Vue d’ensemble

Rapport sur la politique monétaire – Octobre 2026

On s’attend à ce que l’inflation au Canada reste au‑dessus de 3 % pendant la majeure partie de 2027, ce qui est nettement supérieur aux prévisions antérieures. L’économie canadienne a entamé la deuxième moitié de 2026 sur des bases plus solides, et les perspectives pour l’activité économique ont été revues à la hausse. L’incertitude demeure élevée.

La guerre au Moyen‑Orient en est à son huitième mois et les dommages touchant les capacités de raffinage continuent de perturber les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale. Les prix du pétrole ont augmenté et les marges des raffineries sont élevées, ce qui a fait grimper les prix de l’essence et du diesel. Les prix des importations hors énergie ont aussi augmenté.

Comme l’indiquent les mesures de l’inflation fondamentale, qui restent près de 2 %, les coûts élevés de l’énergie ne se sont pas encore transmis de façon généralisée aux autres prix. Mais les pressions sur les coûts s’intensifient, et les entreprises s’attendent à répercuter une plus grande part de leurs hausses de coûts sur leur clientèle.

Les perspectives d’inflation ont été poussées à la hausse à la fois par les prix plus élevés de l’essence et du diesel et par la transmission accrue des coûts. L’inflation devrait demeurer au‑dessus de 3 % pendant la majeure partie de 2027, soit plus longtemps qu’on le prévoyait dans le Rapport de juillet. Elle devrait ensuite diminuer graduellement pour s’établir autour de la cible de 2 % au milieu de 2028, à mesure que les pressions sur les coûts s’estomperont.

Une grande incertitude entoure les perspectives. En particulier, on ne sait pas combien de temps les prix de l’énergie resteront élevés compte tenu de l’évolution rapide de la situation au Moyen‑Orient, ni dans quelle mesure ni à quelle vitesse les coûts se répercuteront sur les prix.

Au milieu de 2026, l’économie était plus solide que prévu. Au deuxième trimestre, la croissance s’est accélérée et étendue à davantage de secteurs. Les dépenses des ménages ont fortement augmenté malgré la faible expansion démographique. Les entreprises ont montré des signes d’adaptation à la transformation des relations commerciales entre le Canada et les États‑Unis, et les investissements et les exportations ont progressé.

Depuis la parution du Rapport de juillet, les tensions commerciales se sont de nouveau intensifiées. Bien que les effets directs des plus récents droits de douane américains se concentrent sur une proportion relativement faible des exportations canadiennes, un regain d’incertitude pourrait amener les entreprises à reporter leurs projets d’expansion et d’embauche, ce qui pèserait sur la croissance. En même temps, les prix élevés du pétrole font augmenter la valeur des exportations canadiennes et accroissent les recettes publiques.

La croissance du produit intérieur brut devrait ralentir au quatrième trimestre de 2026, en partie sous l’effet des tensions commerciales. Elle devrait ensuite se raffermir et s’établir en moyenne à 2 % en 2027 et en 2028, ce qui est légèrement supérieur aux prévisions du Rapport de juillet. La demande étrangère résiliente soutient les exportations hors produits de base, et les exportations d’énergie demeurent vigoureuses. Les récentes mesures incitatives gouvernementales stimulent les investissements des entreprises. Les dépenses publiques augmentent également. Mais on ne sait pas encore dans quelle mesure la croissance économique se raffermira, notamment parce que la réaction des entreprises aux événements récents est difficile à prévoir.

Les perspectives entourant l’énergie et le commerce comportent des risques à la hausse comme à la baisse. De nouvelles perturbations de l’approvisionnement énergétique pourraient accentuer les pressions sur les coûts, mais une résolution rapide du conflit au Moyen‑Orient limiterait les répercussions sur l’ensemble des prix. Par ailleurs, une intensification des tensions commerciales pourrait freiner encore davantage l’activité, tandis qu’un accord qui réduirait les droits de douane et l’incertitude pourrait stimuler les exportations et les investissements des entreprises (Risques).

La Banque du Canada dispose d’un nouveau modèle macroéconomique de projection et d’analyse : Prima. Les modèles sont des outils qui aident la Banque à interpréter les données et à mieux comprendre les forces qui agissent sur l’économie.

Dans Prima, les coûts reflètent l’équilibre entre l’offre et la demande dans chaque secteur de l’économie. Ce modèle suit la propagation des coûts dans les chaînes d’approvisionnement et la façon dont ils influent sur les cinq grandes composantes de l’indice des prix à la consommation.

Les prévisions d’inflation ont beaucoup changé depuis le Rapport de juillet, surtout en raison de la révision à la hausse des prix de l’énergie. Pour le Rapport d’octobre, Prima a servi à analyser les effets des prix élevés de l’énergie sur l’activité économique et l’inflation (Perspectives et Point de mire : Utiliser Prima pour suivre les effets d’un choc énergétique sur l’inflation).