Les changements démographiques transforment l’économie canadienne
Le vieillissement de la population et la baisse de l’immigration transforment l’économie en réduisant le nombre de travailleurs et en modifiant ce que les gens consomment.
Les changements démographiques transforment l’économie canadienne
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8 octobre 2026
Notre population vieillit, et l’immigration est en baisse. Ensemble, ces changements transforment notre économie. Ils se répercutent sur le nombre de personnes qui travaillent, sur ce que les gens consomment et sur la capacité de production de l’économie.
La croissance de la population au ralenti
Pendant plus de 150 ans, la population du Canada a augmenté tous les ans. En 2025, la croissance démographique a ralenti pour s’établir à 0,5 %, son rythme le plus lent depuis plus d’un siècle. Et ce ralentissement n’était pas un simple épisode : il marque le début d’une tendance qui changera le fonctionnement de notre économie.
La croissance démographique ralentit pour deux grandes raisons :
- La population vieillit. Depuis plusieurs décennies, le taux de natalité du Canada est insuffisant pour maintenir la population au même niveau.
- Moins de gens immigrent au Canada. Après une forte hausse au début des années 2020, les niveaux d’immigration ont commencé à baisser parce que les politiques ont changé.
Depuis plus de 50 ans, il ne naît pas assez d’enfants au Canada pour maintenir la population au même niveau. Pourtant, la population n’a pas vraiment diminué avant 2025. Nos politiques d’immigration ont permis à des millions de personnes de venir s’établir ici.
Durant la majeure partie des 50 dernières années, notre population a augmenté à un rythme constant d’environ 1,2 % par an. Puis, au début des années 2020, ce taux a atteint jusqu’à 3 % par an. Cette croissance a fait augmenter le nombre de travailleurs, ce qui a contribué à atténuer les pénuries de main-d’œuvre. Mais elle a aussi entraîné une plus forte demande de logements et de services sociaux.
En 2024, le gouvernement fédéral a commencé à réduire les niveaux d’immigration. Beaucoup de résidents temporaires quittent le Canada, et l’immigration diminuera dans les prochaines années. La population canadienne continuera aussi de vieillir. Ces tendances modifieront le nombre de travailleurs, ce que nous achetons et la capacité de production de l’économie.

L’immigration joue un rôle important dans l’économie canadienne
Dans bien des cas, les gens qui immigrent au Canada sont jeunes et contribuent à l’économie peu après leur arrivée. Les travailleurs temporaires trouvent souvent un emploi dans des secteurs en pénurie de personnel, comme la restauration et l’agriculture. De son côté, la main-d’œuvre immigrante hautement qualifiée peut apporter des compétences et des connaissances recherchées, par exemple en génie informatique.
Les nouveaux arrivants dépensent de l’argent pour se bâtir une vie ici, ce qui crée une demande dans l’économie. Ils achètent ce dont ils ont besoin pour s’installer, mais aussi des biens et services courants comme l’épicerie, les vêtements et le transport.
Quand la demande de biens et de services augmente, l’économie tourne davantage. Et cela ne fait généralement pas monter l’inflation, car l’immigration augmente la capacité de production de l’économie. Mais les secteurs ne réagissent pas tous de la même façon à une hausse de la demande.
Les entreprises peuvent souvent s’ajuster assez vite en embauchant du personnel ou en produisant plus. Mais le secteur du logement réagit plus lentement que les autres. Il faut du temps pour construire des maisons ou des appartements, et une demande plus forte peut faire grimper les loyers et les prix des propriétés.
La baisse attendue de l’immigration dans les prochaines années devrait réduire la demande de logements, ce qui pourrait limiter la hausse du coût des habitations. En même temps, si l’immigration baisse, il y aura moins de travailleurs et moins de demande pour les autres biens et services. L’économie progressera donc moins vite.

Une population vieillissante produit et consomme différemment
Le vieillissement de la population canadienne ne date pas d’hier. En 1971, l’âge médian au Canada était d’environ 26 ans1. Aujourd’hui, il dépasse 40 ans2. Comme il y a moins de naissances et moins de jeunes immigrants, notre population continuera de vieillir.
Cette tendance tient en grande partie à la génération du baby-boom. Après la Deuxième Guerre mondiale, il y a eu une explosion des naissances au Canada. La plupart des gens de cette génération ont maintenant l’âge de la retraite. Et puisque les personnes âgées ont des besoins particuliers, la nature des biens et services que nous produisons est appelée à changer.
- Les personnes âgées ont des besoins différents en matière de logement, et bon nombre d’entre elles choisissent d’aller vivre dans des habitations plus petites et plus faciles à entretenir.
- À la retraite, certaines voyagent plus et consacrent une plus grande part de leur revenu aux loisirs, ce qui pourrait avoir un effet sur le coût des services de voyage, par exemple les vols et l’hébergement.
- Les personnes âgées dépensent plus en soins de santé, ce qui alimente la demande pour les médicaments, l’équipement qui les aide à rester autonomes et les services de soins à domicile. Puisque le Canada dispose d’un système de soins de santé universel, les gouvernements pourraient aussi devoir ajuster l’argent investi dans les hôpitaux et les soins de longue durée, ainsi que les impôts nécessaires pour les financer.
Le vieillissement de la population a également des répercussions sur la main-d’œuvre. À mesure que les départs à la retraite augmenteront, il y aura moins de jeunes pour prendre la relève. L’économie ne produira pas autant avec une main-d’œuvre réduite. Les pénuries de main-d’œuvre risquent de faire monter les salaires dans certains secteurs, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix et contribuer à l’inflation.

L’importance de la démographie pour la politique monétaire
La Banque du Canada n’intervient pas dans les politiques d’immigration et ne peut rien changer au vieillissement de la population canadienne. Mais quand vient le temps de prendre des décisions de politique monétaire, elle doit comprendre comment les changements structurels, comme le ralentissement de la croissance démographique, peuvent influer sur l’économie et l’inflation, maintenant et dans l’avenir.
Les changements démographiques influencent des éléments importants de l’économie, comme la production et la demande, qui ont des effets sur la croissance et l’inflation. Pour garder l’inflation autour de la cible de 2 %, il est essentiel de comprendre les effets de ces changements sur l’économie.
Cet article fait partie d’une série de textes consacrés à la façon dont les changements qui touchent les technologies, la démographie et le commerce international transforment l’économie canadienne. La Banque du Canada ne peut pas contrebalancer les effets de ces changements. Mais en gardant l’inflation à un niveau bas, stable et prévisible, nous pouvons soutenir l’économie pendant qu’elle s’ajuste.
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- 1. Statistique Canada, « Âge médian au Canada, 1956 à 2006 (figure) », série « Analyses » du Recensement de 2006 (22 septembre 2009).[←]
- 2. Gouvernement du Canada, « Estimations de la population du Canada : âge et genre, 1er juillet 2024 », Le Quotidien (25 septembre 2025).[←]