Rapport sur la politique monétaire – Octobre 2026 – Point de mire
Les marges bénéficiaires élevées des raffineries ont fait grimper les prix du carburant au‑dessus des niveaux que laisserait supposer la hausse des prix du pétrole brut à elle seule, ce qui a accentué les pressions sur les coûts et les prix. Les marges devraient diminuer graduellement.
Les dommages subis par les raffineries, les perturbations des exportations et les capacités excédentaires de raffinage limitées ont réduit l’offre mondiale de carburants raffinés. Par conséquent, les marges des raffineries et les prix du carburant ont augmenté.
On suppose que les marges resteront autour des niveaux actuels jusqu’à la fin de 2026, puis diminueront graduellement. Le rythme de cette normalisation dépendra de l’ampleur et de la durée des perturbations, de la cadence des réparations et de la demande mondiale de carburants raffinés.
Les dommages subis ont fait augmenter les marges des raffineries
Les prix du carburant dépendent à la fois des prix du pétrole brut et des marges des raffineries.
Les prix du pétrole brut ont dépassé 100 $ US le baril. Mais les prix du carburant ont monté davantage que le laisserait supposer la hausse des prix du brut. C’est parce que les marges des raffineries ont elles aussi augmenté.
L’augmentation des marges reflète en grande partie les perturbations des exportations au Moyen‑Orient et la réduction des capacités de raffinage attribuable aux attaques en Russie. La baisse de l’offre qui en a découlé a été difficile à compenser parce que les capacités excédentaires se font rares dans le reste du monde.
L’offre de diesel a été particulièrement touchée, puisque la Russie et le Moyen‑Orient sont d’importants fournisseurs de ce carburant et que les stocks étaient déjà bas. De plus, le prix du diesel influe peu sur la demande, étant donné le rôle essentiel de ce carburant dans le transport de marchandises et dans des secteurs comme l’agriculture et les mines. L’offre réduite de pétrole brut adéquat a aussi freiné la production de certaines raffineries, faisant peser des pressions supplémentaires sur les marges.
En raison de ces perturbations, les marges des raffineries ont entraîné une hausse des prix du carburant équivalente à environ 40 $ US le baril de pétrole brut en septembre (graphique 25). Au Canada, les marges des raffineries d’essence représentent maintenant près de 40 % du prix à la pompe avant taxes, une proportion qui se situait autour de 30 % ces dernières années.
Les marges plus élevées se répercutent sur l’inflation par plusieurs canaux
Comme les prix plus élevés du pétrole brut, la hausse des marges des raffineries fait immédiatement monter l’inflation, car les prix de gros plus élevés se reflètent rapidement à la pompe.
Les effets indirects se font sentir plus graduellement. Les prix plus élevés du diesel font augmenter les coûts de transport et d’exploitation dans les secteurs à forte consommation de carburant, comme la transformation des aliments, l’agriculture, les mines et la construction. Les prix plus élevés du carburant d’aviation font grimper les coûts du transport aérien. Plus longtemps les prix du carburant resteront élevés, plus grande est la probabilité que les entreprises répercutent ces coûts sur les consommateurs (Point de mire : Utiliser Prima pour suivre les effets d’un choc énergétique sur l’inflation).
Des marges des raffineries élevées profitent moins à l’économie canadienne que des prix du pétrole brut élevés, car les produits raffinés représentent une part beaucoup plus petite des exportations nettes d’énergie du Canada que le pétrole brut.
La diminution des marges sera probablement graduelle
Les marges des raffineries sont susceptibles de rester élevées. Le retour à la normale des installations endommagées peut prendre jusqu’à 12 mois. Et, puisque les capacités excédentaires sont limitées, il sera difficile d’absorber le choc en cas de nouvelles perturbations. La durée du choc dépendra aussi des stocks et de la capacité des flux commerciaux à rediriger les produits raffinés vers les marchés touchés.
Le scénario de référence suppose que les marges des raffineries demeureront près des niveaux actuels jusqu’à la fin de 2026, puis diminueront graduellement sur la période de projection, conformément aux attentes du marché (graphique 26).
Si les perturbations touchant les capacités de raffinage et d’exportation gagnent du terrain ou durent plus longtemps que prévu, les marges des raffineries pourraient demeurer élevées plus longtemps. Toutefois, si les réparations sont plus rapides que prévu, que les exportations reprennent ou que la demande est inférieure aux attentes, les marges pourraient diminuer plus tôt.