Monetary Policy in an AI-Driven Two-Speed Economy

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Nous étudions les mesures de politique monétaire prises en réaction à l’adoption de l’IA. Nous utilisons pour ce faire un modèle de type nouveau keynésien à deux secteurs basé sur des microfondements centrés sur les tâches, une rigidité des prix et une rigidité à la baisse des salaires nominaux. Nous définissons deux formes de changements technologiques induits par l’IA : l’augmentation, qui accroît la productivité du travail dans le cadre de tâches existantes, et l’automatisation, qui déplace le travail, les tâches étant effectuées par des machines plutôt que de la main-d’œuvre, ce qui réduit l’ensemble des tâches nécessitant une intervention humaine. À court terme, ces deux chocs entraînent une baisse de la demande nette de main-d’œuvre qui, conjuguée à la rigidité à la baisse des salaires nominaux, entraîne du chômage, à moins que des mesures de détente monétaire ne soient prises. Toutefois, la politique monétaire agit par l’intermédiaire de la demande globale et ne peut pas cibler les secteurs de façon différentielle. Ainsi, la détente monétaire qui fait baisser le chômage dans le secteur touché par l’IA fait augmenter les pressions inflationnistes dans l’autre secteur, créant ainsi un écart sectoriel entre les taux directeurs nécessaires pour équilibrer les deux marchés du travail. Étant donné que, pour des chocs équivalents du point de vue de la production, l’automatisation entraîne une baisse plus importante de la demande de main-d’œuvre, l’écart associé est plus grand et la courbe de Phillips de l’automatisation se situe au-dessus et à la droite de la courbe correspondant à l’augmentation. Le rétablissement du plein emploi implique ainsi un plus grand coût en inflation. Les conséquences globales sur l’inflation dépendent non seulement de la nature du choc, mais aussi de l’étendue de l’adoption de l’IA dans l’économie. Dans un contexte d’augmentation, à mesure que le secteur touché par l’IA se développe, la baisse des prix dans ce secteur compense de plus en plus l’inflation générée ailleurs par la détente monétaire, ce qui fait de l’inflation globale un signal peu fiable de l’arbitrage sous-jacent. Dans un contexte d’automatisation, les prix augmentent dans les deux secteurs et aucune compensation semblable ne se produit. Dans notre cadre, l’adoption sectorielle de l’IA pose un problème manifeste de stabilisation du marché du travail à court terme, tandis que ses implications pour l’inflation globale dépendent de la nature des changements technologiques, de l’étendue de leur adoption et de la réponse de politique monétaire.

DOI : https://doi.org/10.34989/swp-2026-27