Canada’s Cross-Border Carry Trade
Depuis la crise financière mondiale, le Canada a dépensé plus que son revenu national pendant une bonne partie de la période, comptant pour ce faire sur le financement net provenant du reste du monde. Pourtant, malgré les déficits enregistrés, les actifs du Canada à l’étranger ont augmenté beaucoup plus que ses passifs. Cette amélioration tient à l’évolution favorable des prix des actifs et des taux de change. Du premier trimestre de 1990 au deuxième trimestre de 2026, les gains de valorisation cumulatifs estimés ont été environ trois fois plus importants que le déficit cumulatif du compte courant. Ces gains s’expliquent également par la composition avantageuse du portefeuille du Canada. Celui-ci détient de plus en plus d’actions étrangères et d’investissements directs à l’étranger, dont une grande partie est libellée en dollars américains, tandis qu’il émet des titres de créance relativement plus sûrs libellés en dollars canadiens. Ainsi, les rendements plus élevés des actions étrangères, conjugués à l’appréciation du dollar américain, ont accru la valeur des actifs nets du Canada à l’étranger. L’augmentation des positions extérieures brutes au fil du temps a amplifié ces effets de valorisation. Dans l’ensemble, les gains de valorisation ont réduit l’ajustement du compte courant nécessaire pour stabiliser la position extérieure du Canada, permettant ainsi des dépenses nationales plus élevées qu’elles ne l’auraient été autrement.