L'étude expose différents tests portant sur l'efficience du marché des bons du Trésor négociés avant l'émission et examine l'efficacité des opérations effectuées par la Banque du Canada sur ce marché entre 1986 et le milieu de 1992. Le marché des bons du Trésor négociés avant l'émission, qui s'apparente à la fois au marché des opérations à terme et à celui des contrats à terme d'instruments financiers, donne aux participants la possibilité d'acheter ou de vendre des bons du Trésor pendant la semaine précédant l'adjudication hebdomadaire de ces titres. Les relations théoriques de détermination des prix montrent que, même dans un marché à terme efficient au point de vue de l'information, le rendement des opérations à terme ou des opérations sur contrats à terme peut ne pas constituer une estimation non biaisée du rendement des futures opérations au comptant. Cette situation résulte soit du fait qu'un incitatif peut être nécessaire pour amener une des parties au marché à prendre une position de couverture à l'égard de l'autre soit de l'incertitude entourant les flux financiers au moment où se prend une décision d'investissement.

En général, les résultats obtenus à l'aide des moindres carrés ordinaires permettent à peine de rejeter les hypothèses nulles conjointes d'efficience des marchés et de rationalité des attentes. L'auteur montre cependant que, lorsque, pour exploiter les gains d'efficience, on modélise, à l'aide de l'hétéroscédasticité conditionnelle autorégressive généralisée (GARCH en anglais), la volatilité, non constante dans le temps, qu'on observe si souvent dans les données financières produites à fréquence élevée, les variations des taux de rendement tendent à être suivies de variations de même signe du rendement des bons du Trésor négociés avant l'émission. Les résultats empiriques indiquent également qu'il existe des possibilités inexploitées d'opérations de couverture rentables sur le marché des bons du Trésor à trois et à six mois négociés avant l'émission. L'auteur montre enfin que, lorsque l'hypothèse nulle est rejetée, le rendement estimatif des bons du Trésor négociés avant l'émission est inférieur au rendement effectif établi à l'adjudication et que les opérations d'open market influencent différemment les taux de rendement du marché des titres négociés avant l'émission et ceux qui ressortent des séances d'adjudication.