expansion qui a permis de soutenir l’économie et le système financier du Canada durant la pandémie, et le retrait subséquent de ce soutien. Ce retour à la normale comprend la reprise des achats réguliers d’actifs – à commencer par les opérations courantes de prise en pension à plus d’un jour et les achats de bons du Trésor du gouvernement du Canada – afin de favoriser un portefeuille d’actifs plus équilibré. La Banque n’aura vraisemblablement pas à acheter d’obligations du gouvernement du Canada dans le cadre de la gestion normale de son bilan avant 2027.

Pour l’avenir, la Banque s’est engagée à réduire ses charges d’exploitation essentielles de 15 % d’ici la fin de 2028 afin de s’aligner sur l’examen exhaustif des dépenses mené par le gouvernement fédéral.

Le Canada peut compter sur nous

L’économie canadienne doit encore s’ajuster de façon importante. Il y aura d’autres défis à relever en 2026, et l’incertitude persistera.

Comme toujours, la population canadienne peut compter sur nous pour être une source de stabilité, en nous appuyant sur notre mandat de maîtrise de l’inflation.

Nous vous remercions de votre confiance.

Le gouverneur,
Tiff Macklem

Résultats financiers

Vue d’ensemble

La présente section donne les faits saillants des résultats financiers de la Banque du Canada (la Banque) pour l’exercice clos le 31 décembre 2025. Elle doit être lue en parallèle avec les états financiers et les notes y afférentes pour l’exercice clos le 31 décembre 2025. La direction répond de l’information contenue dans le Rapport annuel.

En 2025, la Banque est revenue à une gestion normale de son bilan après l’expansion qui a permis de soutenir le fonctionnement des marchés et la stabilité économique durant la pandémie, et la contraction subséquente au moyen du resserrement quantitatif une fois que ces mesures n’étaient plus nécessaires. La Banque a repris ses achats d’actifs par le biais de ses opérations courantes de prise en pension à plus d’un jour en mars, puis ses achats de bons du Trésor en décembre. Consultez le site Web de la Banque pour en savoir plus sur ces mesures, notamment pour lire les communiqués de presse et les avis aux marchés pertinents.

Gestion du bilan de la Banque

État de la situation financière résumé
(En millions de dollars canadiens)
Au 31 décembre 2025 2024
Actif
Prêts et créances 27 803 19 462
Placements 192 215 236 868
Dérivés – conventions d’indemnisation conclues avec le gouvernement du Canada 19 291 19 786
Tous les autres éléments d’actif* 1 213 1 127
Total de l’actif 240 522 277 243
Passif et insuffisance
Billets de banque en circulation 124 319 121 298
Dépôts 124 438 164 359
Autres éléments de passif 287 298
Insuffisance (8 522) (8 712)
Total du passif et de l’insuffisance 240 522 277 243

* Comprend la trésorerie et les dépôts en monnaies étrangères, les immobilisations et les autres éléments d’actif.

Les actifs financiers que détient la Banque découlent du rôle qu’elle assume comme seule autorité habilitée à émettre des billets de banque pour le Canada, ainsi que de ses activités liées à la politique monétaire et au système financier. La valeur des actifs inscrits au bilan de la Banque a diminué en raison de la normalisation continue du bilan. Le total de l’actif de la Banque a baissé de 13 % durant l’exercice, par rapport à sa valeur au 31 décembre 2024, pour s’établir à 240 522 millions de dollars au 31 décembre 2025. Cette baisse est attribuable à l’arrivée à échéance de placements, la Banque ayant réduit la taille de son portefeuille d’actifs. Elle a été partiellement contrebalancée par une hausse des prêts et créances.

Les prêts et créances ont augmenté de 8 341 millions de dollars par rapport au 31 décembre 2024 en raison de la reprise des opérations de prise en pension à plus d’un jour en 2025. Ces opérations sont effectuées pour gérer le bilan de la Banque et soutenir la mise en œuvre efficace de la politique monétaire.

Les placements ont diminué de 19 % par rapport au 31 décembre 2024 pour se chiffrer à 192 215 millions de dollars au 31 décembre 2025. Cette diminution, qui reflète la normalisation continue du bilan de la Banque, s’explique principalement par les variations suivantes du portefeuille de placements de la Banque :

  • Les titres du gouvernement du Canada, qui comprennent les bons du Trésor, les obligations à rendement nominal et les obligations à rendement réel, ont diminué de 40 879 millions de dollars en 2025. Cette diminution tient à l’arrivée à échéance d’obligations du gouvernement du Canada détenues à la juste valeur (31 298 millions de dollars) et au coût amorti (11 660 millions de dollars). Elle a été compensée en partie par la reprise des achats de bons du Trésor (2 079 millions de dollars).
  • Le volume de titres prêtés dans le cadre du Programme de prêt de titres de la Banque – qui vise à renforcer la liquidité des marchés des titres du gouvernement du Canada – a baissé de 1 232 millions de dollars au 31 décembre 2025 par rapport au 31 décembre 2024.

Les conventions d’indemnisation conclues avec le gouvernement du Canada, qui sont des dérivés, ont été établies pour indemniser la Banque et lui permettre de soutenir les marchés des obligations du gouvernement fédéral et des provinces. Le gouvernement du Canada indemnise la Banque des pertes résultant de la vente d’actifs achetés dans le cadre du Programme d’achat d’obligations du gouvernement du Canada et du Programme d’achat d’obligations provinciales. Par contre, si la Banque réalise des gains lors de la vente de ces actifs, elle les remet au gouvernement. Le solde de 19 291 millions de dollars correspond à la juste valeur des dérivés afférents aux pertes nettes non réalisées sur ces instruments au 31 décembre 2025. Les dérivés ont enregistré une baisse de 495 millions de dollars au cours de l’exercice, principalement en raison d’une diminution des rendements obligataires et du volume total des obligations détenues. Ce montant est représenté dans la catégorie « Tous les autres éléments d’actif » dans le graphique ci-dessous.

Les billets de banque en circulation représentent environ 50 % (42 % au 31 décembre 2024) du total du passif de la Banque. Le volume de billets de banque en circulation a augmenté de 2 % pour atteindre 124 319 millions de dollars au 31 décembre 2025, ce qui s’explique par la demande du marché pendant l’exercice.

Les dépôts représentent à peu près 50 % du total du passif de la Banque (57 % au 31 décembre 2024). Ils se composent des dépôts effectués par le gouvernement du Canada, de ceux des membres de Paiements Canada et des autres dépôts. Leur solde a baissé de 24 % par rapport au 31 décembre 2024 pour s’établir à 124 438 millions de dollars au 31 décembre 2025, en raison de la normalisation continue du bilan.

L’insuffisance a diminué pour se chiffrer à 8 522 millions de dollars au 31 décembre 2025, en raison d’un résultat global de 190 millions de dollars pour l’exercice. Les résultats non distribués présentent un solde déficitaire de 9 899 millions de dollars au 31 décembre 2025. L’insuffisance tient compte également des sommes suivantes qui l’ont compensée en partie : un capital social autorisé de 5 millions de dollars, une réserve spéciale de 100 millions de dollars, une réserve de réévaluation des placements de 656 millions de dollars et une réserve pour gains actuariels de 616 millions de dollars, selon les chiffres au 31 décembre 2025. Pour en savoir plus, voir la note 14 afférente aux états financiers.

Résultat des opérations

Résultat des opérations résumé
(En millions de dollars canadiens)
Pour l’exercice clos le 31 décembre 2025 2024
Produits d’intérêts 3 291 3 620
Charges d’intérêts (2 657) (6 017)
Produits (charges) d’intérêts nets 634 (2 397)
Autres produits 24 23
Total des produits (pertes) avant les charges d’exploitation 658 (2 374)
Total des charges d’exploitation (740) (705)
Résultat net (82) (3 079)
Autres éléments du résultat global 272 213
Résultat global 190 (2 866)

La Banque a enregistré une perte nette de 82 millions de dollars au cours de l’exercice, surtout en raison des charges d’exploitation plus élevées que les produits d’intérêts nets. Comme la normalisation du bilan s’est poursuivie durant l’exercice, les soldes des dépôts ont diminué. Ces facteurs, combinés aux taux d’intérêt plus bas, ont entraîné une baisse des charges d’intérêts par rapport à 2024 et contribué au retour à un résultat net trimestriel positif au cours des deux derniers trimestres de l’exercice. La perte nette enregistrée ne nuit pas à la capacité de la Banque de remplir son mandat.

Les produits d’intérêts dépendent des conditions du marché et de leur incidence sur les actifs portant intérêt qui figurent au bilan de la Banque, de même que du volume et de la combinaison de ces actifs. La Banque gagne des intérêts sur ses placements en titres du gouvernement du Canada, ainsi que sur les titres achetés dans le cadre de conventions de revente (le cas échéant) et de programmes d’achat massif d’actifs. En 2025, les produits d’intérêts ont baissé de 329 millions de dollars (ou 9 %) par rapport à 2024, en raison surtout de la taille moins importante, en moyenne, du portefeuille de placements portant intérêt, la Banque poursuivant la normalisation de son bilan. Cette baisse a été compensée en partie par une légère hausse du rendement moyen des placements et la relance du programme de prise en pension à plus d’un jour en mars 2025.

Les charges d’intérêts se composent essentiellement des intérêts à verser sur les dépôts détenus à la Banque par les membres de Paiement Canada et d’autres institutions. En 2025, les charges d’intérêt ont diminué de 3 360 millions de dollars (ou 56 %) par rapport à 2024, en raison du plus faible volume moyen des dépôts et de la baisse des taux d’intérêt tout au long de l’exercice.

Les charges d’exploitation ont augmenté de 35 millions de dollars (ou 5 %) comparativement à 2024, en raison principalement de la hausse des coûts associés à la production et au traitement des billets de banque ainsi qu’à la recherche sur les billets, les volumes ayant augmenté suivant le plan annuel et la demande du marché. Ces pressions ont été en partie compensées par la baisse des coûts des avantages du personnel futurs attribuable aux variations du taux d’actualisation et par des variations modestes dans d’autres catégories de coûts.

Les autres éléments du résultat global pour l’exercice se chiffrent à 272 millions de dollars. Ils comprennent un gain de 163 millions de dollars attribuable aux réévaluations des régimes à prestations définies de la Banque, lequel résulte principalement d’une augmentation de la juste valeur des actifs des régimes et de hausses des taux d’actualisation1. Ils comprennent également une augmentation de 109 millions de dollars de la juste valeur du placement de la Banque en actions de la Banque des Règlements Internationaux.

Perspectives pour 2026

Plan de la Banque pour 2026
(En millions de dollars canadiens)
Budget de 2026
Pour l’exercice clos le 31 décembre $ %
Frais de personnel 430 53
Production des billets de banque 62 8
Coûts afférents aux immeubles 35 4
Technologie et télécommunications 119 15
Amortissements 69 8
Autres charges d’exploitation 101 12
Total des charges d’exploitation 816 100

L’année 2026 est la deuxième année de la mise en application du Plan stratégique 2025-2027 de la Banque, intitulé Les Canadiennes et Canadiens comptent sur nous. Le cadre de gestion financière de la Banque permet de prendre des décisions relatives à la répartition des ressources pour atteindre les objectifs de l’institution et atténuer les risques auxquels elle est exposée d’une manière prudente sur le plan budgétaire2.

La Banque s’est engagée à réduire ses charges d’exploitation essentielles de 15 % d’ici la fin de 2028 afin de s’aligner sur l’examen exhaustif des dépenses mené par le gouvernement fédéral. Le budget de 2026 marque la première année d’entrée en vigueur de ces réductions, certaines mesures visant à réaliser des économies et des gains d’efficience se reflétant déjà dans les dépenses prévues pour l’exercice.

Les frais de personnel continuent de représenter la part la plus importante des charges de l’institution, tandis que les coûts de production des billets de banque devraient augmenter en raison du plus grand volume de billets neufs requis en 2026. Les autres charges comprennent les coûts nécessaires pour remplir les grandes fonctions de la Banque, améliorer ses systèmes et outils pour soutenir les opérations, gérer les risques, pérenniser sa résilience et la préparer pour l’avenir.

Points saillants d’ordre opérationnel

Conseil d’administration

Peter P. Dhillon a démissionné du Conseil d’administration le 5 août 2025, et Robert Campbell et Claire Kennedy, le 26 novembre 2025. Le 27 novembre 2025, cinq nouvelles personnes ont été nommées au Conseil d’administration, soit Chantal Frappier, Marjolaine Giasson, Sandra L. Hanington, Maureen C. Jensen et Andrew D. Mutch.

Questions relatives à la comptabilité et aux contrôles

Pour de plus amples renseignements sur le cadre de présentation de l’information financière de la Banque et sur les questions comptables, veuillez vous reporter aux états financiers annuels.

Contrôle interne à l’égard de l’information financière

La Banque dispose d’un cadre pour évaluer la conception et l’efficacité des contrôles internes à l’égard de l’information financière. Ce cadre comprend des contrôles et procédures de communication de l’information qui visent à fournir une assurance raisonnable quant à la fiabilité de l’information financière et à la préparation des états financiers conformément aux Normes internationales d’information financière. Chaque année, la Banque procède à l’attestation de ses contrôles internes à l’égard de l’information financière. Ce processus se fonde sur le cadre intégré relatif au contrôle interne (Internal Control — Integrated Framework) publié par le Committee of Sponsoring Organizations de la Treadway Commission ainsi que sur le cadre des objectifs de contrôle de l’information et des technologies connexes.


Notes

  1. 1. Le passif net au titre des prestations définies est évalué au moyen du taux d’actualisation en vigueur à la fin de la période. Le taux applicable au passif net au titre des prestations définies était de 5,0 % au 31 décembre 2025 (il se situait entre 4,6 et 4,8 % au 31 décembre 2024). Pour en savoir plus, voir la note 12 dans les états financiers.[]
  2. 2. Les prévisions de la Banque à l’égard de ses opérations ne comportent pas de projections relatives au résultat net et à la situation financière. De telles projections nécessiteraient la formulation d’hypothèses sur les taux d’intérêt, lesquelles pourraient être interprétées comme des indications quant à l’orientation future de la politique monétaire.[]
Type(s) de contenu : Publications, Rapport annuel

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