Conjoncture

Rapport sur la politique monétaire – Janvier 2026 – Économie canadienne

L’économie canadienne continue d’évoluer comme prévu. La croissance trimestrielle moyenne a été faible en 2025, plombée par les droits de douane américains et le ralentissement de la croissance démographique. L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) demeure près de la cible de 2 %.

Les droits de douane américains et l’incertitude accrue ont pesé lourdement sur l’activité économique canadienne, les exportations ayant diminué d’environ 4 % depuis l’instauration des restrictions commerciales. La demande intérieure et l’accumulation des stocks ont soutenu la croissance en 2025, compensant la faiblesse des exportations.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) a vraisemblablement stagné au quatrième trimestre. Elle a été volatile d’un trimestre à l’autre, surtout en raison des fortes variations des échanges commerciaux et des stocks.

L’inflation mesurée par l’IPC hors impôts indirects a baissé ces derniers mois et se situait à 2,5 % en décembre. L’IPC‑tronq et l’IPC‑méd ont également diminué.

Activité économique

Le PIB a probablement progressé de 1,7 % en 2025, et la croissance du PIB par habitant a été essentiellement nulle. Le ralentissement de la croissance démographique plombe la croissance du PIB et de la production potentielle (graphique 1). La volatilité de la croissance trimestrielle du PIB en 2025 tenait essentiellement aux fluctuations des exportations nettes et des investissements en stocks. La croissance de la demande intérieure a aussi évolué de manière inégale, surpassant légèrement celle du PIB.


La croissance du PIB pour le quatrième trimestre devrait être faible

La croissance a été forte au troisième trimestre de 2025, soutenue par un rebond des exportations nettes. Toutefois, on estime qu’elle a été presque nulle au quatrième trimestre. Un facteur clé de ce ralentissement est le recul attendu des investissements en stocks des entreprises, reflétant la poursuite du ralentissement du rythme d’accumulation des stocks.

On s’attend à ce que les exportations augmentent au quatrième trimestre, portées par une forte hausse des expéditions d’or. Les exportations des autres biens restent cependant faibles, en partie à cause de l’incidence des droits de douane et des perturbations de l’approvisionnement dans le secteur automobile (graphique 2). Les exportations vers de nouveaux marchés apportent un léger contrepoids.


On estime que la croissance de la demande intérieure s’est raffermie. Les coûts d’emprunt moins élevés et les améliorations sur le marché du travail favorisent une augmentation de la croissance de la consommation. Les dépenses publiques – notamment les investissements continus dans les infrastructures – devraient également contribuer à la croissance, portées par les dépenses accrues des gouvernements provinciaux.

En revanche, l’activité sur le marché du logement a été au ralenti, et elle a stagné ou reculé ces derniers mois dans la plupart des villes. Les investissements des entreprises sont vraisemblablement restés faibles, en raison surtout de l’incertitude entourant la politique commerciale des États‑Unis.

Pressions sur la capacité

Statistique Canada a révisé nettement à la hausse les données sur le PIB à partir de 2022. La Banque du Canada a par la suite revu son estimation de la production potentielle à la hausse dans une proportion quasi similaire (Projections). Elle estime actuellement que l’écart de production pour le quatrième trimestre de 2025 se situe entre ‑1,5 et ‑0,5 %, ce qui est conforme à l’estimation présentée dans le Rapport d’octobre. Les données récentes semblent indiquer que les capacités excédentaires sur le marché du travail se sont légèrement résorbées, mais les indicateurs témoignent encore d’une offre excédentaire.

Le marché du travail est resté détendu

L’emploi s’est accru au cours des derniers mois, avec la création nette d’environ 190 000 emplois depuis août. Dans les secteurs qui dépendent fortement du commerce avec les États‑Unis, l’emploi est resté faible après une forte diminution au début de 2025 (graphique 3). Le taux de chômage demeure élevé, à 6,8 %, et les jeunes sont particulièrement touchés, malgré quelques améliorations récentes. Le nombre de postes vacants a quant à lui atteint son niveau le plus bas depuis octobre 2017. La proportion d’entreprises faisant état de pénuries de main‑d’œuvre reste limitée et les intentions d’embauche sont encore faibles (graphique 4)1.

La plupart des mesures de la croissance des salaires ont convergé pour s’établir en dessous de 3 % et la croissance des coûts unitaires de main‑d’œuvre a été modeste.


Inflation

L’inflation mesurée par l’IPC et l’inflation mesurée par l’IPC hors impôts indirects se sont établies à 2,4 % et à 2,5 %, respectivement, en décembre. L’inflation est restée dans la fourchette de 1 à 3 % au cours des deux dernières années (graphique 5).


Les pressions inflationnistes se sont atténuées

En décembre, l’inflation mesurée par l’IPC a été poussée à la hausse par un effet de glissement annuel lié au congé de TPS/TVH de l’hiver dernier2. Les composantes des repas au restaurant et des boissons alcoolisées ont été particulièrement touchées.

L’inflation mesurée par l’IPC hors impôts indirects s’est modérée depuis septembre, sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie et de la diminution continue du coût de l’intérêt hypothécaire. Cette modération a été atténuée par les prix plus élevés des aliments, qui continuent d’être stimulés par les pressions observées précédemment sur les coûts des intrants (graphique 6).


Les mesures de l’inflation fondamentale qui excluent les composantes volatiles (dont les aliments) continuent de se modérer. Les taux sur trois mois de l’IPC‑méd et de l’IPC‑tronq se situent maintenant en dessous de 2 % (graphique 7).


La part des composantes de l’IPC dont la croissance est supérieure à 3 % a augmenté en novembre et en décembre, principalement en raison de la hausse plus marquée des prix des aliments et de l’effet de glissement annuel du congé de TPS/TVH. Cette augmentation devrait être temporaire. Le rythme d’augmentation des prix des aliments devrait se modérer, puisque la croissance des coûts des intrants a ralenti récemment. De plus, l’effet inflationniste découlant du congé de TPS/TVH de l’an dernier aura atteint son maximum en janvier, puis commencera à se dissiper en février.

Les pressions sur les coûts des intrants se sont atténuées en 2025, et les entreprises s’attendent à des hausses modestes au cours de la prochaine année. La plupart des indicateurs de coûts progressent désormais à un rythme généralement compatible avec une inflation autour de 2 %. Par exemple, la croissance des coûts unitaires de main‑d’œuvre a été modeste et la plupart des prix des importations augmentent maintenant à un rythme proche de leurs moyennes historiques.

Les attentes d’inflation à court terme des entreprises demeurent près de 3 %. Celles des consommateurs sont encore élevées, mais leurs perspectives à long terme se sont modérées.

Produits de base

L’indice des prix des produits de base de la Banque du Canada a augmenté d’environ 5 % depuis octobre sous l’effet de la forte hausse des prix des métaux. Les prix des produits de base ont été volatils en contexte de tensions géopolitiques.

Les prix du pétrole sont présumés plus bas

Les prix du pétrole ont reculé en 2025 en raison de l’augmentation de la production mondiale et de l’accumulation des stocks. Le prix du baril de Brent s’est établi en moyenne à près de 60 $ US au cours des derniers mois, malgré la légère hausse récente due aux tensions géopolitiques (graphique 8). Ce prix est inférieur aux 65 $ US postulés dans le Rapport d’octobre. De leur côté, les prix du gaz naturel ont bondi récemment en raison de la demande inhabituellement élevée pour le chauffage.

L’indice des prix des produits de base non énergétiques de la Banque a augmenté depuis octobre, soutenu par les prix plus élevés des métaux communs dans un contexte d’offre restreinte. Les prix de l’or et de l’argent ont également grimpé à cause de l’incertitude géopolitique. Les prix des bovins sont restés élevés, alimentant la hausse des prix des aliments.


Conditions financières

Dans l’ensemble, les conditions financières au Canada et aux États‑Unis n’ont pratiquement pas changé depuis octobre, après l’assouplissement considérable qui a eu lieu pendant une grande partie de 2025. Ces dernières semaines, les événements géopolitiques ont entraîné une certaine volatilité sur les marchés financiers.

En général, les marchés boursiers mondiaux ont continué de progresser, atteignant de nouveaux sommets (graphique 9). Les écarts de taux sur les obligations de sociétés sont restés essentiellement inchangés depuis octobre; ils demeurent faibles et bien en deçà des moyennes historiques.

Les rendements des obligations d’État ont généralement augmenté depuis octobre. Cela s’explique en partie par le fait que le marché s’attend à une hausse des taux directeurs dans la plupart des économies avancées, dont le Canada, compte tenu de l’activité économique plus forte que prévu.

Ces derniers mois, le dollar canadien s’est échangé aux alentours de 72 cents américains et est demeuré essentiellement stable par rapport à un large panier d’autres monnaies. Au cours des derniers jours, il s’est modestement apprécié en raison de la faiblesse du dollar américain.


  1. 1. Banque du Canada, Enquête sur les perspectives des entreprises – Quatrième trimestre de 2025.[]
  2. 2. Certains prix ont été temporairement plus bas de décembre 2024 à février 2025 en raison du congé de TPS/TVH. Un effet de glissement annuel, soit la comparaison avec des prix anormalement bas durant les mêmes mois l’an dernier, fera brièvement monter l’inflation sur un an entre décembre 2025 et février 2026. []

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