Le sous-gouverneur externe Nicolas Vincent présente trois tendances qui signalent une faiblesse sur le marché du travail canadien, tout en expliquant qu’elles peuvent venir de facteurs temporaires ou de facteurs structurels plus profonds.

Regardez la webdiffusion de l’allocution prononcée par le sous-gouverneur externe Nicolas Vincent au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) à Montréal, au Québec. Lisez le discours complet.

Chercher plus loin

La faiblesse récente du marché du travail canadien vient en partie de facteurs temporaires qui pourraient s’estomper à mesure que la situation économique s’améliorera. Mais il est possible que certains changements indiquent une transformation plus profonde et permanente. En effet, le marché pourrait être en train de se transformer sous l’effet de grandes forces structurelles, comme les droits de douane américains, l’intelligence artificielle et le ralentissement de la croissance démographique.

Il est difficile de distinguer les changements temporaires de ceux qui sont durables, mais c’est essentiel. En ayant l’heure juste, la Banque du Canada est plus à même de garder l’inflation près de la cible pour soutenir la population canadienne en période de bouleversements.

Pour mieux comprendre ce qui fait changer le marché du travail, la Banque regarde au-delà des données traditionnelles sur l’emploi. Elle analyse des données plus granulaires et des résultats d’enquête pour déceler des détails qui se cachent sous les grands indicateurs.

Trois grandes tendances

TOn observe trois tendances interreliées qui amènent à se demander si le marché du travail peut s’adapter au changement et soutenir la croissance économique.

  • Le faible roulement – peu de mises à pied et peu d’embauches – fait qu’il est plus difficile de se trouver un emploi, surtout chez les jeunes.
  • Le chômage de longue durée avoisine ses sommets historiques, ce qui peut faire décliner les compétences et laisser des séquelles sur les perspectives d’emploi.
  • Le chômage chez les jeunes a augmenté plus rapidement que dans tout autre groupe d’âge, et près d’un quart des chômeurs de longue durée sont âgés de 15 à 24 ans.

Chacune de ces tendances témoigne d’un mélange de pressions cycliques et de possibles forces structurelles. La Banque continuera de surveiller un large éventail de données pour mieux en comprendre les causes sous-jacentes.

S’adapter à l’incertitude

Dans le cadre de la politique monétaire, il est essentiel de comprendre si les pressions sur le marché du travail sont temporaires ou durables.

La politique monétaire peut aider en cas de faiblesse cyclique, mais les taux d’intérêt sont un outil très peu nuancé : on peut seulement les utiliser pour soutenir le marché du travail si l’inflation est maîtrisée. Et la politique monétaire ne peut pas contrer des forces structurelles. Si l’on interprète mal la source d’une faiblesse, on risque soit d’alimenter l’inflation, soit de retarder un ajustement économique nécessaire. C’est pourquoi il est primordial d’analyser attentivement la situation pour maintenir l’inflation à un niveau bas et stable pendant que l’économie s’adapte.

Les entreprises, les établissements d’enseignement et les gouvernements ont aussi un rôle à jouer pour relever les défis présents sur le marché du travail et veiller à ce que le Canada reste concurrentiel.

Malgré l’incertitude entourant l’ampleur et la portée des forces structurelles qui façonnent notre économie, il est important de réfléchir dès maintenant à la façon de réagir et de s’adapter. Ces forces pourraient avoir de profondes répercussions sur l’emploi au Canada. »

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